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Egypte : Programmation réussie du second souffle du soulèvement contre la dictature et l’héritage du pouvoir.



MOUBARAK DEGAGE ! a continué contre les balles et les lacrymogènes.


vendredi 28 janvier 2011
par Rebel Kazimir


Surprenante continuité de la contestation des égyptiens ! Dans les rues de plusieurs villes du pays une foule inattendue a été au second rendez-vous dit : du vendredi de la colère. D’ailleurs aucune trêve depuis déjà 4 jours de révoltes au pays des pharaons dont le peuple est lassé par un régime quasiment sur la défensive. Les règnes stabilisés, des loups autocrates arabes, pris d’assaut !

La terre n’a pas brûlé et la réussite tunisienne, la révolution des jasmins, vient de faire une émule plus perfectionnée et plus engagée. Internet est bloqué dès la veille avec l’aide du Mossad ! Cela n’a pas empêché que la poursuite des protestations, soit restée basée et orientée sur la dignité voulue et demandée par le peuple. Une véritable pression sur le pouvoir en place. Les diplomaties étrangères, et les peuples arabes ont suivi avec importance, constatent que le fait tunisien est d’une inspiration politique utile au changement dans ce pays.

Après une trêve de quelques 48 heures, postérieurement à la première manifestation qui a regroupé plus de 15 000 personnes et s’est concentrée au Caire jusqu’à une heure tardive de la nuit, la reprise est plus que surprenante. La vigueur, comme une vraie accélération, du soulèvement contre les trois décennies de Moubarak, a donné un contenu et un objectif clairs aux émeutes. De même surtout la programmation, a été efficace et a offert une réponse judicieuse à la volonté de la rue qui domine la situation.

Depuis le début des évènements qui n’ont pas connu de répit, le Raïs n’a pas montré sa tronche. Aucune apparition ! Et les arsenaux : de balles qui crépitent dans les rues, et de lacrymogènes en masse lancées par la police, ne sont pas venus à bout de leur tâche, le maintien de...

Dans la ville de Suez des manifestants ont réussi a désarmer des policiers ! Et nombreux commissariats ont été pris d’assaut en Alexandrie, quand les flics anti-émeutes reculaient. 2 commissariats brûlés dans la capitale et des centaines de blessés, vers 15 heures...

Grande mobilisation.

De l’étranger les intellectuels égyptiens, soutenus par tous leurs confrères arabes ont été très actifs, légitimant par des discours d’une grande richesse les cortèges subversifs. Les incitants à aller au bout de la revendication de fond : la fin d’une dictature qui a gouverné TROIS décennies. L’Egypte est le plus grand pays arabe, avec 80 millions d’habitants, et certainement son rayonnement constitue un repère dans les esprits des populations soumises au paradoxe de vivre sans liberté, sous les règnes des stabilités imposées par des loups de l’autocratie.

Le dernier vendredi de janvier, après la prière hebdomadaire des musulmans que les mosquées ont vocation à accueillir, les forces de l’ordre, pourtant bien alertés, n’ont pu faire avorter les rassemblements de la population. Les égyptiens qui ont tenu à défier l’ordre et l’état des choses, scandaient « Barakat à Moubarak et non l’héritage du pouvoir ! »


Manifestations en Egypte sur le mode tunisien
envoyé par euronews-fr. - L’info internationale vidéo.

Pour ce jour qui rassemble les croyants d’abord, les démocrates égyptiens (pour lesquels nous reviendrons dans notre prochain sujet) redoutaient beaucoup que les frères musulmans kidnappent le mouvement populaire. Cependant aux parages d’Al-Azhar, l’école théologique qui est le fief des « Akhoua Muslimins », la foule était légère et moins engagée, comme un afflux d’égarés… dépassés par la revendication démocratique.

Le Black-Out méditaique !

Albaradei a été bloqué dès la matinée dans l’enceinte de son hôtel afin qu’il ne rejoigne pas les manifestants. Il a été, par la suite dès le début de l’après-midi, prié dans une mosquée de la capitale, où aussi il été isolé pendant quelques heures. Le régime a réussi à bloquer complètement Internet pour l’ensemble du pays, et ce dès minuit de la veille. Certains connaisseurs du Web sont certains qu’Israël et le Mossad ont joué un rôle dans, cette technologie dont ils ont main forte, cette censure.

5 Journalistes français n’ont pu donner signe de vie, dès la première heure de la matinée. Ils ont été arrêtés. Et nombreux d’autres pays et agences ont vécu le manque de contact avec les organes de presse qui les emploient, n’ayant pas pu fournir leurs reportages. Seule la chaîne Al-Jazzera a pu couvrir et donner parole à nombreux commentateurs de tous les horizons qui ont reconnu le bien-fondé de la réclamation populaire de la démocratie, par des réformes su système qui s’amenuise à vue d’œil, avec un raïs malade et un régime décrié.

L’état d’urgence est à démanteler, la transition se dessine comme perspective inéluctable.