POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Karim Wasfi musicien en lutte contre la barbarie en Irak



Le violoncelliste de Bagdad sur les décombres des attentats


mardi 9 août 2016
par Azouz Benhocine


Quand Karim Wasfi arrive sur les lieux d’un attentat dans la capitale irakienne, il se saisit d’une chaise, d’une caisse, d’un bidon ou tout autre objet qui traîne parmi les décombres et s’assoit. Il ouvre son étui au cuir vieilli, sort son violoncelle et l’archet puis commence à jouer, alors que l’on ramasse les débris, on nettoie et on compte les victimes. De tout cœur, son engagement pour combattre le terrorisme qui frappe son pays à la dense histoire culturelle, y compris la contemporaine. À la barbarie déchaînée depuis des années, il résiste par la non-violence...

Voir en ligne : Notre dossier : IRAK

L’ONSI (Orchestre National symphonique d’Irak) est la plus ancienne formation du genre dans le monde arabe. Il est actuellement dirigé par Karim Wasfi. Cet ensemble, de 126 personnes, joue de la musique classique universelle qui est largement occidentale. Comme il a aussi produit, tout au long de son existence des pièces et morceaux de différentes époques ainsi que des écritures de compositeurs irakiens.


- Le Daesh en Irak recule et se mêle aux populations 28 novembre 2015

Wasfi Karim, mérite que Populi-Scoop vous fasse son portrait, comme nous l’avons pour Abou-Azraël ou Pépé Mujica. Ce violoncelliste irakien, a rejoint l’ONSI dès l’âge de 12 ans, quand il gagnait déjà quelques 700 dollars par semaine selon le magazine Forbes. Et puis à 20 ans, accompagnant sa mère, il avait enseigné au conservatoire du Caire, la capital égyptienne.

Ce musicien de renom, mène dans le désastre de la guerre sectaire et le bercail même du Daesh (#ISIS ou Etat Islamique) une présence d’artiste digne d’être relatée. A chaque attentat qui déchire Bagdad et ses banlieues, il s’installe parmi les décombres et sur le lieu de la catastrophe puis joue aux passants et cureiux. Une manière d’affronter les terroristes et de redonner espoir à la population d’une ville qui a abrité une large et multiséculaire culture artistique.


- Le rapport Chilcot accable Tony Blair mais pas l’illégalité de la guerre en Irak 7 juillet 2016

Il avait une carrière de musicien promise aux Etats-Unis jusqu’à 2003, mais a décidé de revenir à son pays d’origine dès 2006, rejoignant l’ONSI pour le codiriger dans un premier temps. La création de l’ONSI remonte à 1948, avec la présence de musiciens du bloc de l’Est européen, notamment les russes qui ont été à l’origine de la formation en violoncelliste de Wasfi Karim dès l’âge de six ans. Souvent il est comparé au légendaire Rosropovicth.

Wasfi avait commencé à travailler aux Etats-Unis, après ses études terminées en l’an 2000, obtenant une maîtrise de musique auprès de l’Université de Bloomington, où il a suivi aussi une chaire en science politique, en Indiana aux USA. Il a exercé quelques mois, puis a décidé de revenir à son pays d’origine en 2003, alors qu’explosait l’islamo-terrorisme.


- Ramadi, en Irak, reprise après 6 mois de joug fanatisé... 22 décembre 2015

Actuellement composé de 126 membres, l’Orchestre symphonique national irakien a toujours été confronté à des difficultés, en raison des conditions politiques et sociales instables du pays ett ce pendant plusieurs décennies. Toujours investi dans la musique européenne principalement classique, il est unique avec des compositions originales de musique classique universelle d’influence arabe. Ses membres sont à l’image de la diversité irakienne chiites, sunnites, kurdes dont 5 femmes...

Répondre à cet article