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Algérie : Bouteflika connu mais pas légitime



Les raisons qui attardent la démocratie et écartent la révolution -2ème Partie-


dimanche 22 janvier 2012
par Azouz Benhocine


En Algérie, la panne de l’alternance est due à quatre éléments :

1- Bouteflika n’est pas Kadhafi ou bien à l’image de la longue durabilité multi-décennale des autres despotes arabes.

2- Les islamistes algériens sont les moins pragmatiques du monde arabe, et constituent depuis 1988 la seule force de substitution. Dans ce pays qui ne croit toujours pas à l’islam des lumières que ses savants, comme Mohamed Arkoun et Malek Chebel, ne cessent d’expliquer.

3- L’opposition est habitée par l’opportunisme, l’exclusion des plus dévoués des citoyens et l’écartement des élites expérimentées.

4- La RDN "Révolution Démocratique Nationale" obligée de verser en cruautés et violences, alors que sa nature paisible tient à la non-falsification des choix électifs du peuple.


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DOSSIER ALGERIE

Mais les dés sont jetés et la partie engagée. Le peuple aspire à une mutation des structures institutionnelles, qui ont jusqu’à là tenu par la poigne et la main de fer. RDN Les plus marginalisés des algériens voient, en cette année 2012, le retour de législatives truquées, à l’instar de toutes élections contrôlées par la bureaucratie légendaire dans le pays. Certains exclus par le système, s’exilent et d’autres restants dans leur bercail, subsistent pliés sous l’emprise de personnages caciques. Ces « dinosaures » ont traversé toutes les époques, suivis dans leurs sillages par une pléthore subordonnés hiérarchiques sauvegardant de gros privilèges aux maîtres et des menus gains aux clients du népotisme en place.

Sous les yeux de la surveillance internationale, et avec les mains d’un chef de gouvernement bureaucrate et carriériste, en 2012 le vote répètera un scénario répétitivement usité. Ahmed Ouyahia sert, depuis des décennies un système arrivé à son terme ultime en 1988, assez habituellement pour laisser le contraire se réaliser, dans l’orchestration de scrutins falsifiés.

Quant à son mentor Abdelaziz Bouteflika, il n’inspire pas à son peuple une récusation radicale. L’ancien diplomate, pleureuse de Boumediene, n’est pas perçu comme les tyrans Ben Ali, Kadhafi et Moubarek. Certaines catégories de la population le vénèrent, lui accordent même son trucage de la constitution qui a porté un autre coup dans le dos de l’alternance. Cette dernière devait s’instituer en 1988, lors d’une vacance du pouvoir bien plus avancée que lors du retour de Boudiaf ou bien après le complot de son exécution.

Bouteflika espérait un enlisement de l’Otan en Libye. Le pays voisin a des similitudes avec le pétrole, les islamistes virulents et une jeunesse engloutie dans une misère généralisée. Les retards, de ces deux entités étatiques maghrébines touchent plus que les autres de la même région, commencent par une école décadente. Puis les barricades de la tradition dressées dans les mentalités. Et enfin l’écartement de ceux qui ne font pas allégeance aux dirigeants même s’ils impotents et incompétents. L’idée du complot pour détourner le pétrole est en fait bel bien réelle en Libye, mais après 42 ans de despotisme l’ex-leader libyen est loin de satisfaire avec son projet de dynastie. C’est aussi le cas des 50 années d’indépendance en Algérie qui n’ont pas débouché sur l’exemple économique et le modèle démocratique.

Le spectre de la violence terroriste indispose, de son côté la population, du moins ceux qui souhaitent du changement. Le peuple refuse de renouer avec les carnages des années 90 et 2000. Lui faisant accepter qu’un chien soit certainement moins féroce qu’un loup ! Plus pesant dans les consciences, Boutef a fait reculer, à son arrivée au pouvoir, Aït-Ahmed le doyen de l’opposition. Ce dernier se savait battu et son parti reste à l’image des autres formations de la mouvance démocratique, est dans l’incapacité d’imposer un débat.

Si le front social est en continuelle ébullition avec des séditions ponctuelles et localisées, il stagne dans la dispersion et l’incapacité de moduler sa ténacité face à une police qui est la mieux payée des corps de l’Etat. A Laghouat, en ce début 2012, la répression policière vient de montrer la brutalité des années de plomb d’avant octobre 1988.

Une riposte des services de l’ordre très comparable à celle du début de 2011, quand l’espoir du Printemps Arabe traversa les centres sensibilisés à un vent de renversement des apparatchiks indécrottables. Occasion qu’il ne fallait pas rater, mais loin s’en faut elle n’a pas survécu par un manque de cohésion et le grand scepticisme qui traverse les composantes d’une opposition qui se voulait en dehors des partis.

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La manne pétrolière échappe aux audites, ses ressources change le pays sans l’encourager à entamer une croissance en dehors de sa rente énergétique. Cette débauche financière est plus dilapidée dans des projets comme la grande mosquée, au lieu d’être investie dans le reboisement qui est une vision d’échéance bien lointaine que les urgentes exigences sociale. Les ressources financières générées par le pétrole sert beaucoup à étrangler fatalement Les épris de liberté.

La caution du faste ne fait pas perdre aux autorités leurs appétences à calmer les jeunes révoltés, plutôt que de leur montrer un projet sociétal basé sur les défis qu’exige le développement. En miroitant des logements, toujours distribués à la clientèle des régnants, n’assure pas les emplois, car construits par des chinois, et à lointaine échéance un avenir définitivement versé à sortir de l’anxiété de la précarité sociale. Les discours trouvent matière à reconduire la relève idéologique qui calle la croissance économique et surtout ferme la porte à l’alternance.

Des élections dans un contexte de révolutions arabes ayant montré de nouvelles facultés, tel que l’islamisme amovible que les intégristes algériens rejettent. Ce vote est perçu comme une opération administrative, qui désigne des députés, sans transparence. Mais venant à l’heure de tempétueuses mobilisations des peuples arabes pour rattraper le retard démocratique.

En Algérie, le prochain vote est un enjeu capital dans le champ politique algérien qui est atomisé par un nationalisme des plus réducteurs : Langue et Religion sont des constantes portant la fierté de l’inertie. Ce nationalisme gravite autour de Bouteflika, car l’homme n’est pas aussi contesté que le DRS, les généraux, les criminels de l’islamisme et les autres forces rétrogrades.

Le partiotisme des exclus, des jeunes désespérés, des cadres marginalisés, des démocrates réduits à une meute aboyant sur l’itinéraire de la caravane passante… Il reste imprévisible, et son naufrage pourra faire reprendre les armes aux générations qui de leur religion obscurcie, verront la violence à portée, pour briser les givres qui emprisonnent les espoirs.

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