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Légumes secs dans les assiettes agricoles et alimentaires d’Algérie

Où l’autosuffisance manquerait le plus pour la "loubia" (haricot lingot blanc)

 

lundi 27 mars 2017, par Damien Djamel Bouch’Raf

L’Algérie ambitionne, selon une déclaration des autorités datant de l’année dernière avec l’opportunité de l’année onusienne des légumes secs, de produire 2 millions quintaux des deux types de légumineuses, que sont pois chiches et lentilles. Or l’agriculture algérienne devra donc affecter des superficies à hauteur de 218.000 hectares, contre les 85.000 ha qui étaient employés l’an précédent, de 2015. Ces derniers ayant réaliser 1 million de quintaux toutes espèces confondues (fèves, pois, haricots, pois chiches et lentilles), seront donc plus que doublées. Est-ce vraiment possible ?

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Les légumes secs ont depuis toujours été des incontournables dans l’alimentation des ménages, pour leurs différents apports nutritionnels et leurs faveurs gustatives. Dans des pays comme l’Algérie, où la protéine animalière a toujours été à prix d’or, du fait de l’absence de la viande porcine, dont la fécondité de reproduction et les facilités d’élevages ne sont plus à démonter, les pois chiches, lentilles et haricots blancs sont des mets densément présents dans les repas. Ces féculents constituent une substitution désormais bien soumise à une exponentielle consumériste demande....

Le dernier volume acquis, de ces trois légumes en grains, pour les moissons de 2015, représente 35% des besoins du pays. Alors que la demande de ses matières très présentes dans les assiettes algériennes, notamment aux périodes hivernales, est en nette expansion. Comme le montre le graphique suivant, les importations augmentent. Outre la montée démographique infernale et la question d’un pouvoir d’achat réduit, pour des aléas économiques amoindris, les protéines, dont ceux de premier ordre des viandes, deviennent inaccessibles. Et explose en conséquence la consommation des légumineuses asséchées…

Sur 5 ans 1 milliard 284 000 de $ d’importation, la courbe ascendante. Source organisme du commerce international. Pourcentage en augmentation chaque année.

L’année 2016 qui vient de se terminer a été fixée par l’ONU comme celle des légumes secs. Sachant leur importance dans l’apport d’une meilleure santé de l’humain, mais aussi pour leur particularité à l’amélioration des sols, l’attention qui leur est réservée gagne de la considération.

C’était aussi l’occasion pour l’Algérie en 2016, de prétendre encore à une autre autosuffisance, quand d’autres n’ont jamais été concrétisées. Pour cette lignée de produits agricoles dont la population algérienne en raffole à longueur d’année, il faut donc un effort inestimable, au regard du retard du développement de l’agriculture.

Le plus vaste pays d’Afrique, dont 80% de son territoire est désertique, compte produire la totalité de ses besoins en lentilles et pois chiches d’ici à 2020. Étonnement, le haricot blanc n’est pas cité dans la dépêche de l’APS du 28 novembre 2016. Comme si fatalement, pour le grain, dit lingot d’haricot ou mogette, d’ailleurs bien plus fréquent dans les assiettes, il n’y vraisemblablement pas de solution.

Ce projet, qui n’est premier du genre à prendre avec rigueur, permet, selon l’article de l’agence officielle d’information (à lire ICI), d’effacer une lourde facture d’importation. Citant le directeur général de l’Institut technique des grandes cultures (ITGC), Omar Zeghouane, il est question d’économiser plus de 150 millions de dollars par exercice budgétaire.

Mais ce n’est pas en faisant des déclarations d’intention que les réponses, notamment des performances agricoles, adviennent sans au préalable mettre sur pieds distinguer les variétés adéquates aux sols et délimiter les superficies et régions qui y seront consacrées. Outre la prise en charge d’une sélection des semences plus adaptées aux surfaces définies pour accueillir ce genre d’exploitation.

Sachant que ce secteur algérien, pourtant appartenant à une agriculture des plus anciennes du bassin méditerranéen, est endigué dans d’énormes retards. Alors qu’on estime qu’il y a environ 18 000 variétés dans les 40 espèces communes de légumes secs. Certainement une typologie qui serait plus adaptée au climat, à la nature de chaque parcelle et des modes de mise en œuvre précis pour une bienséance entre les deux…

Au préalable l’Algérie est confrontée à la sélection des semences. L’Etat présume octroyer une prime, afin d’encourager la collecte de ces dernières, dûment aux pois chiches et de lentilles. Ce qui correspond à 35% du prix de leur prix de production. Le tarif du quintal livré aux établissements multiplicateurs, est fixé à 7 000 dinars pour les pois chiches et à 6 000 dinars pour les lentilles.

Cette culture table sur la réduction les superficies agricoles laissées en jachère, lesquelles sont estimées à 2 millions ha annuellement, l’équivalent de près de 60% de la superficie réservée à la culture céréalière, une superficie de 3,4 millions ha. Si ce programme de développement des légumineuses lorgnant sur la jachère, à hauteur de 150.000 ha, selon M. Zeghouane, a l’impact de priver les sols de leur repos nécessaire à la reconstitution des humus.

La Tunisie et la Chine premiers fournisseurs de légumes secs de l’Algérie. Des contrats directs, sans passage par le marché mondial et l’offre en bourse. Cette dernière est consultée uniquement pour l’indexation des tarifs. Carte interactive, passer la souris sur des autres régions pour visionner les petites quantités invisibles selon les graduations des couleurs de ce graphique.

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