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Crise : priorité à la croissance qu’aux banques



Changement du discours capitaliste dans la première bourrasque de la mondialisation.


samedi 23 juin 2012
par jaco


L’interdépendance des économies a sauté, comme une vague "tsunamique", les frontières des Etats, dans le processus communément appelé la mondialisation. Cette dernière a induit l’interventionnisme politique des puissances et l’apparition de clivages nouveaux s’est aussi imbriquée aux changements. Evoquant aussi les transferts et les échanges internationaux de biens, de main-d’œuvre et de connaissances, elle a accouché d’Internet.

Quand en 2008 la crise s’est déclarée aux USA, la consommation s’est effondrée et ce sont les produits réalisés et consommés sur place, l’habitat, qui en ont été bloqués. L’essentiel du pouvoir d’achat américain s’est volatilisé, les banques avaient d’autres chats plus spéculatifs à fouetter. Nombreuses populations ont été ruinées…

En Europe, les Etats à économies secondaires, n’ayant pas des industries destinées aux équipements, se sont trouvés dans l’incapacité à booster à la fois les activités et le socle social qui maintenait leurs stabilités. Leurs systèmes bancaires, sous l’effet de la mondialisation et de ses paradoxes spéculatifs, se sont avérés aussi vulnérables qu’un citoyen américain perdant son logement. Tous les deux insolvables. Et le cynisme de la finance, va plus loin.

Au fur et à mesure que ces Etats (Espagne, Portugal, Grèce et Italie) ont besoin de liquidités, ils ne les obtiennent, sous formes de dettes, qu’à des taux perversement élevés. Un engrenage infernal qui s’identifie à la monnaie unique où théoriquement la planche à billets est gardée par de bonnes et vaillantes bonnes mains.

Depuis l’arrivée de François Hollande à la présidence de la France, le discours a changé. On ne prie qu’avec la croissance. Une relance passant par la mobilisation de "1% du PIB européen, c’est-à-dire 120 à 130 milliards d’euros", a indiqué M. Hollande lors de la réunion, mini-sommet Italie-France-Allemagne-Espagne du vendredi 22 juin, des dirigeants des quatre principales économies de la zone euro Réunis à Rome. Ils ont appelé à mobiliser quelque 120-130 milliards d’euros en faveur de la croissance, désormais érigée au rang de priorité, pour tenter de sortir de la crise une Europe que l’austérité plombait.

L’austérité imposée par la discipline budgétaire, se laissera-t-elle dépasser par la croissance ? Tel est le mode adopté au moment d’une crise disparate qui ne se laisse domestiquer. La veille du sommet qui a regroupé, le chef du gouvernement italien Mario Monti, le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, l’agence de notation Moody’s a abaissé, jeudi 21 juin, la note de quinze grandes banques occidentales ayant des activités sur le marché mondial. Parmi ces banques figurent cinq américaines, trois françaises, deux suisses, trois britanniques, une canadienne et une allemande.

Et aussi elle a apprécié positivement : La sino-britannique HSBC (Aa3 contre Aa2), l’américaine JPMorgan Chase (A2 contre Aa3) et la canadienne Royal Bank of Canada (Aa3 contre Aa1) qui ont été versées dans le groupe de tête. C’est-à-dire, des outils de financement relevant de pays où la crise n’a pas l’ampleur des turbulences du vieux continent !

Les 120-130 milliards proviendront du renforcement de la Banque européenne d’investissement, des project-bonds (emprunts en commun pour financer des infrastructures) et des fonds européens encore inutilisés, des mesures déjà à l’étude à Bruxelles.

Quelle est la différence ?