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Les actes des grandes économies qui font vraiment la dé-dollarisation. - 2ème PARTIE.

Le dinar irakien sert dans certaines transactions du voisin (l’Iran) dont les activités partagées se font avec d’autres monnaies.

dimanche 6 janvier 2019
par Gros Emile


Nous reprenons dans la suite de notre précédent article sur la dé-dollarisation. Exactement ce qui est fait par les principales économies du Monde quand elles sont impactées par les sanctions américaines et occidentales contre l’Iran ou la Russie, n’est pas quantifiable actuellement. Il a un effet sur l’avenir, à moyenne et longue échéance. D’ailleurs les études fournies à cet égard sont tellement rares. Et les médias corporatistes et traditionnels refusent de traiter d’un tel sujet, de l’abandon de la monnaie américaine dans certains marchés. Ce qui préfigure une certaine opacité. Y compris pour trouver des données en chiffres reste inaccessible !

Voir en ligne : Notre précédent article : Dé-dollarisation, le bilan de 2018 quand les médias cachent ou disent rien n’a été fait !


- 1- La Chine : La seconde économie du Monde qui revient à la Chine, n’est pas pour l’acceptation stoïque de la situation de sanctions et même d’emprisonnement de ses ressortissants, comme dernièrement avec la fille de Huawei arrêtée au Canada pour le compte de la justice des Etats-Unis. Ces agressives attaques dans la guerre commerciale que le président américain actuel assume plus ouvertement que selon le cynisme en vigueur par le passé, Washington s’est trouvée assujettie à une véritable riposte emportant avec elle son voisin du nord.

Dans le style de soft power de Beijing, le gouvernement chinois n’a fait aucune annonce de manière à intéresser le Monde sur cette question. Cependant, la Banque populaire de Chine a régulièrement réduit la part du pays dans les bons du Trésor américains. Toujours premier détenteur étranger de la dette souveraine américaine, la Chine a ramené sa part au plus bas niveau depuis mai 2017.

- 2- L’Inde : La course entre l’Inde et la Chine est carrément en plein match. Ces deux grandes nations quittent le dollar facilement. Dès que la contrainte les oblige, ils s’exécutent. Pour son classement de sixième puissance économique au rang mondial, l’Inde est regardé comme l’un des plus gros importateurs de marchandises. Donc ces paiements en dollar sont volumineux. Par ailleurs il n’est pas surprenant que ce pays soit directement touché par la plupart des conflits géopolitiques mondiaux. Des sanctions appliquées à ses partenaires commerciaux l’affectent aussi de manière significative.

Cette année, Delhi a opté pour le paiement en roubles des fournitures des systèmes de défense antiaériens russes S-400, décision née suite aux sanctions économiques imposées par les États-Unis à l’encontre de Moscou. Le pays a également dû passer à la roupie dans ses achats de brut iranien, après le rétablissement des sanctions par Washington contre Téhéran. En décembre, l’Inde et les Émirats arabes unis ont signé un accord d’échange de devises destiné à stimuler les échanges et les investissements sans faire intervenir une troisième devise.

- 3- La Turquie : Contrairement à ce que distille la propagande islamiste, la Turquie était entre 15è et 20è puissance économie du Monde, avant le réveil des pays émergents et la chute du mur de Berlin. Elle est bien au-delà de la 20è place actuellement, néanmoins sa position géographique lui offre, depuis des millénaires, un attrait inégalé. Et ses dirigeants actuels sont bien ambitieux que ceux qu’ils ont remplacé. C’est même parmi les 1ers rêves du nationalisme des islamistes turcs.

Malgré la perte de la Lire de la moitié de sa valeur, par rapport au billet vert, en 2018 exacerbant l’inflation des prix des biens et des services, la tentation, d’abandonner le dollar, est motivée par la volonté de soutenir la monnaie nationale, en vue d’une vision mondiale ou moins régionale. Recep Tayyip Erdogan a annoncé, publiquement, son intention de mettre fin au monopole du dollar américain, pour, disait-il, une monnaie commune avec la Chine, l’Iran, l’Inde et la Russie.

L’économie turque a sombré, après que Washington eut imposé des sanctions économiques à cause de l’arrestation du pasteur évangélique américain Andrew Brunson, pour terrorisme, parce qu’il avait soutenu le dernier soulèvement contre le régime. Erdogan, décidant d’acheter des systèmes de missiles russes S-400, a ravivé l’hostilité américaine. Ce qui a été critiqué par Ankara, alors que tombaient des sanctions de Washington. Depuis 2016, le coup d’État manqué dans le pays, les relations ont été détériorées, quand les USA hébergent le clerc en exil Fethullah Gulen.

- 4- l’Iran : Après avoir remporté l’élection présidentielle américaine en fin d’année 2016, Donald Trump a choisi de se retirer de l’accord sur le nucléaire signé une année auparavant entre Téhéran et le groupe de pays, composé du Royaume-Uni, des États-Unis, de France, d’Allemagne, de Russie, de Chine et d’UE. Ce qui écourté le retour triomphant de l’Iran sur la scène commerciale mondiale.

C’est certainement le pays qui recherche une alternative au dollar. La richesse en pétrole est la principale cible des sanctions plus sévères reprises par Washington, qui menacent également de frapper pénalement tout pays qui violerait l’embargo repris plus vigoureusement. Les mesures punitives ont interdit les accords commerciaux avec la République islamique s’impriment fortement sur l’industrie pétrolière du pays.

L’Iran a signé un accord sur ses ventes pétrolières avec l’Inde en utilisant la roupie indienne. Aussi un accord de troc avec l’Irak voisin pour tous autres échanges. Les partenaires de l’Iran prévoient d’utiliser le dinar irakien pour des transactions mutuelles afin de réduire le recours au dollar américain face aux problèmes bancaires liés aux sanctions imposées par les États-Unis.

- 5- La Russie : Par le passé l’un des dix plus grands détenteurs de la dette souveraine américaine, était la Russie, ce qui peut étonner ! C’est ce qui fait que les Russes, avec l’espoir de contrôler le diable, n’ont jamais appelé à restreindre les transactions en dollars ou à interdire l’utilisation de la devise américaine. La rente pétrolière de Moscou a été utilisé pour influencer « l’ennemi-intime », mais la meilleure façon était arrivée autrement, en installant Trump à la Maison Blanche. Alors Moscou a pratiquement éliminé ses avoirs en bons du Trésor américain, ce qui lui sert d’augmenter ses réserves d’or servant à stabiliser le rouble.

A plusieurs reprises Poutine a remarqué que les USA « … sapent la confiance dans le dollar. » La Russie planche maintenant pour, encore continuer, abandonner ses avoirs en obligations du Trésor américain. Des actifs plus sûrs, tels que le rouble, l’euro et les métaux précieux, sont plus attractifs, d’après, des propos récents du ministre russe des Finances, Anton Siluanov.

La Russie a des plus fines stratégies en la matière. Elle a déjà pris plusieurs mesures pour réduire la présence du dollar dans son économie, la charge sans cesse croissante des sanctions introduites depuis 2014 est son principal casse-tête. Le pays a mis au point son propre système de paiement national à la place du SWIFT, Visa et Mastercard, que les États-Unis ont préconisé d’utiliser dans de nouvelles sanctions plus sévères visant le système financier russe.

Notre précédent article : Dé-dollarisation, le bilan de 2018 quand les médias cachent ou disent rien n’a été fait !

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