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Présidence française de l’UE : une planche sur les vagues.

Sarkozy ouvre la bal à la télé, à la veille de présidence française de l’UE, dure sera ce tour de rôle.

lundi 30 juin 2008
par jaco


Après la Slovénie la France présidera l’Union Européenne pendant le second semestre de 2008, une vacation inévitable dans le « chacun son tour ». La prochaine fois, selon le nombre actuel de pays, elle y reviendra en 2022.

Cet article vocalisé, POUR LES NON-VOYANTS- Vous pouvez écouter la version phonétique en MP3-ici-

Le logo de la présidence française :

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D’une manière indélébile, le non irlandais est plus présent de part sa fraîcheur que le rejet français essuyé par scrutin référendaire. Ce dernier est bien plus significatif car il concerne davantage, pour les considérations premières que porte cette présidence, les français qui sont plus partisans de cette union continentale mais avec un contenu plus social que comme s’accélère le processus ultralibéral sous leurs regards. Mais la marche vers une gouvernance continentale, de plus en plus capable de se substituer aux gouvernements locaux, continue avec l’adhésion de tous ces derniers qui développent le pacte, selon une convention simplifiée qu’une constitution illisible, d’une union héritée de lointains projets gaulliens et partagés avec d’autres actes de la mémoire commune de ce qui est le vieux continent. Y compris le protocole simplifié qui est mis au devant par l’enthousiasme « Sarkozien » date de 2005 et était déjà dans même les rouages Bruxellois.

Interviennent aussi par coïncidence, des événements d’ordre interne à l’union et internationaux qui particularisent cette présidence française. Les premiers sont les élections européennes de juin 2009 ainsi que le renouvellement du collège des commissaires, qui interviendra dans 15 mois, auxquels des préparatifs sont nécessaires. Ceci sur le tableau des appareils institutionnels où la présidence française doit passer la main à ses successeurs en donnant des gages d’avoir déblayé le terrain. Ce qui relève du strict conjoncturel, les seconds, sont les relations avec le reste du monde. Dont les élections aux USA sont en tête de l’activité internationale. Surtout que Barak Obama, donné comme le probable président, vient d’inscrire une escale à Paris dans son périple de campagne qui le mènera en Irak, en Israël et de nombreuses capitales européennes.

Page de garde du receuil des documents essentiels diffusé à l’occasion de la présidence française.

Consulter-le en ligne -ici-

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Suivi des relations avec l’incontournable géant Chinois qui accueille, avec un ample rayonnement sur toute la Terre où sont convoités des espaces de présence européenne. Les jeux olympiques d’août donnent une nouvelle chance aux chinois d’étaler partout leur présence, et le sommet de novembre 2008 définira les relations à entretenir avec ce pays offensé avec une manipulation médiatique d’une ONG française, RSF, pourtant plusieurs fois mise à l’indexe par des institutions comme l’ONU et l’UNESCO.

L’agenda des travaux en relation avec le reste du monde comporte aussi des négociations avec la Russie de Medvedev déjà entamé en cette fin de juin pour un partenariat incontournable, sur des sujets énergétiques ou de conquête de l’espace avec les projets l’ISS (Station Spatiale Internationale) et un sommet, aussi et le deuxième pendant le même mois, en novembre.

Mais la série de sommets est bien volumineuse où celui de l’UPM (union Pour la Méditerranée) caracole comme une planche sur des vagues, entre hésitations des partenaires de la rive sud et un enthousiasme attisé, par les intérêts de chaque pays membre de l’UE, au niveau de celle du nord. L’Inde, le Brésil, Toute l’Asie, la Corée du Sud, l’Ukraine, l’Afrique du Sud et le Canada, chaque pays ou région comme partenaire distinct de l’Union auront aussi les leurs.

Et pour commencer le sommet du G8 à Hokkaido-Toyako au Japon se tient dès le 7 au 9 juillet, où les participants sont assez préparés pour donner plus de teneur à leur présence. Le pays d’accueil, par exemple, avancera qu’il revoit à la hausse ses réductions de GES (gaz à effet de serre) qui étaient de 50% à échéance 2020 avec des prévisions désormais entre 60 et 80 %. Alors qu’au niveau européen on peine à atteindre les modestes 20%. Du fait des efforts, en la matière, sur tous les fronts le Japon s’assure une confiance dans ses actions et coopérations économiques. En matière d’industrie automobile il franchît bien des obstacles devant ses concurrents et au poste de leader, la France a convoité, ces dernières années, certaines chasse-gradées en matière de vente des technologies mécaniques.

Le pain-sur-la-planche ne manque de goût.

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Le contexte de rejet des ratifications difficiles et infructueuses, même carrément démontées, met la présidence française devant une tâche bien ardue. Qui n’a pas encore en mémoire le non hexagonal ? Outre la lourdeur des dossiers que les prédécesseurs n’ont pu traiter jusqu’à une fin de les sceller comme résolus, comme la Turquie ou les ratifications manquées.

La France s’est fixée quatre de travail : Développement durable/Énergie, Immigration, Europe de la défense et Agriculture.

• Le premier point prend d’année en année depuis 1998, où a été ratifié celui de Kyoto, une place prépondérante dans la diplomatie internationale. Il est crucial dans cette présidence française, au regard des implications pénalisant les économies (commerciales et industrielles) et de la difficulté d’assigner les 27 pays à des contraintes draconiennes. Il est attendu par la conférence sur les changements climatiques, de décembre 2008 à Poznan, en Pologne, la dernière étape avant la grande conférence internationale de Copenhague en décembre 2009 sur le climat. Au niveau européen les fiscalités écologiques et le développement de produits propres constituent l’essentiel, alors les discussions avec les pays émergeants (Chine, Inde, Brésil, Mexique etc.) planchent à leur faire réveiller une conscience universelle sur les changements climatiques. Elles forment de réels handicaps aux interlocuteurs qui n’entendent pas de la même oreille la nouvelle donne de la détérioration de l’environnement au niveau planétaire. Ils ont besoin d’émerger d’abord ! Sans se préoccuper d’une responsabilité écologique, idéologiquement très présente en Europe.

• Le second sujet est celui où la France a apporté toute son interprétation à travers « le pacte européen sur l’immigration et l’asile » et sa mise en branle effective et pratique de sa propre politique. Il comporte les points médians que se partagent les autres pays européens, du moins ceux exposés à des besoins de main-d’œuvre ou exposés aux déferlements de flux migratoires : amélioration des contrôles aux frontières de l’Union, organisation de l’immigration légale en fonction des capacités d’accueil de chaque État membre, prise en compte de la question de l’éloignement des étrangers en situation irrégulière, mise en place d’un régime commun de l’asile et promotion du co-développement. Pas plus claire que ça, pourtant le hic ! la période de détention (en prison de rétention avant expulsion) des étrangers votés au niveau européen, à 18 mois, a enfoncé le bouchon de manière à accorder crédibilité, et même justesse et humanisme, aux éloignements très opérationnels en France…

• Le troisième point ramène à une autre présidence française d’un an, en 2008, de l’Union de l’Europe Occidentale (UEO). Dont le cheval de bataille est l’absence d’incompatibilité avec l’OTAN sinon l’étroite collaboration avec cette dernière. Et où elle a prononcé sa volonté de retour, de quoi réveiller le général de-Gaulle, fervent partisan de l’autonomie d’une défense atlantiste, dans sa tombe. Sans omettre de préconiser pour le continent, certainement en cas d’urgence, la capacité européenne de déploiement et de planification. Sur le plan des équipements militaires la standardisation des matériels militaires et le renforcement du marché intérieur en matière d’équipements ainsi que les transferts de technologie sont proposées. Mais on sait, ici, que les fiertés dépassent toute considération ?

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• Et enfin le quatrième point, intitulé « la sécurité alimentaire de l’Europe » soulève le point fondamental, en relation avec la perception des peuples concernés, qui fait voter des « non » et est à l’origine des scepticismes à l’égard d’une Europe. Non pas le libéralisme au sens favoriser les libertés et la démocratie, mais le libéralisme économique dénué de tous projets sociaux. A travers la PAC (Politique Agricole Commune) basée sur la protection tarifaire aux frontières, le maintien d’un budget important et le respect de normes sanitaires et environnementales strictes, les réponses ne sont pas encore clairement émises aussi bien du côté français qu’européen. La zone Euro vit des désarticulations qui étaient inconnues pour les populations par le passé. Les constats sont, au fur et mesure que l’union fait des pas, que les services publics sont moins opérants, le renforcement de la régulation des marchés financiers tarde à s’instituer et aussi la stratégie de Lisbonne sur la croissance et l’emploi n’a pas encore bourgeonnée. En matière sociale, on cite dans la démarche française le concept la « flexisécurité », qui est en rapport le temps de travail, les congés de maladie et de maternité, le travail intérimaire, les comités d’entreprise européens, la mobilité des salariés ainsi que la poursuite du travail pour la mise-sur-pieds d’un « agenda social » commun ou au niveau de chaque Etat ?

Ici l’ambiguïté est plus grande aux yeux mêmes des plus compétents eurocrates et experts qui ont à cœur la construction d’une Europe où la justice sociale va crescendo avec toutes les autres avancées.

Livre paru en l’occasion : L’avenir de l’Europe Collection Questions internationales n° 31 Sébastien Maillard, La Croix, 27 juin 2008 Réf. : 3303331600312 128 pages, 19x25 cm ISSN : 1761-7146

Séquence vidéo -1-

politologue Dominique Reynié sue la présidence française de l’UE :

Séquence vidéo -2-

Ambassadeur français auprès l’UE Pierre Sellal sur Présidence française de l’UE

ATTENTION Cet article a été publié en ligne avant l’internvention du président de la république. Quelques réponses avec le Président français Nicolas sarkozy, extrait de l’émission "C dans l’air" animée par Yves Calvy de la chaîne TV5