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Les Etats-Unis à l’origine du blocage de la réforme du FMI



Les BRICS face à l’hégémonie dans les institutions économiques


lundi 14 avril 2014
par Gros Emile


Le FMI n’a cessé de s’imposer dans les économies des nations. Il accorde des emprunts, à partir de capitaux des pays riches à ceux exposés aux crises des crédits pour leurs paiements. Ces prêts sont souvent conditionnés par la mise en place de réformes économiques qui visent essentiellement à améliorer, entendre réduire, la gestion des finances publiques, avec les conséquences sociales qu’on s’imagine. Et en exigeant une croissance économique équilibrée à long terme.

Voir en ligne : Dossier spécial : FMI - BRICS et Réformes économiques

Réunis pendant le week-end du 13 et 14 avril, les membres du FMI et ceux du G20 ont constaté un blocage de l’institution financière internationale. Les Etats-Unis en sont à l’origine d’un obstacle majeur, ayant trait à la nouvelle gouvernance du FMI préconisée au regard des rôles des nouveaux Etats émergents.

Le projet de réforme, adopté en 2010 et ratifié depuis par les 180 pays membres du FMI, après la grande crise financière débutée en 2008, devait donner plus de place aux BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud). Si cette rénovation n’avance pas maintenant, 4 nouvelles années seront nécessaires pour refaire toutes les procédures déjà effectuées.

Un communiqué final a été diffusé à l’issue de la rencontre de la direction du FMI et des représentants concernés, les ministres des Finances du G-20. Il met en exergue une déclaration commune avec l’appui du groupe des vingt économies les plus puissantes, se disant « profondément déçus » par l’obstacle américain.

L’exploitation des ressources de plus en plus grandissantes des BRICS auxquels leur seront ouverts les organes de décisions du FMI, est maintenant dans l’impasse. La réforme devait doubler les fonds de cette institution financière internationale qui répond, aussi bien dans l’urgence que pour des échéances plus longues en cas de restructurations des économies des Etats, aux besoins financiers des pays en difficulté.

L’augmentation des capacités de l’emprunteur le plus attendu par les pays subissant des crises institutionnelles ou bien des déstabilisations, comme en Ukraine, ne peut être rapidement être mise en place. Un tollé n’a cessé de monter ces derniers mois, suite à l’indécision des Etats-Unis. Les marchés émergents sont une tendance dominante, sans pour autant avoir de place au sein du FMI, est la principale idée de cette réforme.

Devant la difficulté de faire accepter la réforme à la 1ère économie du Monde, les pays émergents tels que l’ont manifesté les ministres des Finances du Brésil et de la Russie, la recherche d’une formule qui permettrait d’appliquer la nouvelle orientation en laissant de côté les Etats-Unis, est préconisée, sans que des explications ne soient encore données.

Les élus républicains du congrès des USA, après avoir tergiversé pendant ces 4 années, remettent en cause la réforme. Les élus américains qui approuvent les politiques de l’ensemble de l’Etat fédéral, la jugent coûteuse pour leur pays. Faute de cette ratification du Congrès américain, l’augmentation des moyens financiers et d’argent frais du FMI ne peut entrer en vigueur.

Les américains ne peuvent donner leur réponse qu’en fin d’année, après les élections de mi-mandat qui accordent plus d’autorité à Barack Obama pour surmonter les réticences du congrès. Le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a assuré que tout serait mis en œuvre pour faire enfin adopter cette réforme par un Congrès renouvelé.

Même après la date ultérieure, fixée à avant la fin de l’année 2014, pour une prise en main par le locataire de la Maison Blanche de plusieurs questions d’orientation générale du pays de l’oncle Sam, l’incertitude plane sur l’avenir de cette réforme.

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