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Au Bangladesh, l’élection de la « mère de l’humanité », pour l’accueil des Rohingyas, est contestée

Cheikh Hasina Wazed, une femme au parcours haletant et à l’autorité difficilement légitimée

lundi 7 janvier 2019
par Hugo Mastréo


Issu de la partition, au sein du "Dominion" du Pakistan, sortie de l’Inde en 1947, le Bangladesh a toujours vécu les troubles politiques. Depuis son apparition distinctement, de la nation regroupée et sorti du pays de Gandhi pour sa religion l’islam, en 1971, l’évolution de ce pays, à la fois grand et petit, va "cahin-caha". A l’instar des pays libérés de la domination coloniale, au moins quatre coups d’État dans les années jalonnent son Histoire contemporaine. Aujourd’hui une dame, Hasina, sera assermentée, à 15h30 09h30 GMT, comme 1er ministre après des élections contestées...

Ces zones autarciques, presque inexplorées et reculées du Monde, pourtant de 170 millions d’habitants et subissant l’une des vagues migratoires les plus médiatisées, des Rohingyas, le Bengladesh a, pour la 4ème fois, opté pour la même femme au poste de Premier ministre. Cheikh Hasina a eu une victoire électorale écrasante, entachée de violences meurtrières et de revendications fortement exprimées pour des trucages, des violences et diverses autres malversations.

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Âgée de 71 ans, elle est dite mère de l’humanité pour sa défense des réfugiés venus de Birmanie avec laquelle son pays a une petite frontière. Plébiscitée le 30 décembre 2018, pour une croissance économique record, entre 5 et 7% avec celle du PIB de 7 à 8%, dans ce pays enclavé au sud de l’Asie. La femme, à la carrière politique longue et haletante, promet un essor à 2 chiffres lors des prochaines années. Et l’entrain actuel, conjugué à un apport de la diaspora, ne la dément pas.

Elle a déjà un parcours qui parle. Revenu de l’exil en 1981, elle a commencé sa carrière politique en tant que héros du peuple, pour prendre la direction de la Ligue Awami et mena une longue lutte pour rétablir la démocratie. Elle vivait depuis août 1975 à l’étranger, lorsqu’un groupe d’officiers militaires putschistes ont assassiné son père, le premier président du Bangladesh, Cheikh Mujibur Rahman, son épouse et ses trois fils.

Hasina a été élue première ministre en 1996, mais elle a eu du mal à sortir de l’ombre de son père. Après son premier mandat qu’elle perd en 2001, elle est éclipsée. Puis elle est revenue au pouvoir, après avoir remporté les élections de décembre 2008. Quelques mois seulement après avoir été emprisonnée par un gouvernement soutenu par l’armée sous des accusations de corruption, sa victoire a depuis n’a pas été freinée depuis.

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La victoire de son parti, la « Ligue Awami » tendance socialiste, déjà au pouvoir, fondé par son père, se mesure aux 288 sièges obtenus sur les 300 du Parlement. Ce qui laisse seulement sept postes pour la principale opposition et 5 indépendants. C’est le cas de pays s’adonnant à l’expérience démocratique d’une manière peu stabilisée et encline à se produire avec la paix sociale pour que se constituent et s’expriment les groupes politiques. Avec un cabinet gouvernemental de 47 membres, comprenant de nombreux nouveaux visages, selon l’AFP.

L’opposition présume de boycotter la cérémonie de prestation de serment, prévue ce jour de début de semaine lundi 7 janvier 2019. Les candidats perdants et certains députés nouvellement élus, suite à la déclaration de la semaine passée, ont demandé de nouveaux scrutins, sous un gouvernement intérimaire neutre. Ce qui peut multiplier les clivages, Hasina et la commission électorale ont rejeté cette demande.

La campagne a vu les arrestations massives d’activistes et de candidats de l’opposition, ainsi que des allégations de truquage généralisé, notamment de bourrages de bulletins de vote et d’intimidation des électeurs. Dix-sept personnes ont été tuées le jour des élections. Les observateurs étrangers ont appelé à une enquête sur les allégations d’irrégularités, déclarant que "des obstacles importants à l’égalité des chances ... ont entaché le processus de vote ".

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Les opposants l’accusent d’avoir emprisonné Khaleda Zia, son ennemi de la guerre, d’avoir orchestrer des arrestations massives, des disparitions forcées et de promulgation de lois draconiennes contre la liberté de la presse pour tenter de s’accrocher au pouvoir.

Plusieurs observateurs, notamment des chancelleries diplomatiques présentes sur place, ont fournis des rapports crédibles de harcèlement, d’intimidation et de violence. Les Nations unies ont déclaré vendredi que des "représailles" avaient visé l’adversaire depuis les élections, notamment des agressions physiques, des arrestations arbitraires, du harcèlement, des disparitions et le dépôt d’affaires pénales.

Salat (prière) à Dacca, la capitale.

Saying Juma Namaz (Friday prayer for Muslims), Dhaka, Bangladesh NK.JPG
Par Nasir Khan SaikatTravail personnel, CC BY-SA 3.0, Lien

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