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La Tunisie aux portes d’une alternance.



La nouvelle ère risque de ne pas attendre Ben Ali jusqu’à 2014.


vendredi 14 janvier 2011
par Azouz Benhocine


Le message du jeune tunisien Bouazizi qui s’est immolé à Sidi-Bouzid a été entendu par l’ensemble du peuple de cette nation. Les citoyens ont répondu et fait écho par une sédition qui a remis les pendules nationales à l’heure. Le geste de ce martyr n’a aucunement porté atteinte à autrui, malgré sa cruauté qui exprime un profond désespoir de personne, à la lecture de ce geste exemplaire, fondamentalement éclairée.

La Tunisie doit son émergence économique à un projet de société léguée par le chantre Bourguiba. Tout un programme de bienséance, foncièrement moderne et adoptant une laïcité digne des nations les plus civilisées. Jamais dans le monde arabe, dans le continent africain et à travers même le monde, les troubles n’ont été si bien menés. Pour faire plier, à des revendications d’une légitimité incontestable, un des pouvoirs les plus despotiques.

L’arrestation de Hamma Hammani, l’un des opposants politique interdit d’expression sans justifications et légalité, illustre le népotisme envers les autres démocrates tunisiens.

Ecouter la fille de Hamma Hammani sur France-info

Le commencement a été des manifestations citoyennes d’abord. Et ce n’est qu’une fois la riposte de l’appareil policier a fait usage de brusques et violentes pratiques de préservation de l’ordre, que les jeunes ont tenu a faire la démonstration de force. L’armée n’avait pas bougé de ses casernes et même quand elle est venue à la rescousse des services de sécurité, elle s’est refusée de tirer. Nombreux témoignages atteste cette vérité, sans nul doute inédite à travers la Terre entière.

Malgré l’escalade due à l’autisme du pouvoir qui espérait ramener le calme au Gouvernorat de Sidi-Bouzid, sans mesurer l’expression de l’acte de Bouazizi. Qui est et a été aussi grandement significatif dans le déroulement des évènements. La présence de la femme tunisienne dans les protestations est aussi bien inconnue et inédite dans le contexte arabo-musulman de ce pays.

Si finalement Benali s’est rendu à l’évidence de ne pas briguer un autre mandat en 2014, lors de son discours du 13 janvier, le 3ème depuis le début des émeutes qui se sont propagées à travers tout le pays, au fur et mesure que l’immolation du jeune chômeur s’interprétait au sein de l’opinion tunisienne et parmi l’ensemble des citoyens. Le président tunisien a fait allusion à l’intangibilité de la norme constitutionnelle qui limite l’âge du présidentiable à 75 ans, suite à un amendement d’ailleurs initié par lui qui en a 74.

Contrairement à Bouteflika qui a connu des troubles, à la même période comme une contagion, d’ailleurs qui n’ont cessé tout au long de l’année 2010 dans plusieurs villes et même petites bourgades Elles ont l’air d’être une répétition générale avant l’assaut final contre les sbires de la corruption, de la bureaucratie et d’une mafia de faux anciens « moudjahidine », devenus pléthorique depuis l’arrivée surtout de Chadli.

Les émeutes algériennes sont de même nature qu’en Tunisie, cependant les circonstances contextuelles sont de loin différentes. L’Algérie est plongée dans un nationalisme réactionnaire largement acquis à l’intégrisme islamiste. La jeunesse algérienne est totalement déshéritée de la démocratie et privée d’une rupture avec un système déterminé à faire perdurer la légitimité historique qui n’est plus de mise pour les nouvelles générations que si elle vise la rente.

Le régime algérien est habité de la torture des poètes après l’indépendance, et d’un déficit flagrant de démocratie à l’égard des partenaires de la cause libératrice pendant la guerre 54/62. Cette dernière est marquée aussi par une violence qui semble être transmise, au point d’avoir permis aux maquisards de procéder aveuglement à des massacres contre les messalistes, les harkis et même des bataillons se déclarant du front commun. Comme celui nommé de maître Lamrani, l’avocat de Mustapha Benboulaïd, composé de quelques 200 rebelles, tous multiconfessionnels car, revenant au CDL (Combattants De la Liberté) issus du PCA (Parti Communiste Algérien).

La qualité des manifestations en Tunisie a été une vraie affirmation de l’avancée sociologique de ce pays. En effet le point de non-retour a été bien assimilé par Mr Ben Ali et ses bouffons de l’embourgeoisement compradore et mafieux.

Le message du jeune tunisien Bouazizi qui s’est immolé à Sidi-Bouzid a été entendu par l’ensemble du peuple de cette nation qui a répondu et fait écho par une sédition qui a remis les pendules nationales à l’heure. Le geste de ce martyr n’a aucunement porté atteinte à autrui, malgré sa cruauté qui exprime un profond désespoir de personne fondamentalement éclairée.