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L’enthousiasme dantesque lors de la campagne des législatives 2017 d’Algérie

Ce que redoute le pouvoir illégitime revient malgré l’avancée sécuritaire

 

lundi 10 avril 2017, par Damien Djamel Bouch’Raf

La campagne électorale pour les législatives du 4 mai a commencé, ce dimanche 9 avril, dans une indifférence toute relative. La double carence d’un pouvoir, avec au sommet de l’Etat le liquidateur de la démocratie et de l’alternance en est la première cause de l’échec qui se dessine. De même le processus électoral, fuyant l’intention politique d’engager la société, augure la reproduction de la léthargie qui, déjà naguère, a été désastreuse à la représentativité du peuple pour créer des lois et contrôler leur exécution ainsi que les rouages de gouvernance.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Cette élection intervient alors que la sécurité a évolué. Cependant les défis, comme la croissance économique n’est pas encore à la hauteur des aspirations du peuple. Alors que la spéculation autour de la succession du président âgé de 80 ans, Abdelaziz Bouteflika frappé d’une maladie lourdement handicapante, la majorité des experts disent encore que la véritable décision n’a pas changé, elle est toujours entre les mains de l’élite secrète qui dirige depuis des officines militarisées, le pays.

Ce qui est sur le point de se produire, c’est bien moins que les 43 % des votants qui se sont donnés la peine, en 2012, de se présenter lors de la dernière élection du même genre. Lors de cette septième législature de renouvellement des 492 membres de l’Assemblée populaire nationale (APN), c’est l’immunisation contre la sortie du système de la corruption. Celui-ci maintient la chape de plomb sur la gestion des institutions de tous les échelons. Les 940 listes de 15 partis et indépendantes devaient créer des événements de campagne. Hélas, le pays ne les voient pas, pour ne dire pas que les électeurs les vomissent...

Aucun enthousiasme pour ces législatives n’est visible. Même la plus quelconque passion, pouvant faire de cette élection l’occasion de reprise des libertés sur l’autoritarisme et d’émancipation de l’islamisme qui dépolitise la sphère publique, en réduisant l’intérêt collectif devant la manipulation de l’identité, reste en deçà des espérances des administrés qui ressentent un manque flagrant d’inclusion de la jeunesse la plus engagée et la mieux éclairée (ou formée).

Malgré les tentatives de plusieurs ministres de motiver les électeurs blasés, les efforts ont été vains, au point que même les membres du gouvernement ou bien le Wali (préfet d’Alger) ont versé dans l’offense outrageuse des tenants du boycott. Devant cette nouvelle échéance qui n’a pas obtenu l’envergure escomptée, pour relever les défis primordiaux d’une Algérie en état de latence, le démarrage de la campagne est plus que grippé.

La population n’est pas mobilisée, laissant planer une indifférence qui ne présume guère, d’après les premières impressions du premier jour de campagne, la réussite de l’opération administrative pouvant consacrer la désignation de députés plus enclins à servir les citoyens. Déjà rares est l’expression de programmes exposants une dynamique d’émergence et prétendant servir la patrie, plus que leur rente de situation ou la plus stricte orientation des chapelles désolidarisées de l’intérêt commun.

Les autorités peinent à convaincre les électeurs désabusés que leur opinion compte et soit prise en compte. Car habitués au bourrage des urnes et la mise en trucage des candidatures systémiques. Le slogan « Faites entendre votre voix », visibles sur les panneaux d’affichage dans les villes et villages et à travers les publicités jouées en boucle à la télévision, dans le but d’attirer les électeurs, pour un taux de participation supérieur au dernier vote, n’est pas opérant. La raideur semble être plus augmentée.

Il faut aussi tenir compte que cette élection subit le boycott de plusieurs partis dont l’action est écornée par leurs propres reniements du socle social. Ce qui verra probablement l’ex-parti unique du Front de libération nationale de Bouteflika (FLN) qui a 221 députés sortants. Et celui de la bureaucratie, le Rassemblement national pour la démocratie Alliée (RND), avec 70 anciens membres de l’APN, conserver la majorité absolue, qui leur a assuré une domination sans partage.

L’obsolescence de l’opposition qui est tombée en ruine en 1990, quand le pole islamo-terroriste de l’ex-FIS a pris le dessus sur le champ politique algérien, malgré son illégalité constitutionnelle, est à l’origine de l’échec de la transition politique. La pléthore des organisations politiques droitières et le populisme des minorités de la gauche, ouvre latitude aux conservateurs et aux islamistes de maintenir leur position d’alliés naturels d’un système qui les entretient pour briser la volonté populaire de changement.

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

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