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Le verdict pour Merzoug Touati est annulé, mais il reste en prison et sera rejugé

Quand la liberté d’expression pense faire la combustion des dogmes des peuples militants !

vendredi 25 janvier 2019
par Damien Djamel Bouch’Raf


Selon une dépêche de l’AFP du 24 janvier 2019, prenant source de l’avocat du blogueur Merzoug Touati, un tribunal a annulé, ce jour même, la peine de 7 années d’emprisonnement infligée à son client. Il est dans l’attente d’un nouveau procès, a déclaré Salah Dabouz son défenseur.


Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

En avril 2018, le tribunal de Ghardaïa a condamné huit personnes, toutes d’origine africaine, à 10 ans de prison pour espionnage au profit d’Israël. Nous avons relaté l’information qui paraissait invraisemblable, lire ICI. Et aussi très peu de médias, y compris les locaux, ont cité ce fait.

- Fake News et manipulations, offenses poignardant le cœur de l’Algérie inquiète samedi 26 mai 2018

En janvier 2017 un réseau d’espionnage international opérant pour Israël et basé à Ghardaïa a été découvert dans le sud d’Algérie. Ces individus auraient été arrêtées avec des documents et du matériel de communication liés à l’espionnage pour Israël.

A l’origine 10 personnes étaient impliquées. Puis seuls 8 hommes ont été pris par la sûreté nationale comme principaux protagonistes. L’opération a été menée par la police algérienne, en 2015, dans la ville située à 600 kilomètres d’Alger, aux portes du vaste sud. Officiellement, c’est-à-dire d’après les rares articles sur ce sujet, le réseau est composé de 10 membres.

Merzoug est encore derrière les barreaux. Il n’est pas précisé s’il n’en fait pas partie des suspects. Arrêté en janvier 2017 il a été condamné, par la Cour d’appel de Béjaïa, le 24 mai, à 10 années de prison. C’est exactement la même époque de janvier de l’affaire de Ghardaïa.

Puis sa peine réduite, après appel, à 7 ans, en juin de la même année. Voilà que le traitement de son cas par la justice algérienne a pris, depuis ce janvier 2019, une nouvelle tournure. Son méfait est un entretien vidéo en ligne avec un responsable israélien.

Les défenseurs du droit à l’expression pensent que sa situation n’est rien d’autre qu’une atteinte à cette norme constitutionnelle. Certains d’entre eux limitent son crime à son appel sur son compte Facebook à protester contre la nouvelle loi de finances, votée en début de l’année au moment où il a été appréhendé...

Accusé d’avoir fourni des renseignements à des gouvernements étrangers, notamment israélien, ce jeune s’était illustré d’avoir interviewé des représentants de l’Etat hébreu. Il a discuté avec un ancien diplomate actuellement parmi les porte-paroles officiels. Sous prétexte de liberté d’expression et des médias, son acte n’est pas admis par nombreux de ses compatriotes.

- Nos articles sur Israël.

Y compris ceux qui le défendent disent qu’il a commis une faute qui porte atteinte au soutien aux Palestiniens. Ce n’est pas la bonne vision de la liberté. Les Algériens considèrent l’Etat hébreu comme une entité fantoche, construite pour abriter les juifs en spoliant les Palestiniens de leur patrie.

La situation de ce jeune originaire de la petite Kabylie rappelle celle du responsable du MAK (Mouvement d’Autonomie de la Kabylie), Ferhat Mehenni. Lequel ainsi que l’écrivain Boualem ont visité Israël. Touati Merzoug a offert un canal à un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’État sioniste.

Le 1er ne veut pas passer sous silence l’existence de l’Etat sioniste. Et le second dit avoir été pour découvrir de visu ce qui est vraiment réalisé. D’autant qu’un matraquage médiatique incessant laisse entendre d’énormes prouesses économiques, technologiques et agricoles sur des sols qui étaient arides.

La procédure judiciaire se poursuit pour le blogueur qui s’est livré à offrir un espace de communication à un décideur israélien. Son affaire est renvoyée devant la cour d’appel de Skikda, dans l’est du pays. La date de l’audience restant à être fixée. Son avocat avertit qu’un nouveau procès pourrait aboutir à une condamnation plus lourde, allant jusqu’à 30 ans.

Les militants des droits de l’homme considèrent son cas comme une persécution exagérée. Il est puni pour avoir exprimé son opinion pacifique en ligne. L’Algérie n’a pas de relations avec Israël, comme nombreuses nations du Monde, y compris de non-musulmanes.

Alger

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