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Nawal Benaissa, égérie du mouvement Hirak au Maroc harcelée par la justice

Une condamnation pour réduire au silence le militantisme populaire luttant contre la pauvreté.

jeudi 18 octobre 2018
par Gros Emile


Elle était parmi les premières au sein du mouvement "Hirak" au Maroc. Nawal Benaissa a protesté aux côtés de Nasser Zafzafi, leader du mouvement du Rif, sur lequel nous avons publié un sujet. Ce dernier a écopé, le 26 juin dernier, une lourde peine de 20 ans de prison ferme. Le harcèlement judiciaire des militants d’Al-Hoceima au Maroc qui tiennent allumé le flambeau des revendications sociales, consiste à réprimer un combat juste...

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Nawal Benaissa, âgée de 37 ans, est mère de 4 enfants. Elle a pris conscience des conditions de vie de sa communauté, largement oubliée du faste de palais. Elle sortit de son domicile pour manifester afin de changer, pour l’avenir même de ses gosses, les choses. Et s’est trouvée proie à la répression sans scrupules, d’une monarchie comme toutes les autres arnaqueuses et maléfiques.

La nouvelle égérie du mouvement contestataire « Hirak », Nawal Benaissa, a été induite, encore une fois, en justice suite à l’appel d’instance n’ayant rien eu à condamner auparavant. Le soutien à un mouvement populaire largement appuyé par les jeunes de tout le Maroc est-il un crime ? Depuis le début de sa présence dans le mouvement « Hirak », elle a été victime d’incessants actes d’intimidation, mais elle résiste.

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Il y a exactement 2 années, dans le nord du pays Mouhcine Fikri, un poissonnier, a été écrasé par un camion poubelle en octobre 2016. Il ne s’agissait pas d’une bousculade qui mal tourné. Vivant de subsistance, comme nombreux pauvres de cette région délaissée, il tentait de récupérer le poisson qu’il vendait et qui lui a été confisqué par les autorités.

Sa mort est devenue inacceptable à nombreux jeunes et devint le prétexte aux manifestations socio-économiques connues sous l’acronyme « Hirak ». En août 2017, le manifestant Imad El-Attabi est décédé des suites de blessures de la tête qu’il a subies, lors de manifestations à Al-Hoceima du mois juillet. Pour les vivants et encore actifs les intimidations, comme la poursuite en justice de cette militante, la recherche de criminaliser des revendications légitimes est exercée par des juges.

De mai à juillet 2017, les forces de sécurité marocaines ont arrêté et poursuivi plusieurs manifestants, quelques 400 personnes dont des dizaines d’enfants. Les défenseurs des droits humains, comme Nawal ou l’avocat de Hirak, Abdessadak El Bouchattaoui, ont été condamnés à l’issue de procès, loin de respecter les normes internationales d’équité.

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La déclaration de culpabilité de Benaissa Nawal provient d’une justice qui tient à l’expression sur facebook. Un post datant de plus d’un an, entre juin et août 2017 fut le prétexte. Les formules de Nawal dégagent l’esprit de révolution, à l’instar de la raison même du mouvement « Hirak ». Elle avait glané quelques 80 000 adhérents à sa page du premier réseau social, avant que celle-ci n’ait été retirée à la demande des autorités, selon nombreux journalistes.

Jugée ce jeudi 18 octobre 2018, la cours d’appel a reporté le procès au 20 novembre. Le 15 février dernier, elle fut condamnée à 10 ans prison et une amende de 500 dirhams (46 euros) pour avoir pris part à manifestation non autorisée. Mais on y rajoute insulte d’agents de la force publique et incitation à infractions. Arrêtée quatre fois l’année dernière, mais laissée en liberté en attendant son procès.

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