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Bouteflika : anxiogène invisibilité



Absence placide fait l’immobilité institutionnelle


lundi 20 mai 2013
par Hugo Mastréo


Officiellement Bouteflika est encore hospitalisé en France. De même que le dernier communiqué connu, datant d’une semaine, dit qu’"il se porte bien et a besoin de repos". Cependant un journal algérien révèle qu’il a été rapatrié en catimini dans un coma profond. Et comme il n’a pas été vu, le climat d’incertitude donne véracité à l’info de cet organe de presse, qu’à la version corroborée par les autorités.

Voir en ligne : Notre dossier : ALGERIE, régime et constitution

La dernière fois que Bouteflika a été aperçu en bonne forme, c’est en accueillant le président français François Hollande. On le donnait partant pour une nouvelle falsification de la constitution et une 4ème mandature, du fait de la précaire stabilité qu’il puisse encore suscitée en continuant de combler la carence d’un dirigeant charismatique, ou à moindre qualité renommé, pouvant lui succéder.

Mais beaucoup d’eau a coulé... La manière dont la seconde maladie de Bouteflika a été traitée par les médias, les politiques de son sillage, ou bien de l’opposition, ainsi que par les autorités intérimaires susceptibles de reprendre le relaie en son absence, est à l’image du pays. L’indigence des débats et la médiocrité des discours sont bouleversants quant à la clarté et au discernement dont ils sont démunis.

La « rumeurologie » (science de la rumeur) subsistait, côté gesticulation islamiste, à l’imbattable revanche contre l’institution militaire. Qui, elle s’est embourbée à combler les déficits des politiciens qui se comportent en vampires idéologiques, ne donnant que malheurs après un autre, à une population désorientée par moult dévoiements et trahisons.

Sa première maladie, datant de 2005, a été dite un cancer gastrique. Mais revue à la baisse de gravité, elle a été publiquement interprétée en ulcère gastrique. Puis la récente, plus grave, a été annoncée en mini (ou léger) AVC.

A l’origine, le 27 avril le jour-même de sa proclamation et de son évacuation en soirée sur Paris, le « Quotidien d’Oran » a publié un sujet retraçant un litige entre Abdelaziz et Saïd Bouteflika. Chose aussi, pour faire la part des faits, qui a été complètement ignorée. Pourtant le "Quoitidien d’Oran" jouit d’une bonne crédibilité.

Le journal de l’Ouest a mis au devant, ce samedi (27.04) qui est un début de semaine en Algérie, que le frère a été viré de la présidence, où il officiait comme conseiller spécial. Ce fait majeur n’a pas été pris en considération. Pourtant la chasse aux corruptions, dont Saïd Bouteflika serait un principal meneur, bat son plein.

Seule la typologie du malaise dont souffre le président préoccupait, alors que les affaires éclatent l’une après l’autre dans son entourage, sans d’ailleurs qu’elle eu été expliquée. Nous avons rapporté dans l’un de nos sujets, l’exposé des pages « médecine » du « Figaro » qu’est-ce une « AVC » et une « AIT » ?

Et ensuite, l’hebdomadaire français "Le Point" rapporte pendant la semaine du 13 au 19 mai, selon des sources médicales anonymes, que son état de santé s’est dégradé.

Enfin la saisie à l’imprimerie, le 19 mai, d’un organe de presse écrite dirigé par un proche des services de sécurité « mon journal » qui annonçait l’entrée du président «  dans un coma profond » , rehausse le désarroi qui règne en réalité depuis le retour de Bouteflika aux affaires.

Sa réapparition, en 1999, est celle du cacique N°1 de la diplomatie algérienne. Elle signifiait surtout le maintien du régime inusable, et tortionnaire à plus d’un titre, qui gouverne toujours depuis la couverture de la souveraineté nationale. Et même qui a piloté sans partage et avec des liquidations la libération...

L’information rapportée par « Mon Journal » est tombée comme un couperet à l’opacité faite autour des 3 semaines de convalescence. Quand elle n’est pas démentie, elle multiplie l’inquiétude qui s’est installée au sein de la population et des cadres qui sont restés des jours durant dans l’inintelligible arrangement où collaborent des rouages... Des décideurs ayant que de vraies fausses pratiques de gouvernance. Toujours indécrottables !