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Le maintien de la peine de mort en Algérie, syndrome de vengeance confessionnelle



Célébration du 10 octobre, il ne reste que l’archaïsme aux nationalistes qui règnent !


lundi 15 octobre 2018
par Damien Djamel Bouch’Raf


Y’a-t-il des argumentaires pour que la modernité en Algérie ne soit pas perçue sous le prisme de la violence coloniale ? Légaliser l’avortement et abolir la peine de mort, entre autres exemples des qualifiants réels qui expriment une forme de progrès conséquent de l’avancée collective, tardent à être promulgués. Les volontés pour endiguer la barbarie aveugle, laissant naître des enfants non-voulus par leurs propres procréatrices et tuant d’autres humains pour leurs erreurs, le débat intellectuel tente de percer le givre traditionnel !

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

Manifestement la peine de mort en Algérie est un indicateur de l’évolution sociétale sur la modernité. De laquelle l’idéologie nationaliste, fondée par et sur le segment historique de la colonisation française, qui tient le pouvoir depuis que ce pays existe, s’en défend pour ne pas adopter, avec ignorance, ce qui est fortement et avec ignorance soupçonné être une émanation occidentale.

- L’Arabie Saoudite bat son propre record des exécutions à la peine de mort 28 septembre 2014

L’affaire est assez discutable au sein de la société algérienne et l’abolition n’est pas à l’ordre du jour. Pour le président de la LADDH, Noureddine Benissad, l’Algérie se dirige vers l’abolition de la peine de mort. La célébration du 10 octobre, a été un moment de bilan sur le chemin parcouru lors de l’atelier en direction des journalistes, organisé à Alger.

Au moment où les ONG internationales, dont Amnesty internationale, à l’occasion de la journée du 10 octobre dans le cadre de sa campagne annuelle de sensibilisation, s’efforcent de persuader les autorités algériennes de faire sortir définitivement sa justice de la prononciation de la peine capitale qui n’est pas appliquée depuis des années.

Le Gouvernement algérien avait confirmé le 7 novembre 2006 au comité des droits de l’homme qu’aucune exécution de condamné à mort n’a eu lieu depuis septembre 1993. Pourtant les actes islamo-terroristes suscitaient, à cette époque, de donner exemple pour que cette criminalité politique ne se propage pas au sein de la jeunesse.

- Iran : hécatombe par la peine capitale 22 février 2014

Dernière un jeune garçon a kidnappé et violé une fillette dans la ville d’Oran, l’émoi provoqué par ce fait divers a suscité des appels à exécution expéditive du criminel dont l’acte et la personnalité explique le désarroi toute la jeunesse du pays sur le plan sexuel. Le député Ali Brahimi, élu du FFS avec lequel il a rompu suite à l’orientation de connivence avec l’islamisme, est l’un des initiateurs d’un texte juridique le 6 décembre 2008 qui n’a pas été retenu…

Pour soutenir son projet de loi, il a présenté des arguments que soutiennent nombreux démocrates d’Algérie.«  La sentence de la peine de mort est l’une des rares dernières positions de retranchement d’une conception de la justice qui fait du châtiment d’un forfait une démarche vengeresse de la société. Loin de permettre au condamné d’accéder au pardon de sa victime et de la société ou au repentir, ni d’expier ou de réparer sa faute, la peine de mort lui renie et lui interdit toute forme de réhabilitation ou de deuxième chance.  »

Des militants comme Benissad et Brahimi qui aspirent à l’abolition, apprennent à leur peuple que la peine de mort n’est pas la bonne réponses aux abjectes crimes. Car la ferveur religieuse est tellement animée dans ce pays qu’on risque de glisser à l’application aveugle de la charia islamique. Cette dernière contient expressément l’amputation de la main du voleur en guise de peine pénale.

- A qui est appliquée la peine capitale au royaume qui abrite la tombe du prophète ? 18 avril 2015

Dans le rapport annuel de 2017 d’Amnesty International, l’Algérie figurait sur la liste des pays qui n’appliquent pas réellement la peine de mort, aucun condamné à mort n’a été exécuté depuis 25 ans. Mais cela ne justifie guère que les institutions juridiques prononcent des condamnations à mort, afin de laisser croire que réprimer lourdement des crimes graves permet qu’ils ne soient plus commis. Or des esprits sains n’ont pas à les accomplir.

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