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L’Algérie réduit ses dépenses et se tourne à la dette extérieure

Une crise qui menace : logement, éducation, santé et nourriture

 

vendredi 16 juin 2017, par Damien Djamel Bouch’Raf

L’un des conseils du gouvernement algérien des plus attendus est celui qui vient de se tenir 14 juin 2017. Déjà le plaisir ou le malheur a tellement duré pour qu’arrive cette rencontre de l’exécutif avec le président. Puisqu’il n’était pas de coutume de laisser les nouveaux ministres se pavaner si longtemps, plus de 20 jours où entre-temps celui du tourisme a été changé, sans les réunir avec le chef de l’Etat. Tellement le temps a été perdu que certains observateurs n’ont pas cru que cette cruciale réunion allait se tenir.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Le nouveau gouvernement Tebboune ne présente aucune particularité. La palingénésie des pratiques qui, depuis même l’indépendance du pays, se sont avérées irréalistes et ruineuses, se reproduisent. Sous les prunelles des politicards que la population a bien déclassés, depuis leur faillite consommée en 1990/91 quand la théocratie allait s’emparer de la majorité à l’assemblée nationale, le système vieillissant se revigore avec un staff qualifié d’auxiliaires malséants de servir un pouvoir illégitime.

Notre dernier article sur l’Algérie.

Maintenant que les nouveaux ministres ont croisé le président, dont certains n’ont jamais eu à le rapprocher de si près, qu’ont-ils obtenu de directives pour travailler ? Dans un contexte fort incertain, avec un fort effondrement de la rente nationale, suite à la chute du prix du baril du pétrole, la besogne est ardue. Mais aussi, elle a l’originalité d’un contexte jamais croisée auparavant, celui de l’APN (Assemblée Populaire Nationale) installée avec les urnes presque vides.

Il est fondamental de ressasser que cette élection législative a été incroyablement la pire défaite de l’administration. Elle est un forcing qui trompe encore une fois les administrés d’un pays sous opaque gabegie. Ce qui se retient de ce conseil gouvernemental, Mr. Abdelaziz Bouteflika reconnait des choses, que certainement leur gravité ne va pas convenir à une gouvernance encore plus délicate que lors des dernières années. Le président a incité à la rationalisation et au ciblage des dépenses qui subventionnent la nourriture, la médecine, le logement et l’éducation : tout un programme...

Avec l’assèchement des réserves financières, le président algérien a ordonné de continuer à réduire les importations, à rationaliser les dépenses pour faire face à une forte chute des revenus du pétrole et du gaz, mais surtout a prévenu de se tourner, avec une forte rigueur, vers la dette extérieure. Et pour la première fois, il fait référence à l’exploitation du gaz de schiste en parlant des « hydrocarbures fossiles non conventionnels ». Il a demandé à investir plus dans les énergies renouvelables, ce qui est nouveau.

Bouteflika a rarement été vu en public depuis, 2013, après l’accident vasculaire cérébral, qui l’a rendu à moitié aphasique. Cette fois, il est apparu à la télévision de l’État, encore plus brièvement que les précédentes évocations imagées où ses gestes sont encore très réduits, par rapport au passé. Lors de sa toute dernière sortie, il a voté plus péniblement sur son siège roulant. En présidant cette réunion du cabinet, avec le nouveau gouvernement mis en place le mois dernier, il semble encore plus affaibli.

Les Algériens redoutent encore l’instabilité qui est déjà politiquement en place, avec l’échec du dernier vote. Mais c’est le déchaînement de la violence des islamistes armés, ayant déjà laissé beaucoup de gens dans un traumatisme collectif, qui leur est devenu imprévisible. Les complicités avec les criminels de la théologie du djihad sont les premiers à fréquenter les mosquées. Alors que le président compte inaugurer l’année prochaine l’un des plus somptueux lieu de culte, où se tissent les réseaux et s’allient les prêcheurs de la haine.

Maintenant que les revenus du pétrole ont réduit de 60 pour cent le budget public, des réformes d’austérité pour compenser cette chute sont déjà mises en place. Leurs résultats augurent déjà de continuer encore à fermer certains programmes sociaux, comme l’aide laxiste et populiste aux jeunes entrepreneurs tentés par créer leur emploi. Le président a appelé de surveiller, à ce sujet, le système bancaire afin d’une amélioration du climat d’investissement.

Le déclin des revenus a obligé le gouvernement à réduire ses dépenses, de 9 pour cent en 2016, cette diminution est pour cette année de 14 pour cent. Les autorités ont augmenté légèrement les prix des produits subventionnés, y compris l’électricité, l’essence et le diesel, pour la première fois depuis des années. Des restrictions ont déjà touché les importations et diminueront encore de 15 milliards de dollars en 2017, par rapport aux 46 milliards dépensés l’année dernière, selon le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune : liste ICI.

Bouteflika a déclaré que le gouvernement devrait s’engager dans la politique de protection sociale, sachant que les citoyens sont de plus en plus en exaspérés des échecs de 20 années de son règne qui n’ont guère sorti le pays de la décrépitude économique. Les phénomènes des « Haragas » (jeunes désirant quitter le pays à tous prix), celui de la corruption impliquant les proches du pouvoir, ainsi que le népotisme (dit beni-amisme) où seuls les enfants des castes, sans compétences, accèdent aux postes de travail, ont explosé depuis 1999. Quand l’ancien diplomate est revenu aux affaires…

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

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