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Les médias aidés par "Google Initiative" peu méritants.

Quelle formation au personnel des organes bien financés par des trusts ?

samedi 22 juillet 2023, par N.E. Tatem

Google a lancé en 2018, la Google Initiative, un projet ouvert pour aider les institutions de presse avec une collaboration apportant une aide financière dont l’enveloppe globale de plus de 300 millions de dollars. Le dessein de soutien à « un avenir plus solide pour les nouvelles » a promu la technologie. Mais les innovations connues du secteur mondialisé de l’édition de l’info se sont intronisées avec la popularisation d’Internet. Et des pratiques ont amélioré la qualité ainsi que la vocation du journalisme quand surgirent Julian Assange et son école WikiLeaks…

Google, devenu Alphabet Inc., puise ses résultats qu’il expose aux requêtes des internautes par son moteur de recherche, en indexant des pages Web, des sites Internet qui quêtent, eux aussi, des visiteurs. Il leur fournit de la pub payée selon l’accès qu’elle génère aux annonceurs. En matière d’actualité, il y a une recherche spécifique pour des faits qui tiennent en excitation la curiosité de l’auditoire. Produite par la presse, l’info est en éternel renouvellement et à l’ère numérique, son marché change de paradigmes.

Le service d’actualités de Google va payer les éditeurs.
4 juillet 2020

Quarante-trois organes de presse en Afrique et au Moyen-Orient ont reçu des subventions de Google News Initiative jusqu’en 2021, afin de les aider à réaliser leur transition aux modes et techniques numériques. Produire l’information et se doter de la viabilité économique à l’ère d’une presse en ligne, en phase d’adopter la gratuité, devait trouver les atouts technologiques supposés utiles à la rentabilité. Or, aider El-Jazzera qui croule sur d’énormes moyens financiers mérite d’être vérifié.

L’hypothétique vocation, d’un journalisme qui fournit l’intérêt social et répond aux besoins des populations, est réelle. Car en pratique, l’entreprise qui intéresse l’investisseur en quête de plus-values ne sert pas favorablement les lecteurs et auditeurs. Il faut se poser la question : est-ce que les éditeurs qui utilisent les médias pour les promotions de leurs actions politiques et intérêts économiques ont une éthique d’information sociétale ?

L’influence de Google News Initiative sur l’innovation technologique dans les médias Afrique et Moyen-Orient
Une étude, publiée en février 2023, des universités des Pays bas, Nigéria, Botswana, Brésil et France sur cette aide des médias en Afrique et au Moyen-Orient.

Google présumait que les organes de presse africains et du Moyen-Orient résolvent leur lourde difficulté de viabilité financière, exacerbées avec Internet où la simple recherche active le "browser" qui apporte moult versons de l’info. Et pour que le géant de la Silicon Valley fasse des innovations technologiques une aide intégrée aux modèles commerciaux du secteur des médias afin de les mettre sur la voie de la durabilité, il y a une autre génération de geek et d’informateurs comme Assange à prendre comme école.

Hélas ! les résultats ne sont pas bons. Une étude diffusée à ce sujet démontre l’échec de ce soutien… Les subventions octroyées couvraient un an d’activité, mais cela n’est pas concluant, les titres de presse surtout en ligne ne trouvent leur autonomie financière. Les rituels des aides conduisent les organes de presse, notamment les plus petits et les plus indépendants qui sont les moins dotés, à se concentrer sur quasiment les fonds fournis par ces institutions pour exister et mener leurs activités.

La prise de conscience de l’effondrement des ressources financières des médias, avec l’avènement du Web, est ressentie par les journalistes. Comme Google est largement alimenté par les articles de presse, le moteur de recherche a veillé à aider des organes de presse. Mais sa démarche a été celle où les titres généralement traditionnels, corporatistes et d’ailleurs aussi des entreprises financées par de riches entités ont pris ces soutiens inespérés à d’autres jugés sans envergure. Ceci d’une part…

La pub de Google aide la désinformation, mais pas les sites Web en anglais.
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D’autre part, l’étude affirme que ces subventions RNB peuvent entraver l’autonomie infrastructurelle et la capacité d’innovation des organes de presse en conduisant les salles de rédaction à "s’adapter sans cesse" aux besoins des entreprises technologiques comme Google. Ce qui est considéré comme biaisé, l’innovation journalistique serait réalisable uniquement grâce à des potentialités technologiques. Or c’est bien la mutation d’internet qui facilite l’accès aux lectorats et rend laborieuse la fuite, voire dangereuse, l’expression journalistique.

Que dit Bard ? La réponse du ChatIA (Intelligence artificielle) de Google à ce sujet.

Selon les chercheurs, l’initiative de Google a conduit que « les entreprises technologiques fixent les conditions » de l’innovation, « amenant les organes de presse à s’adapter sans cesse à leurs besoins ». Or des journalistes qui se respectent ne peuvent obéir à des injonctions, outre que la déontologie et l’éthique du métier d’informer. L’illusion d’une info brute et lavée de l’esprit de son auteur n’a jamais existé, peut-être que l’IA (Intelligence Artificielle) peut à l’avenir réaliser cette impartialité.

L’idée de Google, paraissant sincère, visait à aider l’industrie de l’information qui est étroitement liée à des apports et le soutien à la formation pour créer un journalisme numérique de qualité. Le programme s’articule autour de trois grands objectifs. Premièrement, le RNB a cherché à élever et à renforcer journalisme de qualité. Deuxièmement, il a cherché à faire évoluer le journalisme Enfin, l’initiative visait à habiliter les organisations de presse par l’innovation technologique.

Mais les difficultés auxquelles sont confrontés les médias ne sont l’adoption de la technologie brute, déshumanisée et intransigeante sur ses propres que sur les règles de servir le public d’idées, de plaisirs et d’infos utiles. Comme ils ne sont pas prêts d’adopter un contrôle, d’où la réticence à changer les normes et procédures des salles de rédaction, en craignant l’incapacité de mobiliser les ressources pour des révisions majeures et la phobie de licenciements ou compressions, surviennent du changement radical.

Le journalisme, au service de la société humaine qui attendant de l’érudition des salles de rédaction la plaisance culturelle, le savoir utile et l’idée pertinente à ses diverses activités, s’est obligé de faire le même sensationnel. Il révèle plus que jamais les vices et les tares des politiques nauséabondes, tout ça pour ne pas faillir à sa mission à l’éthique prisonnière de conscience professionnelle.

Fallait-il aider les structures qui se sont trouvées désarmées devant l’info visible sur le Web, alors qu’elles appartiennent à des trusts et des investisseurs aux finances fastidieuses ? Google devait songer à armer la presse par les technologies qui lui assurent la santé économique, cette dernière relève encore et à jamais des portefeuilles des banques.

Carte des pays bénéficiaires de Google-Initiative, les couleurs foncées pour les budgets forts.
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