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Algérie : derrière la nomination de Sellal

Du partisan de service à l’énarque offrant toutes les aubaines de maniabilité.

 

jeudi 6 septembre 2012, par Azouz Benhocine

Depuis que l’Algérie a recouvert sa souveraineté nationale, l’analyse du pouvoir a alimenté des débats. Elle est relatée, entre abrégés tentant d’exposer sa sainteté et étendus diagnostiques disséquant les rapports de ses corpus, alliés ou en confrontation selon l’époque. Même après que la légitimité historique a été déverrouillée, un certain 5 octobre 1988, son anatomie qui s’est abâtardie de bureaucratie, n’a pas été détournée de ses mutations sournoises. A chaque ère, le régime réapproprie sa duplicité légendaire et utile à une manœuvre pour la durabilité du système disant long de part ses combines.

C’était depuis 1962 qu’a été fixé le recours à un maquisard, drapé par l’accoutrement qu’offre le sigle aux trois lettres « FLN », pour diriger le pays. Puis associer la figure de l’ex-moudjahid à une lignée de cadres originellement destinés à l’administration, l’humus bureaucratique a pris le dessus sur l’intelligence. Fécondant une race transcendante de pseudo-compétence animée du patriotisme étriqué par rapport aux connaissances scientifiques. Et qu’on appelle "LES TECHNOCRATES", vocable juste pompeux !

L’arrivée de Sellal comme chef de gouvernement reproduit la thèse, qui a été annotée avec et après que le long parcours d’Ouyahia, où s’est reconduit pendant un quart de siècle le règne de l’ENA algérienne. Mais mis sous boisseau, le clivage corporatiste entre énarques et universitaires algériens, a donné nombreuses pensées aux observateurs à propos de la typologie des dirigeants de l’exécutif ministériel plus précisément. Soit dit en passant, l’incartade d’un certain UNIVERSITAIRE, Benbitour, au bout de 6 mois comme chef du gouvernement au retour de Bouteflika de la traversée du désert, est illustrative...

La démarche d’infiltration des rouages par des auxiliaires dociles.

Paraissant invraisemblable, la segmentation des cadres du pays s’apparente, elle-aussi, à un l’héritage de la guerre de libération. Révolution dont la noblesse est grandement lésée par l’absence de critiques et de lectures correctives planchant à déterminer l’avenir.

Aux origines, la vérité que l’épopée libératrice a regardé les campus universitaires comme des chaudrons contestataires. Pratique et vision qui s’est bien affirmée après l’indépendance. Les pugilats pour les postes de responsabilités ainsi que dans le management, comme pour une BOUFFE, des centres d’émanation des décisions en matière de gouvernance, confirme qu’une structuration du personnel politico-technocratique obéit à une idéologie qui tire sa versatilité du populisme.

Le recours aux cadres issus de l’ENA, avant les universitaires, est fondé sur l’idée de confiance dans la formation qui est sanctionnée à des employés de bons niveaux, à même de servir l’administration et son rapport aux citoyens : soit l’encadrement public de la population. La garantie qui fait de la doctrine, inculquée à l’ENA, que les valeurs du service public et la culture de l’Etat, sont plus disciplinées et ont de l’égard aux dirigeants politiques en place.

De l’ostracisme à la relégation de l’intelligence, subordonner le libre au subalterne politique.

La genèse de ces rapports conflictuels entre le FLN dirigiste par la dictature et les universités puise son équivoque historique, bien grossier, d’avant l’indépendance. C’est en mai 1956 que les étudiants ont été admis, le 19 mai, sous la houlette d’Abane Ramdhan, par le FLN à adhérer à l’œuvre historique de la guerre révolutionnaire pour la libération. Pourtant un besoin de théories doctrinaires devait accompagner le mouvement de concrétisation de la nation naissante dans le joug colonial.

Les énoncés, comme cet article, qui tentent de cerner l’obédience politique qui a politiquement gouverner l’Algérie indépendante, se soumettent à surveiller leurs propos afin de ne pas écorner l’Histoire commune. Et épouse la vigilance de : Comment trancher dans l’explication des réticences du FLN qui guidait la guerre de libération à l’égard des étudiants, sans tomber dans l’hyper-glorification ou l’angélisme patriotique pour ne pas déconstruire une mémoire bien valeureuse de part son engagement pour l’émancipation révolutionnaire ?

Ce qui laisse un assèchement des sources à l’origine des paradoxes algériens, qui eux ressurgissent à chaque étape que traverse le pays. La question des étudiants universitaires algériens pendant la guerre de libération donne un lien pour ausculter leur rapport aux dirigeants qui ne s’encombrent pas de théories ombiliquées, venues se mettre sur leur chemin. Les étudiants universitaires étaient considérés ressortissants des couches aisées, voire même ressortissants des catégories collaboratrices avec l’occupant, car l’université recelait une population plus européanisée...

Contradictions dialectiques d’une révolution déplacée aux portes de la médiocrité.

Aux premières lueurs de l’indépendance, les effectifs universitaires étaient minimes et si l’OAS jeta son dévolu criminel, la raison est tellement simple : la "Terre-Brûlée" est un réflexe propre aux guerres. Cette organisation criminelle de droite était sensible à ne pas laisser les compétences reprendre sereinement les affaires du pays, conduire la transition selon les exigences du savoir. 3000 étudiants algériens ont été inscrits à la rentrée 1962 et chaque déclinaison de l’exclusion déchiffrait et venait dire la véracité des choix aléatoires comme ceux d’une langue, arabe, d’appauvrissement. L’ancien moudjahid chercherait à gouverner, comme au "repos du guerrier", son acolyte et subordonné est de son côté ambitieux !

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DOCUMENT Historique de l’université algérienne. Evolutions aux premières heures de l’indépendance et les années qui suivirent.

De la vision révolutionnaire à laquelle Boumediene accorda son contrôle, s’est substitué, sous la conduite du FLN parti unique, le lit de la dénonciation intégriste actuelle des « sciences occidentales » et de ceux qui en seraient les vecteurs de diffusion, les intellectuels francophones. Cet autre argument d’arabiser l’encadrement sociétal ouvrit la porte de médersa à l’encontre de l’université considérée comme infiltrée par l’universalité où le développement s’affrontait à la personnalité nationale susceptible d’aliénation.

A l’époque de Boumediene, le catalyseur du socialisme fut un romantisme à nombreux étudiants avides de progrès et de justice sociale. Les milieux estudiantins adhérèrent au projet de gauche mais le personnel du parti « FLN » les proposait à la torture de la SM. Le démantèlement de l’UNEA (l’Union Nationale des Etudiants algérien) a vérifié ce que l’Etat voulait produire. Non pas des gestionnaires compétents techniquement, mais bien ceux ayant intériorisé les principes politiques pour gérer, pour le compte de l’Etat partisan, la société civile.

De l’idéologie Massaâdia-Mehri à l’inquisition envers le savoir « du Gharb » occidental.

Sous Chadli le parti unique devint l’alpha et l’oméga du pouvoir avec l’immuabilité du système monolithique qui a éclaté au visage de ses idéologues principaux : Mohamed-Chérif Messaâdia et Abdelhamid Mehri.

Ces deux défunts sont les chef d’orchestre idéologique du régime/système algérien, ils ont confectionné ensemble un certain article 120, connu des algériens. Le 1er est dit-on un paysananalphabète, parvenu à la politique par effraction. Et le second, ancien membre du second GPRA avait repris la direction du parti unique, après même la contestation d’octobre 1988, pour ne pas lui lâcher prise sur le pays.

Les membres du comité central négociaient les postes du gouvernement (Bouhara, Djeghaba, Goudjil, Belkhadem etc…) et devenaient ministres. D’autres pseudo-cadres du parti prenaient aussi des postes de députés. Le lit de la dénonciation intégriste actuelle des « sciences occidentales » et de ceux qui en seraient les vecteurs de diffusion, les intellectuels francophones, a trouvé ses sbires.

Depuis aussi et dans toutes les étapes, l’Algérie a disputé farouchement une démocratie permettant à l’entrepreneur d’exister et aux penseurs d’étayer leurs thèses pour mettre en coalition les forces vives dans l’édification nationale. Et enfin la machine éradicatrice de l’islamo-fascisme qui a causé quelques 200 000 victimes, 6000 intellectuels qui font le fleuron du pays et pas moins de 200 journalistes, le tour d’une université habitée de la bêtise d’une théologie irrationnelle avalisa le recours à l’ENA comme cheville ouvrière...

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De notre rédacteur : T O U R E T.

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