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"Derdja" parmi les langues de l’apriorisme qui détraque la cohésion en Algérie

Les élites, déchirées entre survie ou subversion, victimes d’un désordre

 

lundi 21 août 2017, par N.E. Tatem

Un triptyque linguistique s’est substitué à l’ancienne dualité exacerbée entre francophones et arabophones en Algérie. « Tamazyght » est constitutionnellement citée, donc sa reconnaissance tacite. Pour la plupart des pays, cette question "de la politique linguistique" ne se pose pas. La marmaille algérienne est livrée, dès lors de son premier jour d’école, à un déchirement quand, on lui impose un standard de l’arabe fixée comme langue de l’Etat. L’un des chocs par où commence une série de chaos de la représentation du savoir à travers son support approprié ainsi qu’un désagrément identitaire !

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie.

L’année dernière, avec une nouvelle version de la constitution, le berbère désigné comme idiome parlé par un peu plus du quart des Algériens, a été admis comme segment de l’identité lexicographique nationale. Au total quelques six dialectes existent dans le pays, alors on ne s’entend point lequel enseigner dans le système éducatif public qui fait socle commun en matière d’enseignement budgétisé par la république. Alors qu’on différencie structurellement plusieurs différentes intonations du berbère et des "parlés" régionaux.

La ministre de l’éducation, Nouria Benghebrit qui dérange la vieille garde embusquée derrière à la fois le double paravent de la langue et de la religion, préconise l’introduction d’une quatrième langue dans les programmes de l’école algérienne : la Darija. Certains, comme les artistes et quelques intellectuels, croient que cette normalité séchait les pupitres des élèves. D’autres, comme les conservateurs liés aux traditions désuètes, c’est une offense aux pseudos valeurs que la protection d’Allah assurait au nom des musulmans.

L’élite francophone d’Algérie, accusée d’être attachée au jargon de ses anciens maîtres de la colonisation, dont une partie a préféré quitter le pays pour mieux respirer sous des cieux moins pollués par la médiocrité, résiste. Sa dernière dénonciation est la généralisation de l’usage de la langue arabe au sein du circuit de la poste algérienne, mais aussi c’est cette catégorie qu’on redoute pour les différentes influences qu’elle a sein de plusieurs secteurs de l’économie et de la création en général.

Le dialecte le plus usité en Algérie, communément la « derdja » fusionne principalement les trois autres langues (arabe, français et berbère) a, pour les scientifiques, une origine punique. Elle constitue le langage maternel pour la plupart des Algériens, seuls les berbères se trouvent exposés à des paroles de « Tamazyghte » lors de leurs premiers balbutiements. Cette audacieuse initiative d’une ministre qui suscite l’ire des cercles réactionnaires trouve de l’écho, mais loin s’en faut la panne de la société civile endigue nombreux projets pouvant être derrière une synergie progressiste.

Un nombre croissant d’anglophiles veulent effacer l’ardoise, nettoyer avec l’anglais ce qui est souvent désigné par les subsistances culturelles du passé coloniale. Même minoritaires, ils espèrent, avec l’internalisation des concepts que les anglicismes amènent dans les usages quotidiens. Et de quoi trouver la facilitation des échanges universels pouvant ouvrir le pays sur d’autres peuples, comme par le tourisme.

Le problème des arabophones aussi fanatiques que rapprochés d’une certaine violence, ont le choix du cœur et du sentiment d’identité comme mobile. Au temps de l’occupation, les Français ont interdit l’arabe à l’école primaire, quand le pays était soumis, le rejetant comme une langue arriérée. Après l’indépendance en 1962, les nationalistes ont poussé l’arabisation. Ils se sont justifiés par les 132 années d’endoctrinement au français.

Puis des milliers d’enseignants et de bureaucrates d’Egypte et de Syrie ont rempli les postes laissés vacants par les enseignants français en 1962 et qui, d’ailleurs, n’étaient éducateurs que pour une minorité. L’arrivée des moyen-orientaux a, de son côté, déclenché un contrecoup. Les plus nombreux et déjà formés en français ont été massivement exclus. Cette fois la domination arabe a pris la forme d’un virage périlleux, faisant des nuits noires pour une intelligence qui existait déjà.

Les mouvements linguistiques les plus récents ont été indigènes. Si pour le berbère la place publique a été occupée et des militants de cette cause ont été emprisonnés, pour la langue vernaculaire la plus répandue, uniquement les arts tenaient tête, avec insolence mais sans orientation. Les arguments de la guerre linguistique sont présents dans les universités et au-delà. Les étudiants de premier cycle d’Algérie étudient la loi, la politique et la religion en arabe, mais à peu près tout le reste en français…

En Algérie il y a une incohérence flagrante que certains analystes, trop optimistes pour laisser l’état des choses dans son entrain, caractérisent ouvertement, ce désordre, en une richesse qui débouchera sur une merveille. Les procédures judiciaires, les bulletins d’information et les sermons du vendredi sont en arabe. Les nouveaux Sitcoms du Web, quant à eux, préfèrent davantage la Darija, ce qui aussi est une création culturelle où ne manquent ni la diversité des designs, ni la fertilité des dialogues sociétaux exprimés telle une résistance.

Mais les séances dans les activités du secteur privé et des cultures innovantes sont principalement en français, tout comme les réunions d’affaires et les salons littéraires. Les ministres, y compris Mme Benghebrit, semblent incapables de compléter une phrase en arabe approprié. Désespérément le besoin de la paix linguistique, n’a pas lieu. La confrontation entre islamistes et "laïcistes" est souvent à couteaux tirés. Qui a tué au moins 100 000 personnes ? Est la question qui reflète le résultat de la fatalité linguistique, avec sa plénitude qu’on ne parle pas la même langue...

Les pédagogues affirment que les Algériens sont devenus des véritables cobayes de toutes les langues. Mais ils ne maîtrisent aucune. Ce qui inquiète du fait que le mélange est un retard, impactant l’Algérie qui pivote vers le nord ou l’Orient. Les victimes de la politique linguistique a miné la capacité d’expression des jeunes. Certains se demandent si la frustration sur le langage est à l’origine de la violence croissante contre les conférenciers dans les universités et plus récemment contre le personnel médical comme les médecins et les infirmiers ?

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