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2 gouvernements en Libye, les avidités derrières la crise.

D’illégitimes acteurs d’une vie politique sans alternance.

mercredi 2 mars 2022, par Azouz Benhocine

La possibilité d’un nouveau conflit en Libye est bien réelle depuis, ce lundi de début mars 2022, même si le conflit a éclaté début février (mois passé). Il sera plus ample avec le temps plutôt, car immédiatement un semblant de tractations le retarde. A l’origine de cette nouvelle crise, le parlement libyen a approuvé un cabinet rival à celui en place et qui refuse de céder ce centre du pouvoir, le gouvernement officiel, à ses successeurs.

D’emblée à quoi est dû cette nouvelle confrontation fratricide ?
L’accès aux fonds de la Banque centrale, qui est un acte de prédation ou crime économique inavoué. Ainsi que les autres trafics, même d’humain. Abdel Hamid Dbeibah refuse de s’effacer devant Fathi Bashagha, son successeur désigné par le Parlement de Tobrouk.

Effet direct de la situation d’instabilité générale doublée aux ambitions des protagonistes qui ont émergé après Kadhafi, la Libye retourne à la case ancienne, où les confrontations pour le pouvoir s’exacerbent encore. Fathi Bashagha, désigné début du mois de février, pour former un nouveau gouvernement, il n’arrive pas à déloger son prédécesseur Dbeibah.

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Le nouveau cabinet se compose de 29 ministres, trois vice-premiers ministres et six ministres d’État, dont seulement deux femmes. Il a été présenté à la législature, élue en 2014, siégeant à Tobrouk. Chaque élu a été invité à voter « confiance » ou « pas », lorsque les noms ont été lus. Mais Saleh a annoncé que le gouvernement avait été approuvé, avant que tous les noms ne soient annoncés.

Le parlement libyen est basé à l’est, Tobrouk, en alliance ouverte avec le maréchal Khalifa Haftar qui a fait de Benghazi son fief. L’approbation mardi, 1 mars, un nouveau cabinet, dans un défi au gouvernement d’unité d’Abdulhamid Dbeibah siégeant dans la capitale Tripoli à l’ouest. C’est l’effet de la fragilité des institutions et de la débandade qui sont les grands défauts dus à la durable crise politique.

Début février, Bashagha avait été chargé de former un nouveau gouvernement pour remplacer celui de Dbeibah. Ce dernier est considéré par la HoR (La Chambre des représentants) comme ayant dépassé son mandat. Alors que le 1er-ministre, par intérim siégeant dans la capitale, a averti à plusieurs reprises qu’il ne céderait le pouvoir qu’à un gouvernement élu.

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L’actuel gouvernement devait diriger le pays jusqu’aux élections de décembre dernier. Mais celles-ci repoussées, le candidat rival à la présidence et rival à celui déjà en exercice, a fait valoir que le mandat de Dbeibah était terminé. Surtout que depuis Tobrouk la désignation d’un nouveau cabinet, que devait conduire Bashagha.

Le 1er, magnat de la construction avait été nommé un an plus tôt dans le cadre des efforts menés par les Nations Unies, s’obstine à céder sa place. Son argument étant de mener la prochaine présidentielle. Le nouveau gouvernement ne satisfait pas le sortant, ce qui donne deux 1er-ministres, avec 2 équipes, comme ce fut le cas entre 2014 et un cessez-le-feu historique est-ouest en 2020.

Et le second, Bashagha, Bashagha, âgé de 59 ans, est un ancien entraîneur de pilotes de chasse. Il originaire de Misrata près de Tripoli, est soutenu par le chef militaire de l’Est Khalifa Haftar, basé principale à l’orient du pays, et dont l’attaque désastreuse de 2019-2020 contre la capitale s’est soldée par une défaite et un retour aux efforts de paix de l’ONU.

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Dans l’atmosphère de désorganisation générale, la confrontation est comme habituellement de paroles. Des discours reflétant des oppositions entre des acteurs politiques s’imposant par la force des armes et le régionalisme. Alors que le plus souvent dans leur ensemble ils ont des ancrages tribaux et des soutiens de milices armées prêtes à tirer à vue.

Le clivage se clarifie cependant. Le défi majeur pour Dbeibah, dont le communiqué a répété mardi que son gouvernement avait l’intention d’organiser des élections législatives en juin. Alors que la nécessité

Cependant le mandat de Bashagha, en tant que ministre de l’Intérieur en 2018-2021, où il s’est efforcé de réduire l’influence des milices et d’intégrer des combattants dans les forces dirigées par l’État, lui vaut d’avoir judicieusement traité un segment de la crise que traverse le pays depuis 2011.

La crise pour le pouvoir en Libye est causée en des affrontements inutiles fomentés par des politiciens illégitimes. C’est le cas, mars 2022, d’exprimer à distance sa confiance à un nouveau cabinet gouvernemental. Plusieurs membres de la HoR ont déclaré ne pas être à Tobrouk, alors qu’ils sont comptés ayant voté. Atteint ou pas, le quorum en faveur d’un nouveau gouvernement devait être perçu sous le prisme de l’alternance.


Voir en ligne : Libye

     

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