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PCF : mutation ou continuité ?

Le témoin est passé sans prise de tête.

 

lundi 21 juin 2010, par N.E. Tatem

L’une des vieilles familles de la scène politique française, le parti communiste, est désormais dirigé par une nouvelle tête depuis le 20 juin 2010. Continuant ainsi son parcours avec les mêmes sinuosités et dans l’intransigeante veine de ne pas démunir les adeptes du marxisme de leur cadre de regroupement.

Marie-Georges Buffet a passé le témoin à Pierre Laurent, lors du 35ème congrès, dans une douceur qui est bien à l’opposé du démantèlement souhaité par les sphères scrutatrices de l’évolution du communisme en France. Nombreux observateurs de l’évolution du PCF, le sont pour des raisons de convoitise des énormes et divers potentiels que recèle cette organisation, pour se rappeler à quoi lorgnent certaines de ses alliances. Ces dernières lui doivent des tribunes comme la fête de l’Huma, ou bien le partage de l’action politique qui assure, du point de vue qu’elle est l’expression d’un mouvement social, une présence médiatique. Elles ont leurs limites d’alliances organiques qui ne tournent pas avec de larges volontés populaires.

Le camarade qui dirigeait l’Humanité, l’organe de presse mythique, était attendu à ce poste depuis des années. De quoi ne plus démontrer la stabilité du parti qui arpenta, ces dernières années de post-effondrement du mur de Berlin, ses turbulences internes comme on mélange un paquet de cartes. C’est-à-dire à tout nouvel impératif qui se présente pour être joué (discuter), se redistribuent au sein du parti les tickets des itinéraires réels, alors que la doctrine ne cesse de reproduire le même réflexe. Sans renoncement à l’amovibilité de démocrates conséquents et prenant ouvertement part à la gestion institutionnelle des rouages de l’Etat, les analyses et les ambitions communistes ont l’empreinte idéologique, l’appartenance indiscutable à des populations exclues…

On croyait que le discrédit des années 80, du socialisme dans le monde, et qui perdure, allait causer le fatal effritement souhaité par les pourfendeurs. Et malgré l’ambiance, de défiance et d’hostilité, de remise en cause des grands acquis sociaux, où les militants ont été les plus inusables et audacieux à porter le flambeau et à raviver sa flamme éclairante des sentiers des luttes qui les concrétisées, les communistes qui sont toujours des rangs ont la même conviction de ne pas baisser les bars. Le sentiment d’échec semble même plus reculer que de devenir une croyance. Le capitalisme est à sa pire époque. Ses menées impopulaires et sa crise apparaissent comme des crimes que le personnel politique qui les décide qualifie de réformes !

Le marxisme français, à travers son parcours, s’est longtemps confondu avec le monde du travail. Et c’est le programme des réformes ou bien des buts avérés des alliances géostratégiques, comme l’Union Européenne, qui sont le fond essentiel de l’orientation du parti avec la tentative de consolider la perception de classe ouvrière.

Mais ce sont les clivages français, ayant pour essence l’intérêt national conjugué à celui des couches sociales laborieuses qui priment. Sans « une prise de tête » ouverte quelconque avec le patronat, car l’entretien du dialogue est dans l’identité communiste, le PCF n’est pas attractif pour les entrepreneurs qui appartiennent naturellement aux créateurs de richesse. Puisque telle est l’une des causes, à l’origine la profonde et perpétuelle crise du communisme. L’individualité comme instinct social, psychologique et même génétique de l’être est peu absoute dans la trajectoire collective aussi bien des partisans que dans leur pratique de la politique.

On ne va pas par mille formulations pour positionner le parti sur les questions mondiales comme le conflit du Proche-Orient. Ce qui est d’une aise idéologique conforme aux idéaux humains d’abord. En effet le PCF est de loin le seul parti de France à émettre une cohérente opinion qui assume la légalité, se départit de l’ambigüité et se ressource de sa propre position d’être à la pointe de la révolution dans le système que la démocratie perpétue… L’aspiration de changer la vie a principalement la présence dans la société pour alimenter l’idéal !

Par Noël Blandin / La République des Lettres, vendredi 11 juin 2010.

200 membres du Parti communiste Français (PCF) ont rendu hier leur carte, à une semaine du 35e congrès d’étape qui sera marqué le 18 juin prochain par le départ de Marie-George Buffet. Parmi eux, de nombreux cadres, élus locaux, intellectuels et figures militantes de longue date du parti, dont notamment les députés Patrick Braouezec, François Asensi et Jacqueline Fraysse, le maire de Nanterre (fief historique de la "ceinture rouge" parisienne) Patrick Jarry, ou encore l’ex directeur de L’Humanité Pierre Zarka, le philosophe Lucien Sève et l’historien Roger Martelli.

Peu convaincus par l’alliance avec le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon au sein d’un Front de Gauche (FG) — qui a acté mercredi l’idée d’un "programme partagé" pour l’élection présidentielle de 2012 —, la plupart de ces communistes "refondateurs" déplorent que cette alliance ne soit qu’un "tête à tête". Plusieurs d’entre eux sont déjà engagés dans les mouvements de la gauche alternative comme l’Association des Communistes Unitaires (ACU), les Alternatifs et plus globalement la Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique (Fase) créée en décembre 2008 autour de Clémentine Autain. D’autres lorgnent du côté d’Europe Écologie ou du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot. Tous envisagent de lancer prochainement un grand débat via des "Etats généraux de la transformation sociale et écologique".

Pour Gilles Alfonsi, il s’agit de chercher "des formes nouvelles de pratique politique", de "rompre avec les partis-guides monolithiques" et de "dépasser les limites du Front de Gauche par une nouvelle dynamique populaire ouverte à toutes les forces et à tous les citoyens". C’est "la fin d’une époque, d’un monde communiste", souligne cet ex-membre du Conseil national du PCF, aujourd’hui animateur des Communistes Unitaires. Jacqueline Fraysse, députée des Hauts-de-Seine, estime elle que le PCF est ajourd’hui "contreproductif" et que le Front de Gauche a été "créé petit-bras". Patrick Brouezec, dont le départ est annoncé depuis les élections régionales de mars dernier, souhaite de son côté se rapprocher de la FASE. Pour le député de Seine-Saint-Denis, "c’est un constat d’échec, mais aussi une perspective d’avenir". L’historien Roger Martelli pense lui qu’il n’y a "plus de possibilité de changement à l’intérieur du Parti Communiste".

Les ponts ne sont toutefois pas entièrement coupés avec le parti, la plupart des "démissionnaires" se disant "toujours communistes". Pierre Laurent, successeur désigné de Marie-George Buffet à la tête du PCF, saura-t-il sinon les faire revenir du moins les associer à une rénovation d’un Parrti Communiste qui risque de jouer sa dernière carte en 2012 ?

Copyright © Noël Blandin / La République des Lettres, vendredi 11 juin 2010

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