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Panorama économique de la Tunisie qui renoue avec la stabilité

Les réformes que la société attend plus pertinentes que celles du FMI

 

dimanche 13 août 2017, par Azouz Benhocine

En Tunisie, la récente intensification de la lutte du gouvernement contre la corruption a mobilisé un vaste soutien du public. C’est l’un des indices qui a amélioré le rapport des citoyens avec l’administration. Il a donné aux instances internationales l’image d’une sérieuse gouvernance et une bonne impression auprès des partenaires, ceci d’une part. De l’autre, elle a aidé les autorités dans leur réaction aux tensions économiques, en accélérant la prise de mesures appropriées, du moins celles qui présentent une visibilité des perspectives.

Voir en ligne : Notre dossier : TUNISIE

Le rapport du FMI sur la situation économique en Tunisie émis le 3 août, dernier jour de la visite d’une équipe de l’organisme financier conduite par M. Björn Rother qui a séjourné à Tunis depuis le 26 juillet, se dit plus rassurant, malgré une croissance de 2,3% jugée lente. Cette inspection fait suite à l’accord d’un crédit de 2,04 milliards de dollars accordé pour relancer le pays sorti avec une « résilience », sienne, légendaire des troubles du printemps arabe, dont il a été précurseur en 2011. La reprise dans les phosphates, l’agriculture et le tourisme sont en première loge de la relance.

Débarrassé de la gestion approximative des islamistes, ce pays du nord-est africain renoue avec non seulement la stabilité politique et, même modeste, la reprise économique. Des secteurs comme les phosphates, l’agriculture et le tourisme retrouvent une légère embellie favorisée par la consommation locale, voire régionale pour l’afflux des touristes algériens. Et enfin la baisse du prix de l’énergie est encourageante, alors qu’en juillet les prix du carburant ont été augmentés afin de parer aux charges de les subventionner.

Des augmentations des salaires, acquises grâce aux exigences du front social, ont aussi avantagé cette tendance. Ce qui aussi, faute de ressources financières assez soutenues, engendre une inflation évaluée par l’institution internationale de l’ordre de 5,5%. Alors que les exportations tardent à reprendre, compte-tenu des ruptures que la transition politique a provoqué. Outre l’incidence de la crise libyenne qui est un choc exogène contextuel.

La masse salariale en Tunisie a certaines particularités dont l’écart plus ou moins réduit entre les salaires des catégories professionnelles et des secteurs d’activité. Cependant avec l’absorption de plus de 14% du PIB, elle est des plus importantes dans le Monde. Son coût est lourdement ressenti sur le fonctionnement du service public, duquel le FMI y voit souvent la nécessité de réforme. Or l’aléa de l’insécurité cause des charges supplémentaires. Rabaisser à 12% les charges salariales en 2020, est l’objectif du gouvernement qui s’avère réalisable de part sa modestie.

Même si la Tunisie a réussi, après surtout la chamboulement de 2011 en chassant le régime de Ben Ali, sa "moralisation" de la vie publique, les pratiques commerciales illicites ou bien l’absence de transparence, fomentée dans certaines activités, demeurent. La préservation des structures de l’Etat des gabegies étant faite à la suite d’une stabilité institutionnelle pleinement opérationnelle.

La modernisation de la fonction publique, n’a pas suivi les récentes avancées au rythme de la numérisation, car le pays a traversé des perturbations qu’on connaît. Elle est l’une des attentes dans l’affermissement des rouages et de leurs missions. De son côté la viabilité du régime de retraite, avec une vision d’une nouvelle politique envers les personnes du 3ème âge permet inéluctablement de préserver une existence basée sur le partage générationnel des richesses.

Sur le plan strictement économique l’élargissement de l’accès au crédit, tant aux ménages qu’aux opérateurs de l’artisanat manufacturier ou culturel seront de nature à doper la croissance. De même la réduction des déséquilibres entre les producteurs et les prestataires de service est de nature à aider l’usage des ressources, notamment financières pour les diriger sur les investissements prioritaires dans les infrastructures, l’éducation et la santé.

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