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Algérie : le milliardaire Rebrab rachète le groupe de presse Al-Khabar

Une acquisition qui concentre l’offre médiatique privée

 

mercredi 13 avril 2016, par Damien Djamel Bouch’Raf

L’homme d’affaires algérien Issad Rebrab a acquis le groupe de médias El-Khabar, ce qui ne laisse pas indifférents divers cercles qui se déchirent dans la désuétude qui assujettie l’Algérie. La dépréciation qui frappe les institutions, livrées aux auteurs d’abus, se rajoute à l’hésitation et l’ambigüité des ressorts sociopolitiques. Ces derniers, attardés par l’absence d’une initiative citoyenne, ne surmontent pas l’énorme népotisme des gouvernants. Et poussés aux résonnances réagissant à cette transaction, par ailleurs les analystes mettent le premier entrepreneur du pays, sous la prescription d’une confusion glaçante par ses moult déviations et non-dits.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

D’abord, nous signalons que notre rédacteur en chef, N.E. Tatem, a collaboré avec le quotidien d’informations Liberté créé par Issad Rebrab : Voir ICI. D’où notre connaissance du sujet...

Pour la bagatelle de 45 millions de dollars, c’est l’un des plus importants conglomérats du pays qui change de propriétaire. Il passe sous le contrôle de celui qui est propriétaire du quotidien d’informations « Liberté », d’où l’expérience reconnue dans le domaine à la nouvelle direction de ce titre. Le groupe de médias El Khabar est l’éditeur du journal, de langue arabe à parution journalière ayant le même nom. Qui aussi, est l’un des organes ayant une des plus élevées vente de presse écrite circulant en Algérie.

Un de nos articles sur Issad Rebrab
- Rebrab de Cevital en Algérie, traqué à mort par les prédateurs de l’économie

Le journal El Khabar a été fondé, par un petit groupe de journalistes locaux, exactement le 1er novembre 1990, avec l’avènement du pluralisme. Il a parcouru toutes les péripéties d’insécurité vécu par le pays, dont l’assassinat de son rédacteur en chef Omar Ouartilane, dans le début de matinée du 03 octobre 1995 à Alger. Alors qu’il se rendait, par la rue Belouizdad, à son bureau situé à la maison de la presse, ce fondateur avec Ali Djerri toujours à la tête de la rédaction, un tueur l’a abattu et a disparu depuis.

Dans l’ordre des crimes qui ont visé précisément les journalistes algériens, cet éditorialiste reconnu, pour ses idées progressistes détachées du carcan haineux des arabophones, était le 19ème de la corporation à avoir été ciblé pendant la même année. Et il est le 43ème, sur les quelques 200 employés des différents médias et parmi plusieurs milliers de personnes de la grande famille des modernistes algériens. Son dernier éditorial, signé avec son pseudonyme habituel "Boudjemaâ" s’intitulait « O paix, montre-toi… »

En 2011, d’après l’OJD (organisme associatif de certification pour la diffusion de la presse), El Khabar réalise un tirage moyen de 470 000 exemplaires par jour. Les estimations lui accordent pas moins de 300.000 copies vendues quotidiennement, depuis sa création. Ce qui le place, grâce à l’élargissement de l’utilisation de la langue arabe, premier journal lu en Algérie. La société El-Khabar possède également une chaîne de télévision et une chaîne d’imprimerie, en association avec le quotidien de langue française El-Watan, ainsi qu’une société de distribution.

Comme il dispose de ses propres rotatives d’impression au niveau des principales régions, l’une se situant à Alger, une autre se trouvant à Constantine, puis les deux dernières d’Oran et d’Ouargla. En 2006 El-Khabar lance sa propre régie publicitaire, El Khabar Pub. Et en 2008, il s’installe dans son propre immeuble à Hydra, le quartier huppé de la capitale.

Mr Rebrab réalise ainsi son deuxième investissement dans les médias algériens, après le quotidien Liberté de langue française. Ce dernier a été fondé par Rebrab avec le journaliste Noreddine Fethani, qui était correspondant de l’agence APS à Tunis. Cet organe, renommé pour avoir dans sa rédaction le caricaturiste Ali Dilem, est aussi classé le 1er distribué d’Algérie. La très forte concentration de son lectorat se situe au centre, (dont fait partie Alger, la Mitidja et la Kabylie) du plus vaste pays d’Afrique, qu’est devenue l’Algérie après la partition du Soudan.

Un entrepreneur que la rumeur, sur son enrichissement d’un côté, et le pouvoir, pour harcèlement de l’autre, n’ont pas plié.

Issad Rebrab a été qualifié, au début de ses activités d’industriel, de baron de l’huile de table, du fait de sa forte présence pour les produits gras, notamment la margarine. Puis du sucre, à cause de sa possession de l’une des plus grandes raffineries de sucre dans le monde. Cet entrepreneur, âgé de 72 ans est originaire de Tizi-Ouzou. Il est devenu milliardaire avec une fortune, selon le magazine « Forbes » de 2014, estimée à 3,3 milliards.

Sa principale société est Cevital qui est la plus grande entreprise privée de l’Algérie et leader africain de l’agroalimentaire. Ce conglomérat se consacre principalement à cette dernière industrie, la grande distribution, les services et à différentes branches industrielles. Outre l’électronique, sa plus connue entreprise était, pendant les années 1990, « profilor » qui opère dans la transformation des alliages métalliques dont l’aluminium et l’acier. Produisant, pour cette dernière matière, annuellement quelques 1,5 millions de tonnes.

En septembre 2015, le ministre algérien de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, cité dernièrement dans le scandale des « Panama-papers » s’en prend à Issad Rebrab. Il déclara que Cévital a pratiqué une surfacturation d’équipements qu’elle a importé, du matériel déclaré usagé au prix d’un neuf, sans apporter la moindre preuve. Visiblement, la recherche de mettre au pas Rebrab par le clan Bouteflika était le but de ce mensonge criard. Ce qui a créé une réaction unanime à travers le pays, où se mêlent chantage et corruption.

Un autre article sur Panam-Papers.
- Panama-Papers et journalisme d’investigation : un scoop adjugé à l’intégrité !

Rebrab Issad a démenti formellement ces accusations, précisant qu’il a demandé autorisation d’importer du matériel rénové, mais n’a jamais déjà effectué ce qui lui a été publiquement reproché. Quelques jours après, cette manœuvre du ministre déjà indiqué dans des affaires louches effectuées en France, le nouveau code des investissements a autorisé l’importation des équipements industriels remis en bon état.

Dans le livre "Paris-Alger : une histoire passionnelle" aux révélations, jamais démenties, comme d’autres articles de presse, ont été cités les achats d’habitations en France, effectués par des responsables algériens. Ecrit par deux grands reporters français, Christophe Dubois de TF1 et Marie-Christine Tabet du « JDD » Journal du Dimanche, le chapitre du bouquin qui a pour titre :"Alger-sur-Seine" mettait au grand jour une fortune dépensé par un responsable algérien au parcours très rapproché aux rouages opaques...

Dans l’opinion algérienne, il y a un double discours à propos de l’acquisition d’Al-Khbar par Rebrab. Celui qui voit dans la concentration ’dangereuse" des médias entre les mains de ce richissime patron. Et celui qui le complète, avec une certaine reconnaissance de la dextérité de ce berbère. Auquel, la mauvaise justice algérienne s’est prise à lui, par le passé, d’une manière la plus abjecte de la bureaucratie algérienne qui a ruiné nombreux entrepreneurs.

Image illustrative de l'article El Khabar (Algérie)
Par inconnu — http://www.elkhabar.com/, marque déposée, https://fr.wikipedia.org/w/index.php ?curid=5759578

http://www.algerie1.com/actualite/conflit-bouchouareb-rebrab-eviter-les-debats-steriles-privilegier-les-interets-superieurs-de-lalgerie/

Posted by Populi-Scoop : L’info citoyenne et l’actu critique. on mardi 29 septembre 2015

Abdesslam Bouchouareb il a été nommé Ministre de l’Industrie et des Mines dans le nouveau gouvernement d’Abdelmalek Sellal-2

- 1989 à la la première confédération patronale (CGEOA) en Algérie.
- 1994 président du Conseil national économique et social (CNES)
- 1996 au portefeuille ministériel de l’Industrie et de la Restructuration.
- 1998 commissaire à la promotion de l’emploi des jeunes
- 2000 ministre délégué à l’emploi
- 2002 à 2007 député d’Oum El Bouagui puis d’Alger et membre du bureau politique au Rassemblement National Démocratique (RND).
- 2012 membre du bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN)

La mafia algérienne s’en prend à l’homme d’affaire kabyle, Issad Rebrabbiographie Issad Rebrab, né le 27 mai 1944 à...

Posted by Mourad Idri on mardi 29 septembre 2015

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