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Générateurs d’appoint pour les pannes d’électricité en Algérie.

Le gaz au secours de l’électricité.

lundi 11 août 2014
par Damien Djamel Bouch’Raf


Lors des grandes pannes électriques qui touchent les zones urbaines, les Algériens ne comprenaient pas que leur pays qui compte parmi les puissances énergétiques du Monde, puisse être dans l’incapacité de produire suffisamment d’électricité. Notamment pendant l’été où le fort usage de climatisation et de réfrigération, largement répandus ces années, cause de véritables crises et mettaient en danger la vie des malades utilisant des dispositifs de survie ainsi que la conservation de la nourriture.

Les autorités étaient acculées pour résoudre de telles situations, en renforçant les circuits et en augmentant les capacités des équipements et en songeant à changer les transformateurs ou autres tables de dispatching. Cette solution constitue d’énormes chantiers de remplacement tant des câbles conducteurs que des points de connexion et de relais. Donc toutes les installations d’acheminement sont devenues obsolètes, au regard de la démographie et des moyens qu’elle utilise quotidiennement.

La demande de ce type d’énergie, destinée aux foyers et aux activités, devrait atteindre 24GW en 2017. L’augmentation est de 14% par an. Des besoins de plus en significatifs et gigantesques qui ne cessent d’exploser. Les capacités de production pour répondre à cette exigence de bien-être, fait la même pression sur les autorités que celles que provoquent les hausses subites des prix de première nécessité, comme en 2011, alors que le printemps donnait le ton aux séditions régionales…

Un équipement sur remorque répond aux urgences ponctuelles pour SONELGAZ

Plusieurs solutions ont été préconisées, mais la difficulté est tellement gigantesque qu’un complément, aux infrastructures existantes, a été pensé. Ce qui a été donc retenu c’est l’acquisition de générateurs d’électricité pouvant être utilisés en cas de crises et des fortes tensions. Il s’agit de huit « turbine-alternateurs » montées sur remorque acquises pendant cet été 2014, alors que la saison de la forte demande du fait de la climatisation, tire à sa fin.

C’est le premier projet de moteur à gaz « Jenbacher » dans le pays, pour un contrat de 161 millions de $. Ils ont été acquis chez General Electric Power qui est l’un des plus anciens conglomérats américano-canadiens (fondé en 1892) et parmi les grands symboles de Wall-Street. Il a été, jusqu’en 2005, la seconde capitalisation de la place boursière new-yorkaise. Il fournit des gros équipements pour la production, le transport et la distribution d’électricité, possédant plus de 30 filiales et fournissant environ 150 pays dans le Monde.

Il y a 2 ou 3 années, l’Algérie a déjà acquis un générateur d’1 mégawatt (MW) du modèle « Jenbacher J320 ». C’était la première commande algérienne de moteurs à gaz naturel. Ce modèle n’est pas installé sur remorque, il a été destiné à une usine de plastique de la ville d’Oran. Appelé « Plastpaper » il garantit l’approvisionnement stable en électricité, il prévient les interruptions de réseau pouvant affecter les activités de l’usine.

D’après une déclaration de Lorraine Bolsinger, PDG de GE Pouvoir Distributed Power & Water, le modèle « TM2500 » dont l’Algérie vient d’acquérir les 8 moteurs, est le meilleur de sa classe. L’efficacité et la flexibilité des turbines à gaz dérivant en réacteurs démontreront que la technologie d’alimentation peut aider à assurer la disponibilité de l’électricité auprès des places qui en sont au besoin. Il convient aux clients municipaux et industriels, comme il peut être déployé dans toute l’Algérie.

Le gaz algérien, une ressource de plus en plus prospectée malgré les retards des dernières décennies.

Pendant les années 60, c’étaient les agrumes et les produits du vignoble qui procuraient les principales devises. Elles devançaient aussi l’émigration où regardaient nombreuses familles algériennes. L’avènement, ce que nombreux experts désignent par « la malédiction du pétrole » quand Boumediene nationalisa la faramineuse richesse du sous-sol, les revenus de l’énergie sont carrément devenus les premiers et dès 1972, à eux seuls jusqu’à 10 fois le patrimoine de l’ère coloniale. Ce qui insufflera la modernisation économique...

Dès lors que Boumediene ordonna la nationalisation des hydrocarbures, le 24 février 1971, l’Algérie est devenue un pays énergétique par excellence. De part son faste, le pétrole devint la seule ressource du pays, amoindrissant, pour ne pas dire effaçant, les autres existant depuis des millénaires. Avec l’explosion démographique conjuguée à la modernisation des équipements ménagers lors, la consommation d’électricité est des plus explosifs des besoins.

Le raïs parlait de révolution industrielle, à côté de la culturelle et l’agraire, mais aucune n’a réellement fait atteindre le pays à une émergence économique. Un développement harmonieux et irréversible, basés sur revenus énergétiques, éphémères, ont écrasé définitivement les activités agricoles qui pourtant, depuis des millénaires, avaient gardé leur performance.

Dès la mort de Boumediene en 1979, des réformes ont ouvert, pendant les années 80, ce qui était désigné par les acquis, à la prédation économique et à la dilapidation. Ce fut par l’accaparement des biens immobiliers relevant du secteur public, notamment les patrimoines, appelés auparavant propriétés vacantes, quand elles ont été abandonnées lors du départ des colons à l’indépendance. Puis, ces véritables crimes économiques annoncèrent ce qui est le grand virage à droite, suppléant la consommation à l’équipement ou l’édification.

L’Algérie s’est hissée à dominer le marché du gaz en Afrique, en étant l’un des premiers investisseur pour la réinjection et l’exploitation de ce qui étaient des torches en flammes au niveau des puits de pétrole. Mais surtout elle a concentré ses actions économiques sur ce qui est devenu sa principale ressource, l’énergie. L’exigence de la vie moderne a pour lanceur et vecteur les substances énergétiques.

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