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L’Iran en phase finale de levée de l’embargo des occidentaux



Le vote du Majliss, 26 février prochain, sur l’accord nucléaire est le dernier point


samedi 16 janvier 2016
par Hugo Mastréo


L’Iran continue de se débarrasser de l’embargo que lui infligeaient les Etats-Unis et l’ensemble des grandes économies d’Europe, pour le contrôle de son programme nucléaire. Un peu plus de 100 milliards de dollars sont bloqués dans des banques étrangères, notamment des pays occidentaux, sont sur le point d’être mis à la disposition des iraniens, d’une part. De l’autre, le dégèle diplomatique avec l’ONU, l’Europe et les Etats-Unis a fait de grands pas…

Voir en ligne : Notre dossier : IRAN


Arrestation de marins américains par L’iran par Populi-Scoop
2 embarcations de la marine américaine... par Populi-Scoop

L’Iran est la 18ème plus grande économie du monde. Sa population de 80 millions est bien éduquée, selon nombreux constats. Ses réserves de pétrole et de gaz sont aussi énormes. La bourse de Téhéran est le deuxième plus grande au Moyen-Orient, avec une capitalisation boursière d’environ 150 milliards $, selon Turquoise Partners, le premier fonds d’investissement étranger dédié à l’Iran. Son entrée dans les conflits régionaux et la scène diplomatique internationale, le place parmi les puissances d’avenir, malgré un déficit des libertés desquelles nul ne s’en préoccupe.


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Le 12 janvier, l’incident des deux embarcations maritimes américaines de l’armée américaine, entrées par erreur dans une zone de base navale iranienne et saisies par les gardiens de la révolution, a été vite résolu. Les bateaux et les marins ont été libérés le lendemain. Une réactivité que les autorités iraniennes ont démontrée vis-à-vis des Etats-Unis, de nouvelles relations sur lesquelles ils comptent pour devancer l’Arabie Saoudite, devenue leur principal rival dans la région du Golf.

Le retour de l’Iran dans la scène diplomatique internationale a aussi pour impact la chute des prix du pétrole dont souffrent l’Arabie Saoudite, la Russie et l’Algérie pour ne citer des pays qui vivent une plongée de leur rente énergétique. L’Iran montre du respect à toutes ses obligations et fait le démantèlement des parties de son programme nucléaire qui montre de ne pas être en mesure de construire une bombe. Toutes les sanctions liées au nucléaire, y compris le gel de 100 milliards $ d’actifs iraniens, seront levées.

L’économie iranienne se prépare à décoller, mais la chute des prix du pétrole est difficile à freiner.

Les accords iraniens sur le nucléaire négociés en Europe sont soumis au vote du Parlement, le Majlis, qui est chargé de le ratifier. Même ici, l’approbation des élus n’est pas facile, pourtant elle permet au pays de sortir de l’isolement. Il permet aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, d’être en mesure d’accéder aux matières, aux sites et au-delà même installations nucléaires déclarées ou connues.

Un certain suivi de l’agence onusienne est déjà en place. L’Iran est sur point d’achever le retrait de quelques 14.000 centrifugeuses d’enrichissement d’uranium de l’ensemble de ses équipements de l’industrie nucléaire. Le cœur du réacteur à eau lourde situé à Arak, qui avait acquis le potentiel technologique pour produire du plutonium, aurait été enlevé depuis le 11 Janvier 2016 et est rempli de béton selon diverses sources de médias occidentaux exploitant des rapports de l’ONU.


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Le pays des Mollahs ne cesse de montrer qu’il se plie aux exigences des inspections. Les experts de la prolifération nucléaire ont été surpris de la rapidité avec laquelle l’Iran a agi dernièrement. La plupart des stocks de l’Iran de l’uranium faiblement enrichi a été envoyé à la Russie et au Kazakhstan à la fin de Décembre. Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Mohammad Javad Zarif et Ali Akbar Salehi le dirigeant de l’organisation iranienne de l’énergie atomique, ont paru déterminé à lever tous les obstacles.

Les lignes rouges tracées par le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, pour faire le travail, sont même dépassées. Cet empressement vise à être à l’heure pour le 26 février, date du vote du Majliss. Le président Hassan Rohani n’a cessé de donner des preuves que sa politique d’engagement avec l’Occident, pour mettre fin à la crise qui a mis l’économie de l’Iran en grandes difficultés, frisant la ruine. Il a exhorté les électeurs pour soutenir les candidats modérés qui le soutiennent et à affaiblir les factions extrémistes qui sont opposées aux négociations.

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