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En Algérie, la monnaie s’accroche à l’ascenseur des entreprises

Un dinar renfloué dans les crédits en devises bloquera les salaires ! (2ème partie).

vendredi 10 juin 2016
par Azouz Benhocine


L’éviction de Mohamed Laksaci du poste de gouverneur de Banque d’Algérie, la banque centrale du pays, cache plusieurs secrets et suscite moult interprétations. Avec la chute graduelle du prix du pétrole sur le marché mondial, les réserves algériennes sont tombées à 143 milliards $ en 2015, contre 192 milliards $ deux ans plus tôt, d’après un chiffrage officiel du FMI. Donc il n’y a aucune raison à ce que cela soit le motif, dans l’imagerie comptable simpliste.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Notre précédent sujet : Fetwas de journalistes et banques sans le dinar en Algérie.

Le rêve de l’émergence économique et forcing de la chute du prix pétrole.

De longue date à la tête de l’institution, Laksaci est décrié pour ce déboire de dévaluation de l’énergie pétrolière, largement dénigrée comme de provenance fossile et hautement polluante, à l’ère du réchauffement climatique. Les finances du pays sont endommagés, non pas à cause d’une mauvaise tactique décisionnelle, alors que la même crise se réplique dans les pays dont les ressources sont exclusivement dépendantes de l’or noir.

Plus étonnant encore, le remplaçant du gouverneur, en place depuis 2001, n’est autre que Mohamed Loukal, chef de la Banque extérieure d’Algérie. L’établissement étonnement public cité, pour avoir été derrière une société offshore, dans le récent scandale de Panama-Papers. La régulation du secteur bancaire et de la politique monétaire du pays a fait l’objet de critique d’Amar Saâdani, qui a estimé que la responsable de la chute du dinar et de la fonte des réserves de l’État, incombe à Laksaci. Le démagogue du parti FLN relève du cercle des décideurs désormais...

Mais le scénario est antérieur à ce changement à la tête de la banque centrale algérienne. Cette dernière avait, dès 2014, opté pour un affaiblissement du dinar, quand le pétrole amorça sa baisse. Elle reste, depuis la fin de l’année 2015, au niveau de la fourchette 30 à 50 dollars le baril. Mais depuis, avec l’ambiance d’alerte du fait de l’éclatement de troubles politiques, la manne financière n’a pas été serrée.

L’institution de régulation des banques et de contrôle de la monnaie passe, décampe vers l’extérieur.

Puisque le pouvoir actuel est considéré illégitime, aussi bien le mode des subventions de l’action sociale, comme le programme « ansej », a été maintenu. De même que le maintien de la capacité du dinar, avec les autres monnaies dont il n’est pas encore convertible, permettait aussi de garder un pouvoir d’achat inchangé aux produits importés en devises. Les budgets publics ont renfloué dans ces deux sens, des aides de marketing politique et une consolidation des salaires locaux avec le dinar.

La mission du nouveau gouverneur pour contrôler une présence forte de la monnaie algérienne est peu probable. Trouver la priorité d’un taux de change du dinar plus souple, puisque la destination de la convertibilité du dinar est devenue une urgence. De ce point de vue, nombreux financiers et économistes pensent que le partant Laksaci, a légué un dinar «  surévalué de manière significative  ».

La conception d’une économie locale, débutant dans le champ mondialisé de l’exportation, d’après l’enthousiasme des patrons algériens, a une exigence. La couverture des besoins en change pour les nouveaux fabricants algériens qui sortent, frêles comme l’éclosion de pépins tombés dans la nature, ne peut pas paradoxalement être reproduite avec un dinar à la puissance pouvant assécher les devises.

L’introduction des restrictions à l’importation et la planification d’un 9 pour cent de réduction des dépenses en 2016, sont les preuves de la dépendance du pétrole. Or le leitmotiv de réduire cette dépendance, a trait à une dynamique multisectorielle, que certains entrepreneurs tentent de faire amorcer en Algérie. Elle s’inscrit dans la démocratisation de la volonté d’entreprendre. Les initiatives qui ne seront pas gênées par les lourdeurs de la bureaucratie qui se prend pour l’élite et ne subissent pas le "rançonnage" de la scandaleuse corruption !

Chart of Inflation Rate in Algeria

PIB algérien : étude

Croissance du PIB, données exploitées de 1981 à 1999

PIB en milliards de dollars, des prévisions qui s’inspirent de l’évolution normale, sans l’incidence de la chute du prix du pétrole, de l’été 2014.

1999-12-31 48.85
1998-12-31 48.19
1997-12-31 46.94
1996-12-31 42.07
1995-12-31 42.43
1994-12-31 50.96
1993-12-31 49.22
1992-12-31 46.67
1991-12-31 61.89
1990-12-31 52.56
1989-12-31 51.66
1988-12-31 63.30
1987-12-31 61.54
1986-12-31 61.13
1985-12-31 51.51
1984-12-31 47.53
1983-12-31 44.78
1982-12-31 44.37
1981-12-31 42.35
31/12/2019 261,19
31/12/2018 253,51
31/12/2017 246,43
31/12/2016 235,78
31/12/2015 227,63
31/12/2014 219,45
2013-12-31 206,10
2012-12-31 204,29
2011-12-31 199,30
2010-12-31 161,21
2009-12-31 137,05
2008-12-31 171,00
2007-12-31 134,98
2006-12-31 117,03
1988-12-31 51.66
1987-12-31 63.30
1986-12-31 61.54

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