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Mémoire violée après un quart de siècle de l’assassinat de Boudiaf en Algérie

L’homme dont le rayonnement patriotique a marqué la libération et la dignité des humbles

 

jeudi 29 juin 2017, par Damien Djamel Bouch’Raf

Le 29 juin 1992 était assassiné le président Mohamed Boudiaf par un sous-lieutenant du nom de Boumaârafi L’Mbarek qui, encore vivant, à ce jour n’a pas révélé s’il a agi en solitaire ou ayant exécuté un ordre ? Nacer, le fils de la victime ne cesse de remuer terre et ciel pour pénétrer le secret de cet assassinat, dont le mystère témoigne manifestement des cabales bouleversant la culture mémorielle collective des Algériens…

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Dès lors que la présidence du Haut Comité d’État, mis en place le 14 janvier 1992, en charge provisoire des pouvoirs, lui a été confiée, cette intronisation était marquée de la défectuosité de surveillance prétextée par sa longue absence du pays. Entouré d’un staff composé de Khaled Nezzar (Ministre de la Défense), Ali Kafi (Président de l’Organisation Nationale des Moudjahidines), Ali Haroun (Ministre des droits de l’Homme), Tedjini Haddam (Recteur de la mosquée de Paris), Boudiaf s’acclimata rapidement des problèmes du pays. Mais loin s’en faut, il gênait et était exposé à l’insécurité explosive il y a un quart de siècle…

Cette page des plus sombres, de l’histoire contemporaine d’Algérie, met l’armée dans un embarras insoutenable. La version qui reste plausible dans l’opinion algérienne, est l’exécution d’un homme qui pouvait aller loin dans la restitution des richesses glanés par les prédateurs de l’économie. De même la purification du paysage politique dont le démantèlement de l’ex-parti unique, sur lequel l’ancien héros de la guerre libératrice s’est prononcé à sa descente de l’avion, voire lors de ses premiers pas sur le sol algérien quand il a été rameuté du Maroc, était son programme de moralisation de la vie publique.

Questionné par un journaliste sur le détournement par des usurpateurs corrompus du sigle FLN, il avait promis de décider dès que les conditions se réunissaient à ce sujet. Puisque dans le passé, le bureau politique du FLN qui a remplacé le GPRA en 1962, fut la première monopolisation du pouvoir par une des nombreuses factions qui tenaient à la légitimité historique, pour gouverner un Etat venant de naître.

Ce premier coup d’état, a été initié par le commandement de l’Armée de libération nationale (ALN). Notamment le plus puissant groupe de l’extérieur, dit le clan d’Oujda dont font partie Bouteflika et Boumediene, était et est toujours à la manœuvre. Ce dernier n’avait jamais été pleinement inclus, de son plein gré car caché derrière la frontière marocaine, aux batailles déroulées sur le territoire national. Boumediene et Bouteflika étaient absents des combats décisifs pour la couverture de la souveraineté nationale. Le FLN continua ainsi son œuvre de népotisme et fut derrière le chimérique "socialisme spécifique", au discours d’édification, de Boumediene.

De même, bien avant en plein guerre 1954/62, la liquidation des combattants de terrain, comme Abane Ramdhan à qui était reconnue de l’influence rehaussée par son travail unitaire, dont le ralliement des communistes et des étudiants, respectivement le 15 et 29 mai 1956. Ce fait était parmi les syndromes de la partition clanique et régionaliste qui a longtemps habité le mouvement national.

Auparavant ce dernier dépassait ces clivages, du nationalisme étroit, avec les urgentes nécessités d’unicité que recommandait la tâche historique de décolonisation. Les problèmes se conjuguaient naturellement par la diversité des dimensions identitaires. Notamment la question berbère posée dès les années 30 et 40 du siècle dernier, était une des divisions où sombraient les cantonnements qui ont jalonné déjà avec l’UDMA/CRUA, ou bien les formes d’aristotélisme paternaliste d’un certain Messali El-Hadj, dit "Zaïmisme", encore en vigueur actuellement avec Bouteflika.

Comme nombreuses fêlures de l’institution militaire, dite la « grande silencieuse » pourtant qui se livrait, malgré elle, à des actions pour sauvegarder le pays de moult déstabilisations, la mort de Boudiaf est son plus troublant épisode. Après un quart de siècle, qu’il n’a été clarifié des doutes, dont celui impliquant des généraux, la culpabilité n’ayant toujours pas été expliquée. L’armée devait faire parler Boumaârafi, mais le tueur garde une ligne de conduite dit du "complot".

Cette affaire contient une déloyauté avérée, pour l’absence d’une sécurité optimale pour l’homme qui a été ramené de son exil marqué par retrait paisible. Ce crime a atteint vraisemblablement un héros de la guerre libératrice, qui avait vécu ses risques plus pires et certains de perdre la vie face à un ennemi français farouchement attaché à l’Algérie française.

Mais encore plus brutaux sont donc les intraitables dirigeants qui, avec davantage de cruauté, ont ruiné la confiance dans l’appareil chargé de protéger le pays. La patrie algérienne éternellement en attente de moult vérités, pour assurer ses administrés d’un autre destin que celui des pannes institutionnels. Les militaires ont failli dans la protection de Boudiaf et ont la lourde responsabilité d’avoir plusieurs fois modifié le parcours historique du pays. Répondront-ils pour l’officier qui a tiré derrière le rideau à Annaba, le 29 juin 1992 ?

Boudiaf a été le coordonnateur général, du « groupe des 22 », qui organisa la préparation de la lutte armée. Titulaire de la carte n°1 du Front de libération nationale (FLN), l’organisation qui a été créé pour rassembler dans la lutte les différentes forces nationalistes. Il disait à son retour en 1992, vouloir « ... mettre fin à la corruption qui gangrenait l’État. »

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