POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Science : la fraude prolifère

Journalistes et Scientifiques pressés de publier n’importe quoi !

lundi 12 novembre 2012
par N.E. Tatem


Les progrès scientifiques sont intarissables. L’humain compte inexorablement raffermir et faciliter son existence. Son savoir effréné pour l’évolution est inéluctable, cependant n’est pas scientifique qui le veut. En abondance de nouveaux acquis viennent chaque jour enrichir la puissance des Hommes sur les autres êtres, multipliant et perfectionnant leurs moyens, nourritures, médicaments et environnement... Une fin en soi !

L’authentique de l’ivraie cristallise une vigilance plus poussée en matière de déclaration des nouvelles connaissances. En effet, des articles de presse, parallèlement aux communiqués et aux conférences, étayent des découvertes scientifiques et aboutissements de recherche dans des domaines aussi divers que délicats. Mais pendant l’année 2011, un constat fâcheux a été établi en matière de diffusion des articles scientifiques par les revues spécialisées et la presse commune disposant de rubrique en matière de science.

Il révèle que sont de plus en plus nombreux les articles scientifiques à être soustraits des supports qui les ont publiés, après qu’il a été constaté que ces proclamations sont erronées. Le taux des retraits n’a cessé d’exploser depuis l’an 2000. Quand des sujets plagiés et des révélations erronés sont mis à la lecture puis contestés, ils sont défaits. Toutes les chaires de recherche scientifique sont touchées par ce fléau, des fausses nouvelles et des publications frauduleuses.

C’est dans les pays à fort progrès scientifique, c’est-à-dire comportant des institutions de recherche nombreuses et dynamiques, que les auteurs des articles, aussi bien des journalistes que les scientifiques, présentent des résultats démunis de toute éthique. Les pays les plus touchés sont les Etats-Unis, la Chine, Allemagne et Japon. Dans ces quatre pays la recherche scientifique est du secteur public, les Etats eux-mêmes finançant les chercheurs attendent des résultats... Mais le Monde entier est touché par ce phénomène où la pression faite aux chercheurs les pousse à se précipiter à publier…

Certains font l’apologie de molécules commercialisables en matière de médecine et de son corollaire la pharmacopée, d’autres sont soudoyés par les marques et les grandes sociétés, d’autres annoncent des résultats faussés et le tout est emballé dans des contenus que l’artifice cache la tromperie. Ou bien carrément bien le contraire, de l’intérêt scientifique voulu, est formulé.

L’intégrité dans la recherche est aujourd’hui mise en lumière, afin de pallier à ces dérives. Les leaders scientifiques peuvent prendre désormais des initiatives pour sanctionner les fraudes. Il faut aussi citer qu’un tiers des scientifiques admet recourir à des pratiques frauduleuses : chiffres bidonnés, images retouchées, résultats inventé et bien d’autres exposés malhonnêtes.

La prestigieuse revue Nature qui est une référence mondiale, car elle ses articles sont les premiers cités et repris, reconnait que pendant la période, de 2000 à 2010, les rétractions se sont multipliées par six alors ses diffusions n’ont progressé que 44% pendant la même période.

De son côté l’indexe américain qui reproduit toutes les déclarations scientifiques faites dans le pays, le Proceedings of the National Academy of Sciences « PNAS », a mis en exergue que ses retraits sont encore plus fréquents. Chose qui était rare avant les années 80, selon cette institution. En matière de biologie, 1% des articles, quelques 20 000,publiés dans le Monde sont classés véreux.

De tous les chercheurs qui ont été considérés à la pointe des découvertes, Marc Hauser spécialiste du comportement animal, biologiste et psychologue de son état, vient d’être reconnu coupable de fraude scientifique. Un rapport de l’ORI (Office of Research Integrity) publié le 5 septembre dernier, organisme dépendant du ministre de la santé des Etats-Unis, a détecté la falsification de données d’au moins six de ses expériences. Mais de loin, il n’est pas le seul…