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Egypte : la Société Secrète des « Frères Musulmans » sur la voie iranienne



L’indépendance de la justice convoitée par l’autoritarisme du Raïs devenu Khomeyni et Pharaon.


samedi 24 novembre 2012
par Damien Djamel Bouch’Raf


Agrandi par le conciliabule qui le lendemain, sans être rompu, a été démenti par la mort d’un palestinien tué par Tsahal, le président égyptien s’est arrogé des pouvoirs sur la justice, procédant à l’iranienne. Ce que contestent les laïcs, la gauche et les libéraux, le principal de l’opposition. « Sécularisés » depuis que la pratique de la pluralité existe en Egypte, les idéologies sortant de l’islamisme, préposées à formuler les libertés démocratiques sont écrasées et ne peuvent s’exprimer sans se faire violenter.

Voir en ligne : Notre Dossier : EGYPTE

Dans le vide constitutionnel qui prévaut depuis la révolution à l’origine de la chute de la dictature bardée, pour son maintien, pendant des décennies d’un état d’urgence qui a engendré la prédation économique et les injustices sociales, l’Egypte vit un glissement, plus périlleux, vers la théocratie. Après les élections de mars 2012, l’orthodoxie islamiste est plus manifeste que dans les autres pays arabes ayant changé de régimes à l’avantage du vaste « Printemps Arabe ».

L’islamiste raïs, issu de la secte des « Frères Musulmans » qui est à l’origine des obscurantismes foisonnant sur toutes les terres où le simple croyant s’érige en militant de l’application intransigeante de la « Charia », promulgue deux décrets insoutenables. Des textes qui consolident un pouvoir qui, par opportunisme gagné, de sa présence utile aux accords à l’origine de la trêve dans le récent conflit armé entre le Hamas palestinien et Israël.

Le premier décret lui permet de remplacer tout procureur qui ne réussit, ou ne veut, pas condamner les officiers supérieurs impliqués dans les meurtres de manifestants lors de la révolte de Square « Tahrir ». Soit une justice démunie de partialité et appliquant des lois, en la voulant obéissante aux directives de la présidence. Et le second refusr la dissolution de l’Assemblée constituante où ne siègent plus les composantes de l’opposition du fait d’une hégémonie, fomentée en diktat oligarchique, par la majorité islamiste de sa composante.

Cette dernière tient fermement à rédiger une nouvelle loi fondamentale, qui ne tient point compte de la société dont environ 10% de la population est chrétienne. Et où les autres tendances politiques, mises en minorités, voient leurs droits de s’organiser et de s’exprimer réduits à néant. Essam el-Erian, vice-président du parti des « Frères Musulmans » appelé aussi « de la Liberté de la Fraternité et la Justice », a déclaré que « la majorité » des figures de l’opposition laïques ou libérales étaient en fait des loyalistes Moubarak, afin de contrecarrer les manifestations.

M. Morsi lui-même s’exprimant le vendredi, jour des manifestations contre ces lois, a repris aussi l’idée des « loyalistes Moubarak. Il a dit qu’il voulait une « véritable opposition avec la conscience ». Comme il a fait usage aussi de la thèse, que reprennent nombreuses dictatures et nationalisme du paranoïa de : menace d’ingérence des ennemis étrangers.

L’appui de la population égyptienne pour les institutions comme les tribunaux, et les juges qui les président, est autre que les thèses de la « société secrète » des « Frères musulmans ». L’appareil institutionnel égyptien, comme le tunisien et même celui de la Syrie même s’ils sont des héritages, est fait par les peuples avant les dirigeants !

Considérés comme indépendants, juges et tribunaux ont pris maintes fois des positions à la fois contre M. Moubarak et les membres de la secte des « Frères Musulmans ». Dont les militants, par le passé étaient des terroristes avant-l’heure et préparent actuellement une hécatombe pire que celle de l’Algérie des années 90.