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Le 6 août à Tunis, Chokri Bélaïd repère face à l’enlisement



Les démocrates tunisiens en quête d’une riposte contre le naufrage du pays !


lundi 22 juillet 2013
par Damien Djamel Bouch’Raf


Chose peu couverte par les médias, elle mérite donc d’être dite. Sans avoir manqué un seul de tous les mercredis, les partisans du Front populaire de Tunisie se rassemblent devant le ministère de l’Intérieur pour une manifestation intitulée « Qui a tué Chokri ? ». Depuis ce crime, qu’il pleuve, vente ou neige, les membres de la famille du martyr, ses amis et collègues, ainsi que nombreux citoyens, se rendent à l’Avenue Habib Bourguiba, en inconditionnels protestataires.

Voir en ligne : Notre GRAND DOSSIER : Tunisie berceau du Printemps Arabe

Ces manifestants, scandent depuis des mois les slogans désignant, de plus en plus ouvertement ces derniers temps, le parti islamiste Ennahdha d’être responsable de cet assassinat. Le défunt a fait l’objet de nombreuses accusations, notamment de mécréance, de la part de dirigeants de ce parti. Histoire de commanditaires de cet assassinat, les nébuleuses se veulent sans identité ?

Rendez-vous est donné, le 6 août pour les démocrates tunisiens, afin d’exiger la vérité et les aboutissements de l’enquête sur la mort de l’homme politique Chokri Belaïd, assassiné il y a 6 mois. Alors qu’il est établi que ce crime a été commis par des éléments de la mouvance « salafiste » qui met à genoux la Tunisie. La société civile tunisienne compte, lors de cette manifestation, réitèrer ses craintes du laxisme de la justice et des résultats négatifs de missions revenant aux enquêteurs.

L’indépendance de la magistrature, du pouvoir islamiste d’Ennahdha, est mise à mal, en Tunisie, par plusieurs cas de dévoiement. Le procès d’Amina, des femens, qui reprend le 22 juillet, illustre les moult dérives qui ne cessent chaque jour qui passe de se multiplier. Les décisions sont visiblement trop clémentes avec le réel danger. Quand la jeune fille écope de plusieurs mois d’emprisonnement, les islamistes qui s’en sont pris à l’ambassade américaine à Tunis ont été relaxés.

La première a fait usage de manifestation paisible en exhibant son corps et les seconds c’est avec violence, comme celle qui recèle une criminalité qui menace le Monde, qu’ils ont exercé une expression connue pour faire des victimes sur la surface de la Terre. La Tunisie encore chancelante dans sa transition politique poussive et incertaine, vit le déséquilibre entre appareils et citoyens sur 2 plans :

- • 1- L’armée tente de juguler les violences, alors que la police et la justice montrent un certain relâchement, à la limite de la complicité.

- • 2- Les islamistes malmènent les laïcs, alors que ce point d’égalité entre administrés virulents et d’autres montrant de la civilité, fait le paradoxe de la transition.

Le redressement de l’Etat de droit !

Dès lors que les services d’ordre interdisent les tenues de baignade sur les plages à la gente féminine tunisienne, des questionnements viennent rappeler les forfaitures qui minent la république tunisienne et les droits liés à la citoyenneté. La police tunisienne exécute les intolérances propres à l’islamisme, portant une atteinte antagonique à la démocratie et aux libertés.

La manifestation du 6 août est perçue comme un jalon dans le redressement des institutions touchées par une déficience de leur indépendance vis-à-vis de l’autorité politique, notamment la justice. Si la police se doit d’être obéissante au ministère de tutelle, des affaires intérieures, la justice par contre se doit d’être impartiale avec une application équitable des lois. Or les apprentis terroristes sont libérés, pour semer la discorde...

Le Front Populaire, en coordination avec une coalition de la société civile dont plusieurs organisations, appellent à cette manifestation qui se tiendra à Tunis. D’abord un rassemblement à la mémoire de Chokri Belaïd, tant que la vérité sur ce crime reste à établir. Une déclaration du précédent ministre de l’intérieur, largement reproduite sur les médias, s’avère une criarde et odieuse affabulation.

L’enquête sur cet assassinat n’avance pas, malgré les pressions de la famille du défunt et de l’opinion publique, alors le fait a largement marqué l’opinion tunisienne. Cet appel émis en plein saison estivale constitue un test aux opposants des islamistes tunisiens, qui eux sont attendus sur la situation socio-économique de la population et du pays.

Alors que les milices défendant le pourvoir d’Ennahdha se multiplient, SUJET SUR LEQUEL NOUS REVIENDRONS, le patriotisme de Chokri Belaïd résonne, avec l’appel du 6 août, tel un sauvetage de la Tunisie. Un pays dont la fierté d’avoir été précurseur du printemps arabe et d’une laïcité harmonieuse sous Bourguiba, qui s’expose à la tyrannie du fanatisme…