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Coup de boule d’Adel Adbessemed, l’humain Zidane immortalisé.



Une sculpture élogieuse de la simplicité d’un dieu des stades.


jeudi 27 septembre 2012
par N.E. Tatem


Historique, le coup de boule de Zinedine Zidane, sur le joueur italien Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde de foot 2006, a fait l’objet d’une œuvre du sculpteur Adel Abdessemed, un artiste algérien. Dont le parcours, parmi de nombreux exilés pour cause du génocide islamo-terroriste actuellement le plus cruel du monde, est assez édifiant... L’inverse du chemin de Picasso, qui était indésirable en métropole... Pour les clives qui jalonnent la vie humaine de virtualité, voire de la passion à l’actualité, Adel s’inspire du passé, ressentant delà la plénitude de l’existence pour demeurer dans son présent.

… Cette sculpture est dérangeante car imposante et portant un double thème, une forme de disposition agencée, de l’humilité associée avec l’instinct violent de l’être. Le dieu des stades, Zizou, n’était manifestement qu’un être humain à qui l’insulte de la mère et de la sœur, surtout la féminine affiliation, est génératrice d’une forte tension de guerrier. "Le regard de Zidane vers le sol nous rappelle celui d’Adam, chassé du paradis" , souligne Philippe-Alain Michaud commissaire de l’exposition…

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Lire l’interview, recueillie par Philippe-Alain Michaud commissaire de l’exposition, avec Adel Abdessemed, cliquer pour lire.

Voici aussi une expression artistique qui dérange, comme d’ailleurs les conçois, foncièrement ce créateur qui s’est imposé internationalement dans ce qui est l’art contemporain… Zidane a fait l’objet, malgré son retrait de la « peopolisation » outrancière, de plusieurs considérations et insoutenables dénigrements, particulièrement en France...

Avec le titre "Coup de tête", cette statue faite de bronze a une envergure de plus de cinq mètres de haut et pèse plusieurs tonnes. Elle vient d’être posée, mardi 25 septembre 2012, sur la Piazza du centre Georges Pompidou « Beaubourg », dans le cadre d’une exposition, intitulée "ADEL ABDESSEMED JE SUIS INNOCENT", consacrée à l’artiste. La manifestation ouvre au public le 3 octobre jusqu’au 7 janvier 2013, est l’une des plus attendue de la saison 2012 sur cette éminente place de la capitale française qui a rayonnement mondial.

Adel Abdessmed quitte l’Algérie en 1994, quelques jours après l’assassinat du directeur de l’École des Beaux-Arts d’Alger Ahmed Asselah et de son fils, dans l’enceinte de l’établissement, où il poursuivait des études depuis 1990.

Quand il débarqua en France en 1994, une rampe de lancement vers l’universalité qu’ont emprunté nombreux algériens, Abdessemed a poursuivi sa production à Lyon dans École des Beaux-Arts où il resta jusqu’en 1998. Puis à Paris dans la Cité internationale des arts de 1999-2000. Il atterrit à New York de 2000 à 2001 puis Berlin de 2002 à 2004 pour continuer, depuis cette dernière date, d’autres chantiers entre Paris et New-York.

Natif de Constantine, la ville d’Enrico Macias et de Smaïn, il avait entamé sa carrière avec des balbutiements à Batna ville algérienne qui a déjà abrité nombreux sculpteurs de renom, comme Mohamed Demagh, l’ancien maquisard de la libération qui survécu à un bombardement, Salim Yeza le militant berbériste le plus influent parmi les « chaouis » et Bensaid Mohamed Nadjib le cardiologue sculpteur de bois.


Adel Abdessemed, Je suis innocent - du 3 octobre... par centrepompidou

En réalité aucune présentation succincte ne peut contenir les travaux d’Adel, tant sa densité dans les collections, par sa prolifique production ainsi qu’avec les grandes expositions où son concours trouve un écho particulier. Dans l’ensemble des arts algériens, le réalisme, pour certains l’affectation de l’actualité dans l’art, est omniprésent notamment en littérature, le cinéma et le théâtre pour ne citer que les expressions majeures. Cet artiste n’échappe pas au réalisme, plaçant son pays dans les grands musées de la Terre...

La statue « coup de tête » est subversive en s’opposant à la coutume qui fait honneur à la victoire, comme une jouissance. La défaite lors du match et son rappel à la violence se fait apologique, certes un héros l’apporte, à l’anticonformisme que l’art contemporain, avec une force intéressée, met souvent au devant. L’artiste s’est déjà distingué de son approche de Jésus le crucifié dont les détails n’ont pas lésiné à faire, place à partir du fil barbelé à la cruauté, le souffre-douleur d’une victime écorchée.

L’exposition qui s’étale sur 3 mois est une occasion rare pour découvrir les multiples dimensions du travail d’un artiste déjà monument. L’importance de son oeuvre est qu’elle puise de partout, de l’art figuratif, ornemental, stylistique et onirique... Ce nouveau millénaire, aura toujours l’image sous les yeux. Son rapport à l’histoire du passé, et contemporaine en tant que témoin actif, refuse aussi de s’enfermer dans le privilège de l’art. Elle touche de plein fouet le présent.

ECHOS - mise à jour :

Le Centre Pompidou « choqué » par « l’appel à la censure » contre la statue de Zidane

(AFP) La sculpture d’Adel Abdessemed devant le Centre Pompidou à Paris. - Photo Christian Hartmann. Reuters

Le président du Centre Pompidou, Alain Seban, s’est dit « choqué » lundi par « l’appel à la censure » que constitue selon lui la demande de plusieurs présidents de districts de football français du retrait de la statue d’Adel Abdessemed du fameux coup de tête de Zidane, installée devant Beaubourg.

« Je suis choqué par cette demande... C’est ni plus ni moins un appel à la censure », a coommenté Alain Seban. « Je ne peux pas croire qu’il soit dans leur esprit d’empêcher les artistes de créer », a-t-il souligné, invoquant « l’éthique » du sport. « L’art porte un autre regard sur le monde et mon rôle est d’être garant de la liberté de créer des artistes », a-t-il insisté.

Dans une lettre ouverte, une trentaine de présidents de districts de football français ont appelé lundi Zinédine Zidane à demander le retrait de la statue d’Adel Abdessemed, qui représente son coup de tête à Marco Materazzi, y voyant une « utilisation négative » de son image.

Selon les présidents de district, le message véhiculé par cette statue est « contraire à l’éthique sportive et aux valeurs portées et transmises par les centaines de milliers d’éducateurs et de dirigeants qui s’investissent partout sur notre territoire national en faveur des jeunes pratiquants ».