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1- Encore méconnu, Macron ne correspond pas aux dogmes de l’inertie française

La marche forcée d’un solitaire dans le fatras d’une classe politique désuète

 

mercredi 26 avril 2017, par jaco

D’abord il est carrément impossible d’accéder à la présidence de la France sans montrer patte blanche à la société rayonnante, pour ne pas dire surveillante, de certains dogmes qui autorisent l’admission à la gouvernance, modélisée pour et par la chose publique. Avec une candeur inégalée que préside la spontanéité de celui qui a claqué la porte d’un poste au gouvernement ainsi que la primaire de la gauche, Emmanuel Macron a atteint le palier de concrétiser son ambition. Sans faire déborder la sérénité d’une conviction qualifiée de centriste, il a tracé une stratégie qui est payante. Le jeune lauréat, du 1er tour, glane d’un certain mécontentement, de bon escient, qui fait ressortir l’ardeur d’un changement tant inespéré jusqu’à là.

Voir en ligne : Notre dossier : FRANCE

Pro-entreprises et pro-UE, Emmanuel Macron qui affrontera le FN au second tour de l’élection présidentielle de 2017 en France, suscite un scepticisme aussi à gauche qu’à droite. Placé au centre de l’échiquier politique français, ce candidat qui a parié sur une volonté déjà usitée par d’autres, comme Mélenchon, a remporté une adhésion qui reste à déchiffrer. L’une de ses caractéristiques prenantes est sa détermination à la fois juvénile, âgé de 39 ans, et opiniâtre que seule l’érudition peut tant échafauder sa fulgurante percée.

En effet la remarquable ascension pour un homme inconnu du public français il y a trois ans, est une expérience insolite. Elle ressemble à celle De Gaulle à plus d’un titre, avec un parcours de solitaire et extra-partisan. En outre, son opposition aux projets parlementaires des partis et son renoncement à l’Algérie française, qui a valu à l’illustre général de l’armée d’être visé par même attentat. Et d’être honni par les tenants d’un discours à la limite de la vulgarité, faisant des crimes de crimes coloniaux un bienfait pour l’humanité. Il a persisté pour le cas de l’occupation de l’Algérie, tel un jeune en rupture avec de vieilles gardes.

Contrairement aux terrifiants préjugés qui l’accablent depuis son arrivée au gouvernement-2 sous Hollande, en remplacement de Montebourg qui avait une position bien inverse sur la relance économique, son pragmatisme n’est pas déoutant. Mais c’est la controversée loi portant son nom qui a abordé la législation du travail, considérée depuis années comme celle rendant le chômage insurmontable, qui fait d’Emmanuel Macron un inconnu animé de libéralisme. Parmi les traits de son parcours professionnel, son passage par la banque Rothschild. Mais là encore, qui est bien le cadre français qui refuserait une promotion professionnelle ou un poste bien rémunéré, existe-t-il quelqu’un qui écarterait un tel poste au salaire élevé ?

Dernièrement ce jeune propulsé dans le paysage politique hexagonal, a exhorté les scientifiques américains, les universitaires et les entrepreneurs, qui se sentent mal à l’idée de l’administration du président Donald Trump, de déménager en France. C’est le genre de racolage qui propose une certaine disjonction avec la politique du nouveau locataire de la Maison Blanche, laissant ce rapprochement à Marine Le Pen. Même si cet appel est dans les réflexes du sérail français, il démontre un gaullisme que l’habileté se présente comme une réclame à l’ouverture vers l’étranger…

Maintenant qu’il est au second tour du vote, face à Marine Le Pen, l’élégance et la rhétorique de cet ancien élève de science-po et de l’ENA ne sont plus amalgamées dans le fiel des 11 prétendants. Contrairement au père de la 5ème république, sa campagne pro-Europe, à un moment de fort doute que le récent Brexit, rend improbable son accès à la présidence. Pour quelqu’un qui n’a aucune expérience dans la démarche élective, qu’il n’a jamais mené auparavant, son plébiscite mérite l’appréciation.

Même si son mouvement « En marche ! » a une ressemblance avec celui de Jean-Luc Mélenchon pour le rejet de l’appareil du PS, leur paradoxale incompatibilité relève d’une différence idéologique certaine. Tandis que l’appareil de la rue de Solferino vivait depuis des décennies dans le fatras des démagogies, des scandales comme ceux qui ont été lors du mandat de François Hollande et des retournements des alliances avec la gauche communiste, il s’y détourne avec même une délectation.

Telle aussi envers la droite traditionnelle, il n’a pas fait l’engagement pour ce sérail paroissial à la péremption désenchantant des nouvelles générations. Il chemine vers l’Elysée comme par magie, en attendant que l’impression de recomposer le paysage politique suive son emblématique épisode dépêchée par une autre jeunesse parallèle aux appareils...

À suivre : nous continuerons de faire la portrait d’Emmanuel Macron dans un prochain sujet.

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De notre rédacteur : T O U R E T.

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