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La majorité des hommes arabes rétifs à l’émancipation des femmes

Pour traditions mortifères, les militants féministes font face à une religion dévoyée

 

vendredi 12 mai 2017, par Gros Emile

Paradoxalement, les militants féministes parmi les hommes qui s’efforcent d’encourager les femmes arabes à s’affirmer, font peu d’efforts, cependant, pour adoucir l’attitude des hommes. C’est-à-dire ils ne se dressent pas contre les actes de domination. Dans la réalité, ceci est en train de changer. Mais face aux normes rigides de la virilité, ces activistes utilisent des campagnes de sensibilisation et le soutien psychologique aux femmes victimes d’atteintes.

Voir en ligne : Notre dossier : FEMMES - féménisme

Le sexisme, le patriarcat et la phallocratie ont une longue et morne histoire dans les sociétés islamisées, où les Arabes, qui sont actuellement les populations arabophones, sont les principaux porteurs des dogmes linguistiques et confessionnels. L’ONG « Institut Promundo », fondée en 1997 au Brésil, qui travaille à l’échelle locale, nationale et internationale a mené une édifiante enquête sur l’égalité des sexes, au Moyen-Orient et en Afrique du nord.

Voir le rapport de Institut Promundo ICI, vous pouvez voir le site-Web en langue arabe ICI.

Tel est le constat du système de domination masculine prôné religieusement. C’est l’explication du climat général de conservatisme qui rend les hommes suspects aux libertés de leurs filles, sœurs, épouses et mères. Les juristes musulmans ont la notion de qiwamah (tutelle) qui donne aux hommes l’autorité sur les femmes. Elle est prise du Coran qui stipule expressément : (Erridjal qawamoun âala nissa ) = Les hommes surpassent les femmes !

Les pays conservateurs, comme l’Arabie Saoudite, c’est la politique officielle. Cette attitude persiste même dans les régions relativement libérales du monde arabe, comme le Maroc, où 77% des hommes croient qu’il est de leur devoir d’exercer la tutelle sur leurs parentes de l’autre sexe. Dans la région du Maghreb, où la Tunisie échappe légèrement à cette condition, il y a une forte crispation créée par la perception idéologique, et bernant par les traditions, envers la gente féminine.

L’étude de "Promundo" a duré un an, d’avril 2016 à mars 2017. Elle a eu pour champ de recherche 4 pays, Egypte, Liban, Palestine et Maroc, qui peuvent être pris pour modèles à cette région du Monde. Cet institut s’est fait connaître avec son imposant symposium de 2009 à Rio de Janeiro, où 439 militants, chercheurs et praticiens de 77 pays ont appelé à l’engagement des hommes et des garçons dans l’égalité des sexes, une incitation du sexe fort !

Cette dernière prospection « multipays » repose des hommes et des femmes de la tranche d’âge de 18 à 59 ans, vivant les 4 pays ciblés. Elle jette une lumière, comme une dénonciation de mise sous les feux de la rampe, les antagonismes des hommes arabes dans les quatre pays étudiés et la façon dont ils entravent les progrès vers l’égalité.

La représentation du Monde arabe sur la scène mondiale questionne sur plusieurs plans, notamment la persistance des archaïsmes prétextés par la culture ou l’identité. Or à bien observer des peuples aux racines très anciennes d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine qui ne s’embarrassent pas des comportements universels, qui sont désignés comme occidentaux chez les Arabes, cette étude devient obligatoirement utile.

Un rapport a été publié à l’issue de cette investigation à laquelle ont collaboré, sur place auprès des pays concernés, des organismes et des scientifiques. Il relate sans aucune ambigüité, que loin de détourner leurs attitudes patriarcales, les hommes arabes s’accrochent à ses prétendues traditions. En termes clairs, le chauvinisme masculin peut être alimenté par un sentiment de faiblesse, pas de force.

Dans tous les pays, à l’exception du Liban, les opinions des hommes plus jeunes sur le rôle du genre, homme-femme, ne diffèrent pas sensiblement de celles des hommes plus âgés. L’étude suggère que les jeunes hommes arabes en quête de travail, pour se permettre le mariage et atteindre le statut de fournisseur financier, provoquent un contrecoup contre les femmes émancipées. Ils pensent qu’elles occupent les postes qui leur reviennent.

L’atmosphère de violence et de harcèlement est fréquente, notamment dans les quatre pays étudiés. 10% à 45% des hommes qui ont jamais été mariés admettent battre leurs épouses. Entre 31% et 64% ont admis qu’ils avaient harcelé les femmes dans la rue. Moins de la moitié des hommes marocains pensent le viol conjugal doit être érigé en infraction, pourtant ils réfutent à leurs épouses d’avoir des relations sexuelles sur demande.

Environ 70% des hommes égyptiens approuvent encore des mutilations génitales féminines (MGF). Alors que la moitié des femmes égyptiennes disent aussi qu’elles approuvent ces circoncisions dont elles sont victimes. En Egypte et la Palestine, plus de la moitié des hommes et des femmes disent que si une femme est violée, elle doit épouser son violeur.

Dans au moins trois des pays, plus de femmes que d’hommes disent que les femmes qui s’habillent outre que comme est indiqué par la tradition, méritent d’être harcelés de façon provocante. La plupart des femmes interrogées disent qu’elles soutiennent l’idée de tutelle masculine.

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De notre rédacteur : T O U R E T.

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