POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Frappe de drone américain en Somalie, quelques 70 membres d’Al-Shabab tués

Présence des USA en Afrique, entre mandat de l’ONU et aide aux gouvernements impuissants

mercredi 17 octobre 2018
par Rebel Kazimir


L’utilisation de drones par l’armée américaine facilite énormément la tâche interventionniste partout où elle puisse être. Notamment dans les montagnes à cheval entre le Pakistan et l’Afghanistan, au Yémen et dans la corne de l’Afrique, les islamo-terroristes sont éliminés, mais avec eux des civils considérés en victimes collatérales...

Voir en ligne : Notre dossier Afrique

Selon la version imprimée du magazine mensuel canadien « Vice », il y a actuellement 7500 soldats américains opérationnels en Afrique. Ils effectuent quelques 3500 opérations, entre exercices d’entraînements et combats, en une année, soit une moyenne de 10 par jour. Elles réparties sur les zones du continent où les armées étatiques sont incapables et là où l’ONU et les dirigeants locaux qu’elle reconnaît ont demandé de l’aide.

- Le parlementaire somalien Abdulahi Qayad Barre assassiné 9 février 2015

Pendant la seconde semaine d’octobre 2018, une frappe aérienne de précision a fait au moins 60 morts parmi les militants islamistes en Somalie. Cette intervention, ayant fait l’objet d’un communiqué du commandement africain du Pentagone, diffusé mardi 16 octobre, qui précise que l’attaque aérienne s’est déroulée vendredi 14 du même mois.

Elle aurait visé des positions du groupuscule Al-Shabab. Elle a eu lieu dans la région de Harardhere, où les forces américaines entraîneraient des troupes somaliennes et seraient présents également en partenariat avec la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), soutenue par les Nations Unies.

L’organisation dit « Harakat (mouvement) al-Shabab al-Mujahedin », créé en 2006, est liée à Al-Qaïda et Ossama Benladen a désigné en 2009 son 1er chef. Elle est active avec d’autres islamistes du pays dans le cadre de « l’union des tribunaux islamiques » qui sont des « des seigneurs de la guerre » n’ayant aucun projet de paix ou de gestion du pays. Les institutions éthiopiennes, pays voisin, aidées par divers pays et autres actions internationales se démènent dans une lutte féroce contre un tribalisme où l’islamisme exerce sa violence…

- Carnage des Shebabs somaliens à Garissa du Kenya 2 avril 2015

Ce bombardement aux missiles transportés par drones, est la plus grande frappe aérienne contre al-Shabab, depuis le 21 novembre 2017. C’était encore un camp de la même organisation où pas moins d’une centaine de terroristes ont été aussi éliminés de la même manière. Le magazine canadien précise que l’engagement militaire américain a augmenté de 1 900% depuis la création du Commandement en Afrique, il y a 10 ans.

En mars 2017, à l’appui du gouvernement fédéral somalien, Trump a autorisé l’armée à mener ces frappes, visant Al-Shabab. Auparavant, l’armée américaine n’était pas autorisée à effectuer de telles incursions aériennes pour tirer, sauf en cas de légitime défense. Et que des "conseillers" militaires américains sur le terrain en fassent la demande.

- Mort de Samia Omar Yusuf, l’olympisme méprisant 21 août 2012

Il est quasiment impossible de vérifier ces informations. Cependant d’une manière indépendante, des témoignages disent avoir constaté des dégâts et entendu les fortes détonations ainsi que le déclenchement de la frappe. Les États-Unis ont effectué au moins 27 frappes aériennes en Somalie cette année 2018, selon un décompte proposé par divers médias américains.

Depuis qu’il est visé, le groupe Al-Shabab semble ne pas être affecté. Il reste toutefois assez puissant dans le centre de la Somalie où il mène de fréquentes attaques contre des cibles gouvernementales, militaires et civiles. Dans la capitale, Mogadiscio, ainsi que dans des villes de la région, sa présence est ressentie par la population et les responsables.

Répondre à cet article