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Les autorités algériennes voient une menace avec la chute du prix du pétrole

La diversification énergétique, les initiatives face à la bureaucratie !

mercredi 24 décembre 2014
par Damien Djamel Bouch’Raf


La chute du prix du pétrole sur le marché mondial suscite un vaste et un sérieux débat en Algérie. Les Algériens sont divisés entre ceux qui soutiennent ce sérieux revers amoindrissant les revenus du pays, permettrait de limiter la marge de manœuvre des dirigeants refusant l’alternance démocratique, malgré leur mauvaise gestion. Et ceux qui voient une perte de l’aisance dont bénéficiait la population, avec une haute action sociale servant la stabilité politique qui sauve un régime loin de la volonté de sortie de cette unique ressource.

Voir en ligne : Notre dossier : pétrole, énergie, gaz...

Les réserves de pétrole connues en Algérie ont entamé leur stagnation, ce qui est globalement leur régression, en 2005. selon des données vérifiées par BP (British Petrolium (comme le montre le graphique à consulter). Donc c’est en plein second mandat du président Bouteflika que des puits ont cessé d’être découverts, seulement les prix ont été reluisants pour compenser le manque de volume. (Voici les données)

Le président Bouteflika vient d’ordonner au gouvernement d’exclure toute remise en cause de la politique d’investissements publics, celle-ci est habituellement le moteur de la croissance et de la création d’emplois. Ces deux objectifs n’ont jamais été atteints, puisque la rente pétrolière répond davantage aux besoins sociaux de la population des domaines de l’éducation, de l’enseignement de la formation, de la santé et du logement, qui restent dans leur ensemble péniblement en retard aussi.

Tous les pays producteurs de pétrole vivent l’actuelle baisse du prix comme une catastrophe, ceux dont les revenus ne sont pas diversifiés perdent jusqu’à 50% de leur rente habituelle. L’un des pays à ne pas admettre la récente dégradation des tarifs de l’énergie, l’Algérie. Sa dépendance à ce revenu unique angoisse tant les décideurs que la population.

L’attente du retour de la catastrophe rappelant les années 80, où le prix du baril vacillait entre 8 et 10$, qui ont été prélude à la crise, à ce jour n’a pas été pleinement surmontée. La-voilà dressée et surgie tel un imparable obstacle, avec l’engouffrement du pays dans une gouvernance restée approximative depuis que l’Algérie est indépendante.

Les réserves de pétrole et de gaz, découvertes dans les années 1950 et nationalisées en 1971, soit moins de 10 ans après l’indépendance, n’ont pas été un atout pour le développement. La plupart des Algériens vivent le long de la côte nord, alors que cette richesse se situe au Sahara du sud qui couvre bien plus de 80% du territoire nationale. Le pays fournit de grandes quantités de gaz naturel vers l’Europe, ces exportations d’énergie sont l’épine dorsale de son économie.

Le peuple constate la chute du prix du baril de l’or noir, les autorités paniquent...

Endémique la pauvreté reste très répandue. Son indicateur principal, le chômage a toujours été très élevé, particulièrement chez les jeunes. La corruption gouvernementale endémique et les normes de gestion dans les services publics sont également des sources chroniques d’insatisfaction populaire. Alors que les regards, après avoir été vissé pendant des siècles sur le patrimoine foncier agricole, attendent des ressources énergétiques toutes les solutions.

Depuis le printemps arabe, de grandes manifestations ont éclaté en Janvier 2011 sur des bases et revendications sociales, concernant les prix des produits alimentaires et le chômage, faisant deux personnes tuées dans des affrontements avec les forces de sécurité. Le gouvernement a promptement réagi en ordonnant des réductions du prix des denrées alimentaires de base, et a abrogé l’état de la loi d’urgence 1992. Mais finalement arrive, avec une brutalité anxiogène cette réduction des revenus globaux et uniques du pays.

Abdelaziz Bouteflika a tenu une réunion, mardi 23 décembre, pour rappeler qu’une « certaine marge de manœuvre », du fait d’un désendettement public anticipé, pouvant aider à faire face à l’actuelle crise du prix du pétrole, tout en montrant l’inquiétude qui traverse l’ensemble du pays. La « rationalisation » de la dépense publique, des importations et de la consommation interne d’énergie, furent ses paroles devant un conseil restreint et informel dont la composition n’a pas été révélée par la dépêche de l’APS (Algérie Presse Service).

Le marché pétrolier international perturbé ne garantit pas le train mené à ce jour par l’Algérie. Cependant « des réserves de change constituées, ainsi que de l’épargne publique accumulée au niveau du Fonds de régulation des recettes » , permet d’appréhender la crise que le pays redoute, pour l’expérimentation des années 80 qui a démontré que l’effondrement de l’abondance est périlleux désastre.

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