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Elections et rentrée sociale, l’Algérie incertaine !



Un FLN gardien de la collection des "CONSTANTES DE LA NATION" : un terrible rien (ou bien) paternel !


lundi 3 septembre 2012
par N.E. Tatem


Selon un bilan des autorités portuaires de la ville d’Annaba (est), 300 tentatives de traversées de la méditerranée vers l’Europe, sur des embarcations de fortunes, ont été enregistrées pour le premier semestre 2012. Soit presque deux par jour. Le nombre de personnes reste indéterminé, et il ne s’agit pas d’africains empruntant ces ruées vers la "Sardaigne des rêves et l’île de Lampedusa (Italie). Uniquement pour le jour et la veille de Laïd du Ramadan, plus de 120 jeunes originaires de plusieurs villes de l’est algérien ont été secourus ou bien rattrapés en plein mer... Sans compter ce qui passe, à l’identique, dans les ports de l’ouest du pays...

Telle est la situation accablante des injustices en Algérie, et des dérives de sa jeunesse en mer. Ceux qui essuient leurs rêves en quittant le pays sont des "êtres" symptomatiques des désespoirs. Une qualité de vie que les pratiques politiques n’arrivent pas à changer, du fait de ne pas s’en préoccuper avant la prise du pouvoir. Et que les dirigeants entretiennent par des résultats décourageants… Alors arrive la rentrée sociale et se dessinent de nouvelles responsabilités pour un peuple qui ne gagne pas sur d’amères réalités...

Les algériens s’apprêtent, après une insatisfaction des législatives de mai 2012, à voter le 29 novembre pour les assemblées locales. Un désengagement des citoyens mine les voies de changement, alors que le pouvoir ne s’est pas encore légitimé depuis octobre 1988. Depuis la première insurrection dans le Monde Arabe contre les dictatures despotiques, qui est celle du 5 octobre 88 en Algérie, la vacance du pouvoir dans se pays est restée sur sa soif. Tous ceux qui ont dirigé le pays depuis cette date ont fait du dépannage, à l’exception de Boudiaf qui a eu dans le sang la révolution…

Coïncidant avec une rentrée sociale que préside une inflation galopante, furtive à toute réglementation et conduite par les prédateurs de la spéculation, ces élections locales sont annoncées par une présidence embrigadant largement toutes les autres institutions. Bouteflika aplatit ses collaborateurs à des gouvernements sous perfusion, continue de mettre sous incertitude sa république familiale et distribue la rente en commençant par les tranches sociales qui lui sont assujetties. D’abord les subordonnées d’un tribalisme bien politisé. Reluisant de tous ses cabales de corruption.

Des milliers de citoyens ne savent pas comment faire face aux frais des rentrées scolaire et universitaire. Car leurs revenus sont érodés par la flambée inexpliquée des légumes, des viandes et autres ingrédients composant les mets incontournables de la table, d’un mois, le Ramadan, dit « sacré » qui vient de se terminer en plein canicule que les achats de l’Aïd ont flambé eux aussi. La période est exceptionnelle avec ses coïncidences, les frais biens lourds en cette rentrée 2012…

Alors que la construction d’une Algérie libérée des « Constantes de la Nation » (entendre : langue arabe, Islam et l’idéologie « le nationalisme » que religion et langue enfantent), émancipée du cycle des violences imposée par les sectes islamistes présentées comme partenaires politiques et réparée de toutes les injustices et exclusions qui poussent au désespoir de la « Harga », a un socle de civilité et moderne. Il s’appelle la démocratie. Le système institutionnel qui se construit à partir de la vérité des votes.

Ah ! Des élections pour les assemblées locales en Algérie ! Fraîchement l’expérience des dernières législatives que le parti du président a inondé de ses députés avec seulement 20% des voix et bien moins de 10 de l’ensemble du corps électoral qui comportent les partisans du boycott. Ces derniers, au regard des 43% de suffrages exprimés s’apparentent au désenchantement sociopolitique des algériens par rapport aux légendaires truquages des votes.

POUR RAPPEL, les résultats officiels :

Electeurs inscrits : 21.645.841

Electeurs votants : 9.339.026

Taux de participation : 43,14%

Suffrages exprimés : 7.634.979

Bulletins nuls : 1.704.047

Des élections qui ont marqué un point, et il est notable. D’ailleurs une remarque paradoxale, elle aussi : 145 femmes ont été élues députées au parlement, soit près d’un tiers des députés, un taux supérieur à plusieurs pays européens dont la France.

Du vote sans changements

Alors ces nouvelles élections, contrairement aux précédentes, sont considérées facultatives pour nombreux algériens. A se demander, si les pauvres du peuple perçoivent la chose politique par le Minbar des réactionnaires, ils sont aussi au mieux à faire une autre démocratie. L’UGTA le syndicat officiel a, en effet, fait part de sa crainte de voir profiler une rentrée sociale “explosive”. Mais aucune suggestion liée aux bases de la république, les localités ou bien la situation des plus démunis.

Les structures syndicales autonomes, nouvelles, émergentes et distinguées de la bureaucratie affairiste de l’UGTA, sont sur la rampe absorbante des forces nouvelles. Mais aussi ne s’inquiètent pas du paysage politique, paradoxalement partitionné dans un nébuleux listing de partis où le RND fait le lièvre pour le parti FLN du président. Un président vivant dans le confort une fin de règne, où la nouvelle constitution attend à tailler un trône à d’autres… Pour continuer…

… cette histoire électorale, le malaise social est davantage exacerbé par ce qui est perçu comme l’immobilisme du gouvernement. Des dirigeants inexistants comme des nains aux pieds du géant. Il était attendu, sans certitude qu’une initiative puisse naître d’un mourant, que le président de la République procède au changement de l’Exécutif juste après les élections législatives du 10 mai dernier.

Le gouvernement change enfin : Sellal remplace Ouyahia, à la veille des élections locales. Deux fois, successivement, directeur des deux dernières campagnes électorales de Bouteflika, ce n’est pas la curiosité tant surprenante. Les observateurs voient une façade qui n’a même pas osé changer de couleurs. Mais cette nomination soulage les esprits qui constataient la panne… Ce « procédurier » issu de l’ENA algérienne, est plus éloquent que son prédécesseur. Il commencera par les votes des localités.

A Suivre :

La page « Baladia » lue par les algériens…