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Quand l’IA s’immisce en politique, menace ou bienfait pour la démocratie ?

Présidentielles de France et des USA, labos des "Bots" qui détectent la psychologie des électeurs

 

dimanche 13 août 2017, par N.E. Tatem

Les toutes dernières élections présidentielles des Etats-Unis et de France sont considérées comme celles qui ont fait usage de communication avec les plus modernes outils. C’est leur saveur ! On peut relever que les heureux élus ont été aidés par l’IA (Intelligence Artificielle). L’utilisation de techniques nouvelles dans la politique est tout simplement trop précieuse pour les hommes politiques et leurs campagnes. Mais le plan éthique est assujetti à l’artificiel. Ce qui est bon pour un prétendant à diriger la société et présider la gestion de la chose collective, cependant il n’est pas nécessairement bon pour une démocratie.

Voir en ligne : Notre dossier : Tous nos articles sur Donald Trump & Emmanuel Macron

L’acceptation d’innovantes méthodes devait faire en sorte que les tentatives légales d’influencer les électeurs, de ne pas porter atteinte à la démocratie. Cette dernière est un ensemble de croyances vertueuses à préserver des mauvaises pratiques qui ne sont pas naturelles. Il y a des preuves qui suggèrent que les technologies, de propulsion grâce à l’intelligence artificielle "IA", ont été systématiquement utilisées abusivement pour manipuler les citoyens lors de ces dernières élections.

L’IA (intelligence artificielle) fait irruption dans les mœurs technologiques qui sont déjà assez neuves pour l’humanité, malgré la propagation généralisée de leur domestication. Elle est principalement portée par l’informatique. Ses capacités de calcul, aussi denses qu’accélérées par rapport aux facultés humaines, obéissent à des règles composées d’une suite déterminée et non ambigüe d’opérations qui instruisent des actions permettant de résoudre rapidement et avec une probabilité d’erreurs quasi nulle tout problème. Donc elle obtient des résultats prompts et propres de ratures.

Sa conséquence la plus attendue et redoutée est qu’elle impactera inéluctablement les industries, ce qui fait qu’elle menacerait les emplois que les salariés occupent. Les experts osent déjà présumer que lors du prochain demi-siècle, la robotisation plus perspicace remplacera des millions de travailleurs et décuplera en même temps la production. L’Etat régulateur sera confronté à une forte demande du large public, tombé dans l’oisiveté qui demandera d’exister sans dépendre des classes ou catégories productivistes.

Elle a déjà des applications à toutes les dimensions de la vie. Celle qui aide les aveugles à surmonter leur handicap mérite d’être citée en exemple, parmi tant d’autres plus exactes tâches accomplies dès lors qu’elle est installée dans moult mœurs, gestes et voire aussi les compétitions. Mais quand elle avance en politique, les philosophes se demandent si la démocratie ira bien ? Alors que les idéologues n’hésitent pas de l’accueillir à bras ouverts.

L’éthique en politique n’a jamais existé pour certaines personnes aussi bien parmi les acteurs qui en font carrière que les simples administrés. Pour d’autres, c’est là justement, avec les organisations partisanes, où se livre la bataille épique de la moralisation, voire même de l’assujettissement de la société aux règles doctrinaires. Mais voilà qu’inonde l’IA les virtuels réseaux que les génies du nouvel ordre numérique, substituent aux forums et autres congrès de la vie réelle.

Un étudiant en doctorat à l’Oxford Internet Institute et co-fondateur d’un site-Web « Avantgarde Analytics » spécialisé en Data-Science, se consacrant davantage à la politique qu’à l’étude des marchés, a publié dernièrement deux sujets édifiants sur l’intrusion de l’IA dans les dernières élections de France et des Etats-Unis. Vyacheslav Polonski a démontré qu’en politique désormais la communication assurée par les robots intelligents qui apprennent chaque jour davantage sur l’électorat. En conséquence la démocratie prend son virage que lui fait emprunter la technologie de pointe.

Auparavant avec une fouille de la campagne d’Emmanuel Macron en France, dont le résultat a été publié le 19 mai. (voir article ICI) Polonski analysa la riposte du staff qui a été derrière l’élection du président français, quand une série de Fak-News connue par « MacronLeaks » a été intensément larguée sur le Net, pour démontrer que le candidat de « La France en Marche » est un hypocrite parvenu par la fraude. Son constat, même théorique, est parlant.

Il relève que «  … 50% du contenu de Twitter a été généré par seulement trois pour cent des comptes avec une moyenne de 1 500 tweets uniques par heure et 9 500 retweets de ces tweets par heure.  » Ces messages des réseaux sociaux du Web ont pu atteindre par moins 22,8 millions d’utilisateurs de Twitter, selon les estimations de cet expert et l’équipe qui a travaillé avec lui pour évaluer ces attaques. Elles ont exposés ces internautes à des informations massives et de même nature de fausseté, pendant toutes les heures du jour de l’élection.

Puis revenant à l’élection de Donald Trump, revenant à l’indésirable arrivée de l’homme d’affaire a la Maison Blanche, il dit que les robots Pro-Trump, collecteurs de données, ont infiltré régulièrement les espaces en ligne, utilisés par les militants pro-Clinton, afin de diffuser un contenu hautement automatisé, générant un quart du trafic Twitter autour de l’élection 2016. Les preuves sont désormais établies que l’AI peut également être utilisée pour cibler et manipuler les électeurs individuels.

Pour l’élection présidentielle américaine, le cabinet de la science des données Cambridge Analytica a déployé une vaste campagne publicitaire qui cible les électeurs pour les persuader d’accepter, en fonction de leur psychologie individuelle, le candidat de la droite. Cette opération de micro-ciblage, hautement sophistiquée, est fondée sur les grandes données et l’apprentissage automatique pour influencer les émotions des gens.

Chaque électeur ciblé reçoit le message approprié à sa sensibilité, mais pas celui d’un projet politique. C’est donc la programmation de la campagne qui est changeante selon des déclencheurs émotionnels allant pour chaque personne pour la conduire à l’action d’adhérer à un vote manipulé. Les promesses de campagne sont flexibles comme l’a largement pratiqué Donald Trump, les mettant particulièrement bien adaptée à cette tactique pour conquérir l’électorat, avec des arguments sur mesure.

Vyacheslav Polonski est étudiant en doctorat à l’OII, spécialisé dans les sciences du réseau et la sociologie d’Internet. Ses recherches portent sur les aspects structurels du comportement collectif dans les communautés en ligne. Son profil ICI.

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