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Tunisie : Un grand sursaut pour la dignité !




mercredi 27 février 2013


Avant la Révolution, la Tunisie était sous le joug d’une dictature qui a duré presque vingt trois ans ; la misère et le chômage régnaient de façon inouïe, et le peuple, n’ayant pas le pouvoir de réagir, s’y abandonnait pourtant avec une résignation quasi passive. Jusqu’au jour où la volonté de reconquérir sa dignité usurpée, se fit jour en lui, le contraignit à la révolte. A une révolte confiante qu’il paya fort cher et enfin à l’émancipation de ce pouvoir despotique que l’on qualifie pour le moins d’égoïste et d’exploiteur sans vergogne.

Voir en ligne : Notre DOSSIER : Tunisie, BERCEAU DU "Printemps Arabe".

Une telle libération, comme on le sait, n’a pas été donnée en guise d’offrande au peuple tunisien, elle est au contraire, acquise au prix du sang des centaines de martyrs que l’on a ensevelis aujourd’hui dans un oubli impénétrable. La plupart de jeunes gamins à peine sortis de l’enfance ..Ils sont morts, pour que nous, ingrats que nous sommes, jouissions de cette liberté, et pour que nous recouvrions notre identité, notre dignité déjà foulée sous les bottes d’une poignée de vermines insatiables . Mais que sert-il à présent de raviver ici les cendres d’un passé déjà lointain ? Ce passé, c’est notre notre histoire avec l’indifférence d’un parti dominant,avec l’injustice d’un contingent de sangsues et de corrompus, c’est notre vie, ; et ce passé, c’est le legs de notre lutte, c’est notre gloire, c’est ce qui fait, en un mot, une nation unie, libre et indépendante, une nation que nous incarnons et qui vit en nous comme notre sang.

Or, avons-nous été sincèrement fidèles à la mémoire de ceux qui sont tombés sous les balles des policiers zélés et affamés de sang ? Avons nous vraiment redonné à notre nation sa grandeur et sa foi dans un avenir meilleur ? Sommes-nous heureux d’y vivre et d’y goûter les plaisirs d’une vie modeste et réconfortante ? A-t-on accompli les progrès auxquels chacun de nous aspire à bon escient ? Non. La plupart des nations, au lendemain de la seconde guerre mondiale, sont sortis exsangues, littéralement meurtris par une épreuve difficile qui a duré des années. Mais, en dépit de leur désastre, ces nations n’ont pas souffert autant que nous, du sous-développement et de l’obscurantisme. Pourquoi donc ces nations, agonisant hier sous les décombres et les ruines, se sont réveillées aujourd’hui, baignées dans un univers de lumière et de progrès fantastiques, alors que nous, nous végétons toujours sous l’emprise de l’ignorance et de la famine ? Pourquoi ces nations ont-elles atteint en si peu de temps à l’apogée du progrès technologique ? Alors que nous autres, nous ne sommes pas encore capables de fabriquer une simple lame de rasoir ? Je me désespère de pénétrer ce problème angoissant !

Sommes- nous alors condamnés à supporter toute notre existence les affres du sous développement ? Sommes-nous atteints d’épilepsie intellectuelle pour ne pouvoir rien créer ? A part certes quelques produits agricoles dont la nature nous faisait don à chaque saison, nous ne sommes pas capables, que je sache, d’exporter un produit dû à notre savoir-faire et à notre génie. Pourquoi donc cette passivité morbide ? Pourquoi acceptons- nous sans réagir une telle situation déshonorante ?

Si nous végétons ainsi sans cesse dans l’ignorance, si notre conscience est encore endormie, si nous ne réagissons pas contre le phénomène du sous-développement. Si nous nous résignons bien volontiers à cette triste situation, c’est bien parce que le peuple n’est pas encore libéré politiquement et intellectuellement, parce qu’il est conditionné par des influences extérieures, parce que ceux qui détiennent en main sa destinée, le condamnent au silence et à l’inaction, parce qu’on tue enfin en lui toute forme d’initiative, toute volonté de progrès et d’épanouissement. Voilà pourquoi notre peuple n’avance pas !

La démocratie demeure le pilier de tout progrès humain. Rien ne se fait sans démocratie. Tout essor économique, social, politique et culturel reste subordonné à la réalisation et à la concrétisation de ce principe fondamental. La démocratie, c’est la vie du peuple ; la démocratie, c’est l’âme du peuple. La civilisation ne se fonde que sur la démocratie et le pouvoir du peuple.

Le peuple tunisien a besoin d’une nouvelle "renaissance" qui lui redonne force et progrès. Certes il a été depuis longtemps sous la dépendance des autres nations ; il est grand temps dès lors qu’il se déclare désormais affranchi de leur hégémonie culturelle et économique et qu’il reprend en main sa propre destinée, vers la prospérité et le bonheur.

Cet essor se réalise en effet à la faveur d’une nouvelle démocratie, une démocratie authentique et durable. Il n’en reste pas moins vrai que les nations modernes ont dû payer très cher le tribut à la liberté, mais la nation tunisienne n’en à moins souffert sous la domination odieuse des conditions endogènes et a dû longtemps combattre pour concrétiser ses aspirations à la liberté et au bonheur.

Cependant, par malheur, notre peuple est sorti d’une situation infernale pour retomber dans une autre, encore peut être pire, car il se trouve en effet sous le pouvoir d’une poignée de dirigeants incompétents, malhonnêtes, qui se complaisent dans l’égoïsme et l’indifférence.

C’est pour cette raison que l’on n’est pas apte à assurer notre propre épanouissement, à nous assurer un avenir meilleur.

Les entreprises étatiques ou semi-étatiques dévorent les deniers publics sans pour autant assurer de bons services aux citoyens. Pire encore, il s’est avéré qu’elles sont toujours déficitaires, en dépit de la hausse progressive qu’accuse le prix des services rendus.

Salafiste Ce qui est encore pire, c’est qu’aucune de nos entreprises n’est capable de rivaliser en matière de qualité avec la plus petite entreprise étrangère. On parle souvent de l’exportation des produits tunisiens, ce n’est là qu’une mystification verbale, car en matière de compétitivité, nos entreprises n’ont rien produit qui puisse sauver même les apparences. C’est pourquoi le citoyen tunisien se trouve en effet acculer à ne pas donner crédit à tout ce qui est fabriqué en son pays. Ce sont là certes des préjugés dangereux et absurdes, mais des préjugés qui ne sont pas moins fondés quand même sur des réalités que nul n’ose récuser de nos jours.

Alors pourquoi donc cette incurie, cette absence absolue en matière d’invention et d’innovation, et en particulier, cette négligence, bien plus triste encore, quant à la qualité de ce qu’on produit ? Tout cela, j’en suis persuadé, est dû à une politique inadéquate et profondément utopique.

D’ailleurs les responsables actuels sont- ils de vraie patriotes ?

Le peuple tunisien a été tout au long de ces dernières décennies, sous l’emprise d’une poignée de quelques individus sans scrupules et indignes de la mission dont ils sont investis. Cet état de choses se poursuit sans relâche jusqu’à nos jours. Le peuple doit être inquiet de ces sangsues, de ces êtres qui n’ont ni cœur ni conscience et qui se croient au-dessus des lois et des principes moraux. Ils ignorent encore ce que c’est que le patriotisme. Une fois s’étant vu confier une responsabilité quelconque au sein de la communauté, ils croient que tout est permis, alors qu’ils devraient s’atteler au service du bien commun en acceptant tout sacrifice, de quelque nature qu’il soit.

Nos dirigeants politiques n’ont réellement aucune idée du patriotisme : ils affichent vis-à-vis des questions nationales importantes, des attitudes pour le moins incompréhensibles. L’esprit patriotique conduit au sacrifice de soi dans l’intérêt général ; l’esprit patriotique relève également de la franchise, de la sincérité, de la tolérance, en un mot de l’amour du peuple et du pays qui nous a vu naître. Nous avons tous besoin d’un aiguillon patriotique ; nous avons besoin d’être rééduqué dans l’amour de la patrie. La génération actuelle n’a rien ajouté au prestige et à la gloire de nos ancêtres. Elle continue à vivre, malgré le désarroi général, dans un état d’inconscience totale, un état de léthargie permanente, plongée dans l’indifférence et le farniente.

Le pays à besoin de notre attachement et de notre amour : il convient dès à présent de songer à cela avec plus de sérieux et de faire naître en nous l’enthousiasme qui a poussé nos martyrs au sacrifice sur l’autel de la liberté et de l’amour.

Comment alors forger en nous une conscience nationale ? La grandeur de la patrie ne relève pas seulement de notre indépendance vis-à-vis de la tutelle étrangère, bien plus la grandeur de la patrie est subordonnée au degré de notre civisme et de notre solidarité réciproque, de notre attachement irrésistible au principe éthique et à notre identité nationale. Si chacun de nous s’attachait à connaître ses devoirs et ses droits, si l’on se sentait responsable au sein de la communauté, si nos sentiments d’amour et de patriotisme ne connaissaient pas de bornes et ne se limitaient pas dans les frontières de l’indifférence et de l’égoïsme, si enfin nous nous sentions profondément attachés à tous les coins de cette chère patrie, sans discrimination ni ségrégation, alors nous pourrions dire à ce moment que tout est bien sur cette aimable terre, et que tout respire la beauté et l’honneur. Une conscience nationale, une conscience profonde, authentique, impérissable, surgirait alors du néant pour nous unir à jamais face aux fluctuations vertigineuses du monde moderne. Il faut, dans ce cas là, que les dirigeants politiques se débarrassent des vestiges des mentalités décadentes et qu’ils mettent entre leurs yeux à l’exclusion de tout autre chose l’intérêt national plutôt que leur intérêt propre, car pour la plupart de ces gens, la politique est un moyen sûr pour s’enrichir rapidement et fouler aux pieds tous les principes d’honneur et de dignité. L’autorité dont ils sont investis au lieu de stimuler en eux les sentiments de bienséance et d’équité, leur fait perdre tout esprit de bien et d’honneur, soit par manque d’éducation civique et morale, réelle, soit par absence de principes susceptibles de les tenir dans la voie de la justice.

Le but principal de ce beau monde n’est pas seulement d’accumuler des biens matériels au détriment du peuple, mai aussi d’appauvrir ce dernier en le condamnant arbitrairement à la misère intellectuelle et à l’ignorance, pour pouvoir le soumettre à leur mainmise et à leur influence néfaste.

N’est ce pas que le bonheur du peuple passe d’abord par sa libération totale vis-à-vis de la politique qui le domine ? On sait que, de nos jours, l’aliénation arbitraire du peuple est un phénomène courant. L’influence quasi irrésistible que les politiques exercent sur lui est déterminante, en tant qu’il se laisse passivement conduire selon leur humour et leur bon plaisir. Si le pouvoir politique régente et gère le peuple, s’il s’adonne à des pratiques pour le moins abusives et s’il règne suivant des lois arbitraires et draconiennes c’est dans le dessein évident de vouloir maîtriser, dompter et soumettre l’esprit révolutionnaire du peuple. La hiérarchie politique, avec tous ses vices, sa débauche, son imposture déjà notoire, son affreuse corruption qui ronge et mine ses institutions, elle demeure, pour le peuple du moins un symbole pur et intouchable, parce qu’elle incarne le pouvoir et la puissance, la grandeur et la richesse matérielle.

C’est alors que le peuple, et je l’affirme encore ne peut reconquérir sa volonté, son esprit d’initiative et sa gloire qu’on s’arrachant une fois pour toutes à cette odieuse mainmise. La hiérarchie politique, du haut de son étroite sphère, contemple sadiquement la déviation du peuple vers la débâcle, l’aliénation hideuse et la destruction de soi, sans qu’elle réagisse le moins du monde, bien plus, c’est à ce but que tendent ses actions et tout ce qu’elle entreprend, c’est régner sur le peuple et sucer son sang jusqu’à l’épuisement total.

Tous ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir sont jaloux de leurs prérogatives et des avantages qu’ils tirent de l’autorité dont ils sont investis, au point d’empêcher par tous les moyens les honnêtes citoyens de servir leur patrie dans la dignité et l’amour.

Des citoyens justes, nobles et pleins d’ardeur juvénile, désireux d’être au service de la communauté nationale, se trouvant devant des obstacles infranchissables dressés par ces politiques véreux et corrompus jusqu’à la moelle.

La jeunesse et le peuple dans son ensemble, tout homme plein de bonne volonté et d’amour pour sa patrie, doit entreprendre des actions déterminantes à l’encontre de ces anti-patriotes et de mettre un terme à leurs spéculations et à leurs tristes prérogatives ; le peuple doit se libérer de ces entraves qui l’enchaînent depuis fort longtemps pour pouvoir réaliser ses aspirations dans le progrès et la prospérité.

C’est ainsi que, pour concrétiser cet objectif principal, il fallait penser à insuffler chez le peuple l’esprit du sacrifice, de l’amour, de la création et du travail.

Une telle tâche incombe en premier lieu à l’élite intellectuelle du pays, à ceux qui savent agir tout en exerçant une influence bénéfique sur les mentalités, afin de remédier à la situation inadmissible où croupit le peuple.

La plupart des dirigeants actuels n’étant pas du tout conscients de la mission dont ils sont chargés, affichent de l’indifférence à des problèmes cruciaux que traverse le pays. De telles personnes ne sont pas dignes d’appartenir à cette nation : leur mise à l’écart est donc nécessaire sinon impérative.

Il est vraiment triste de voir ces gens accéder à des postes éminents grâce à leurs connaissances au sommet de la hiérarchie politique. Notre devoir est de les démasquer, de mettre à nu leurs mauvaises intentions et de leur démontrer que nous n’étions pas dupes de leurs agissements antipatriotiques. Notre peuple alors doit s’atteler à faire régner l’espoir en son sein ; il ne doit pas perdre confiance dans ses potentialités et dans sa puissance.

Cependant le pouvoir politique et ses entraves ne doivent en aucun cas être autant d’obstacles à sa marche en avant. Il doit lutter jusqu’à la conquête de ses droits, de sa liberté, et de sa dignité en tant que peuple uni et puissant. Le pouvoir politique qui s’érige en symbole de répression et d’oppression ne dure pas aussi longtemps qu’on le croit. Il est né pour être éliminé et enterré dans l’oubli, car l’injustice qu’il brandit comme le sceptre de sa puissance ne règne que durant un laps de temps, pour succomber en fin de compte dans la honte et le remords.

Nous autres, intellectuels et hommes d’esprit, notre tâche est de nous montrer à la hauteur de cette mission grandiose à savoir l’éducation du peuple par les moyens les plus rationnels et les plus adéquats, loin de toute idéologie fallacieuse et vaine, entreprenant inlassablement à la reconversion de la masse à la religion de l’amour et de la dignité. Toute tentative visant l’aliénation du peuple est un crime : on doit mettre fin à l’ère de l’idolâtrie et du culte de la personnalité, qui a fait ses ravages durant ces dernières décennies. Nous devons affirmer notre existence, consolider notre union dans l’amour et là fraternité, rehausser notre dignité et galvaniser nos efforts en vue d’un avenir meilleur, où l’injustice, le népotisme, l’amour de soi et l’indifférence seront à jamais bannis.

La construction d’une société en évolution constante, une société où l’éthique morale, le bien être moral et spirituel, l’esprit de solidarité et de cohésion inébranlable, s’incrustent dans les cœurs comme autant de facteurs idéaux impérissables, cette société ne se réalise effectivement qu’en émancipant le peuple vis-à-vis de la dictature politique qui le domine et qui exerce sur lui des pressions draconiennes et sans limites.

Pour tout dire en un mot, le peuple doit agir, je le répète et le confirme en mon âme et conscience, pour se libérer de cette poignée de sangsues famélique qui l’ont rendu exsangues à force d’être exploité et meurtri même dans sa chair. Il est grand temps alors de mettre un terme à la corruption, à l’accumulation des fortunes scandaleuses, à l’abus de pouvoir et enfin à l’injustice sociale qui règne de nos jours de façon fort aberrante et honteuse.

Drmohamedsellam

msellam83@yahoo.com

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