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Bouteflika dernier élu des usurpateurs de la mémoire



Le monolithisme du carré Saïd Bouteflika


samedi 19 avril 2014
par Damien Djamel Bouch’Raf


Elu avec un score écrasant, à 81,53%, Bouteflika soustrait le pays qu’il dirige depuis 1999 à l’alternance qui peut mettre à l’honneur la démocratie. L’échange et la comparaison entre les forces aptes pour sortir l’Algérie de la torpeur du monolithisme, sont encore une autre fois écartés. Avant bien que l’Algérie ne recouvre sa souveraineté nationale, c’est l’archétype monopolistique qui exclut ceux qui aspiraient au pluralisme, tracé jadis et génère ce qui se passe aujourd’hui.

En effet, c’était le cas et la situation à l’époque du FLN libérateur. Le gabarit du dirigisme algérien s’est muré, depuis longtemps, contre même ses propres dirigeants en liquidant, comme Abane Ramdhan, le créateur des accords fraternels avec d’autres organisations de l’époque (dont le PCA). Ce visionnaire du mouvement national avait aussi encouragé les jeunes générations de participer à l’épopée anticoloniale, alors qu’elles étaient considérées élevées dans l’école coloniale du fait de leur âge ou d’avoir été aux campus universitaires...

Oublier les pages noires de la mémoire de l’indépendance, c’est dédramatiser l’élimination des autres tendances qui pouvaient enrichir la tâche historique d’une guerre conduisant à l’émancipation collective. Et négliger les retombées de l’Histoire, lors des étapes qui suivent, en matière de diversité et de pluralisme, n’éduque aucun projet lié à son socle mémoriel.

Inutile de citer les pages des liquidations dont été victimes les messalistes du MNA ou bien le traitement, dans les rangs du front libérateur, réservé aux tendances aspirant à la démocratie.

Sauter aussi l’époque de l’horrible article 120 du statut du parti unique qui devint une loi, c’est réhabiliter la trajectoire qui a permis à Bouteflika de s’imposer par un forcing en 2014. Dès le début des années 80, exigence était faite à tout manager de toutes institutions, et même d’un club sportif de village, d’être embrigadé par le système de feux Messaâdia-Mehri (le duo qui s’est relayé à la tête du parti FLN), pour ne jamais libérer sa parole…

Les révolutionnaires des méthodes de la falsification des élections !

Bouteflika se distingue spécialement lui, à l’instar de l’ensemble des variantes et des personnages de la famille révolutionnaire qui a pour règle la main de fer paranoïaque et répressive, d’un cynisme diabolique. Le destin de l’Algérie et de son peuple sont traités avec son mépris grandiloquent, celui précisément réservé à ceux sortant du giron officiel, le félicité par les chancelleries pour ses élections truquées !

Dans la pratique qu’on reconnait chez Bouteflika, tous ceux qui pouvaient le regarder dans les yeux, y compris des membres des gouvernements qu’il a conduits, tels que l’ont rapporté nombreux témoignages, se faisaient écarter sans aucun recours. Il est l’arrogance même du chauvinisme nationaliste et étroit.

Plus récemment, la bourrasque du Printemps arabe qui a balayé plusieurs incassables dirigeants du monde arabe, a créé un vent de panique à Alger. Bouteflika annonça des réformes pour éviter l’ouragan, qui refusa tout recyclage dynastique de transmission des pouvoirs animés de dictatures. Des mesures très insuffisantes, voire vides ont été mises au devant en Algérie. Puis, ces vaines promesses ont été vite enterrées, alors que l’islamisme prenait, ailleurs dans la contagion arabe, la voie écourtée pour regagner sa nature de criminalité politique qu’est le terrorisme.

Le régime présidentiel qu’a renforcé Bouteflika, permet de concentrer tous les pouvoirs en un mouchoir de poche et en un cercle clanique. Tandis que l’opposition démocratique algérienne tombée en faillite dès 1991, quand les fascistes de l’islamisme comme se déroule actuellement dans le Printemps Arabe, s’est trouvée au simple rôle de faire-valoir.

Maintenant que les algériens ont renouvelé, lors de cette élection d’avril 2014, une miniature de toutes les répugnances qu’ils avaient traversées avec les générations passées, le recommencement du confinement des libertés continue. Cette inédite expérience, qui fait la risée du Monde, pousserait au raffermissement d’une autre prise de conscience que celle qui a causé les déroutes de plus d’un demi-siècle. Algérie : les dirigeants historiques

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