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Octavia Nasr limogée de CNN, 2ème femme et journaliste d’origine arabe prise en chasse par les doxas et l’establishment.



La continuité de la même politique qui alimente le terrorisme et la liste noire ne fait que s’allonger…


vendredi 9 juillet 2010
par Hugo Mastréo


Le climat que vivent certains américains qui ont des opinions divergentes avec celles des doxas locales et l’orientation générale de la politique étrangères des USA, pousse aux extrémismes. Après le 11 septembre 2001 et avec le conflit du Proche-Orient, le premier évènement a été provoqué directement et indirectement par la persistance du second, la fameuse « Black-Liste » prend en chasse toute opinion sortant de l’orientation établie.

Voir en ligne : Notre article sur la correspondante Helen Thomas, mise à la retraite pour des vérités concernant Israël.

Après Helene Thomas qui a été d’office mise à la retraite alors qu’elle a exercé de longues années comme correspondante de presse à la Maison Blanche, une deuxième journaliste vient d’être limogée de CNN suite à un message louant l’ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, décédé le 4 juillet 2010, sur Twitter. La première a ouvertement tenu des propos condamnant Israël, et la seconde a exprimé une sorte de sentiment de tristesse suite au décès du guide spirituel du chiisme libanais.

Toutes les deux journalistes ont par la suite tenté de faire part de leurs regrets ou de justifier leurs dires, mais les décisions qui leurs sont tombées sur les têtes sont expéditives. « Il s’agit d’une erreur de jugement de ma part d’avoir écrit un commentaire aussi simpliste » , a écrit Octavia Nasr sur le site de CNN. Après avoir dit sur son message de moins de 140 signes : « … je suis triste d’avoir appris la mort de l’ayatollah, que je respectais beaucoup » . Elle a formulé par la suite, sur CNN, la justification de son respect envers le défunt : « sa position singulière et pionnière au sein des religieux chiites sur les droits de la femme… »

Octavia Nasr a exercé pendant 20 ans, comme reporter chez CNN, et était rédacteur-en-chef du département Proche orient, qu’elle a couvert d’une manière qui n’a jamais été contestée. Son professionnalisme a fait d’elle l’une des meilleures du monde pour les évènements de ce conflit qui secoue depuis des décennies le Monde, grâce surtout à l’effet et l’impact du canal qui l’emploie. Avant de rejoindre CNN, Octavia a été correspondante de guerre pour la Lebanese Broadcasting Corporation dès 1985, c’était ses premiers pas avec la presse après des études suivies au Liban et aux USA. Elle s’est distinguée, dès-lors, pour avoir signalé que les lignes de front de la guerre civile dans son pays d’origine, étaient des plus dangereuses pour les journalistes.

Elle a reçu de nombreux prestigieux prix, notamment : en 2003 de l’Edward R. Murrow (Le journaliste qui a provoqué la destitution de Mac-Carthy) pour sa couverture permanente avec CNN du conflit au Moyen-Orient, le cèdre d’Or 2006 pour l’excellence en journalisme de la chambre de commerce libano-américaine ainsi que le « CNN World Report Achievement Award ».

Elle s’est faite, ces dernières années, une renommée de compétente et même de chef de file, au de CNN, pour l’intégration des réseaux sociaux du Web. Où elle apportait, pour le partage, d’énormes données d’actualité et en prenait l’essentiel des matières qui lui permettaient le traitement de ses sujets.

La place d’Octavia Nasr auprès de la chaîne CNN est des plus influente au niveau mondial. Hors-antenne elle était présente sur toutes les plateformes de CNN Worldwide. Toute la politique du Moyen-Orient et l’actualité qui concerne le terrorisme mondial et l’Islam militant, était présent dans son blog personnel sur le site de CNN avec lequel elle offre quotidiennement un aperçu rarement abordé par la télévision américaine.

Lors de l’évènement du 11 septembre 2001, elle a été l’une de journalistes les plus écoutée au niveau mondial. Parmi ses grandes émissions et reportages, elle a retransmis en direct une couverture de la guerre de Bosnie, l’assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, l’attaque japonaise de gaz Sarin, l’accident du Concorde, et toutes les étapes majeures du processus de paix au Moyen-Orient.

Le Hizbollah libanais, malgré qu’il n’ait jamais directement porté atteinte aux intérêts américains, tout en dénonçant la politique menée dans le monde et particulièrement dans la région à l’instar de nombreux personnalités et pays du monde entier, est considéré par l’administration de la Maison Blanche comme organisation terroriste.

Nombreux experts disent que la violence politique advient des injustices. Les observateurs et analystes pensent de leur côté l’échec du combat anti-terroriste est perdu, du fait que créer des raisons valables qui justifient ses frappes le génère inéluctablement. S’en prendre aveuglement à ceux-là même qui, comme Octavia Nasr, ne disent qu’un sentiment de compassion envers un individu qui rejoint les morts prend une consonance d’appel au crime. CNN est loin d’être en odeur de sainteté depuis les 2 guerres en Irak…