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Algérie : le grand échec de la diplomatie.



L’Algérie officielle apparaît désormais comme source du terrorisme en Afrique.


samedi 29 septembre 2012
par Azouz Benhocine


Invraisemblable le ministre des affaires algériennes évite, lors de la 67ème assemblée générale de l’ONU, la question essentielle qui secoue et angoisse la région d’Afrique du Nord. A savoir la crise malienne, pays voisin du sud où s’est replié l’AQMI, depuis des années commandée par des algériens venant du nord, et contrôle de vastes zones frontalière par le sud avec l’Algérie.

Laissant toutes les attentes sur leur soif, il s’est très peu consacré à ce sujet de haute insécurité. Alors que le président français François Hollande, à cause des otages de nationalité française en a réservé une partie de sa première intervention devant l’instance internationale à la situation du Mali.

Et en même temps le président malien a multiplié les contacts avec les responsables africains, notamment le président du Benin, Thomas Yayi Boni, actuellement président en exercice de l’Union africaine pour juguler la crise qui déstabilise son pays. Dans les cercles confidentiels, il est dit qu’il a été boudé par les algériens...

Les déserteurs...

Le ministre algérien s’est consacré à des rencontres avec la Russie, la Chine, l’Indonésie et d’autres activités, entravant avec son mépris les efforts internationaux pour solutionner l’affaire désormais dite du «  Nouvel Afghanistan » africain.

Hallucinant, quand l’Algérie est malmenée depuis un quart de siècle par le terrorisme d’obédience obscurantiste. Dont les victimes sont totalement ignorées sinon désignées par le terme « éradicateurs » qui autorisait de les abattre, par la vaste nébuleuse. L’impacte criminel sur l’ensemble du monde, a connu un labo algérien...

De son côté le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a soutenu que les Maliens sont les premiers acteurs dans la recherche de solutions à leurs problèmes et qu’il s’agit d’aider et de soutenir en renforçant notamment leurs capacités nationales. Faisant donc fi dans du concret de laisser les autorités maliennes, dont les moyens sont réduits, dans une solitude insoutenable devant l’AQMI, les autres groupuscules MUJAO et Ansar Ed’Dine ainsi que les AZAWADS qui portent ouvertement la partition de ce pays fragile.

... face à l’insécurité.

La démarche algérienne officielle envers l’islamisme en général et le terrorisme, à la fois populiste et politicienne, consiste à entretenir et domestiquer la bête immonde du bras armé de l’islamo-terrorisme. Cela se fait aussi avec une participation active de larges franges de la population, notamment les politicards « démocratistes » et ceux ayant pour discours les « droits de l’homme » présentant les islamistes comme persécutés, voire des disparus ou bien des tués sans jugements.

Pour l’urgence d’une offensive militaire, conjointe de plusieurs pays africains, contre les groupes terroristes d’Al Qaeda au Nord-Mali ainsi que pour l’éventualité d’une solution de la crise syrienne, dont le départ du despote Bashar Al Assad fait unanimité, le ministre des Affaires étrangères algérien, Mourad Medelci, a observé un silence ahurissant. Dans son discours de mercredi, il n’a pas soulevé les deux questions essentielles « malienne et syrienne ». Medelci a fait bêtement l’éloge de la « Charte pour la paix et la réconciliation nationale ».

Cette démarche algérienne, sans réalisme car la fameuse concorde est une abdication à la violence. Elle a été grandement remise en cause. Une politique que la Haut-Commisaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, qui avisité l’Algérie il y a une semaine, a déprécié ses fondements. Elle a demandé qu’une mission d’experts internationaux doit être diligentée en urgence et sans conditions en Algérie, revenant sur la question des disparus... La plus belle pour les droits de l’homme et non des victimes par centaines de milliers...

Mais, le grand affront donné à la diplomatie algérienne qui est pleinement conduite par Bouteflika, dont on sait le parcours dans le domaine des relations internationales, est venu de Bamako. Le raïs algérien est considéré le seul président à avoir reçu des négociateurs des terroristes dans un dialogue pour des otages.

Les autorités maliennes ont décidé d’accepter toutes les conditions de la Cédéao, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui a renforcé ses prérogatives économiques, pour donner à une force africaine la possibilité d’agir au Mali et ce avant la fin de l’année 2012.

L’Algérie invisible à la CEDEAO

Et sans se référer à Alger, malgré qu’elle considère le pays qui a vécu le pire génocide commis par les islamo-terroristes ces dernières années, comme « un acteur important et incontournable » dans la crise malienne… L’Algérie et son terrorisme, disent un diplomate israélien et autre arabe dans les coulisses de l’ONU, marchent ensemble !

Suite aux tensions entre les différents pays, la CEDEAO a décidé en 1978 d’adopter un Protocole de non agression. Suivi en 1981 par le Protocole d’assistance en matière de défense et une Déclaration des principes politiques en juillet 1991.

Mais c’est en 1990 que l’aspect sécuritaire de la CEDEAO a été appliqué concrètement. Lors de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, il fut décidé de mettre en place un groupe surveillant l’application d’un cessez-le-feu, l’ECOMOG (pour Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group). Ce groupe de supervision est vite devenu une force d’interposition et est intervenu notamment dans les guerres civiles duLiberia, de Sierra Leone et de Guinée-Bissau.