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Algérie : le dévoiement de la contestation hypothéquée par les artifices de la rumeur.



La médiocrité de l’opposition livrée à la cacophonie, et aveuglée par l’avidité de s’installer au pouvoir, ne s’ancre pas dans un mouvement populaire.


lundi 22 août 2011
par Azouz Benhocine


Nombreux journalistes algériens travaillent sans cesses pour retrouver les traces du DRS (les services secrets algériens) dans la manipulation du terrorisme, ou leur connivence et liens avec les pouvoirs qui se sont succédé depuis 1988 ainsi que dans le détournement des richesses du pays. En vain, il est impossible de percer les méandres de ce qui est vraiment impénétrable. Des investigations de fonds en combles, durent depuis des années, n’ont rien donné.

Certains journalistes continuent d’inviter les personnes accusatrices à leur ramener des sujets, des preuves et des bouts de ficelles. Ils attendent toujours et tous, hélas ! C’est un service rendu à l’islamo-terrorisme et au pouvoir qui gouverne avec le despote Bouteflika que d’entendre "DRS-DRS !", l’arbre plus vaste que la forêt. Pourtant d’ininterrompus dires persistent, faussant toute la réalité. Les algériens, les plus écoutés, passent pour des experts de la « rumorologie » (science de la rumeur). Leurs racontars sont proférés et largement diffus au sein de la société.

Un citoyen vous dira : oui je sais que c’est l’armée qui a tué tel intellectuel. Un autre : je connais l’adresse du château du général "X" en Suisse . Et un autre prétendra, citant un cousin ou un ami, le compte bancaire d’un tel renferme tant de milliards . Il faut rajouter que nombreux médias internationaux s’approprient ce jeu de basse-cour. Le coq qui criera plus fort dirigera le reste des poules et canards.

Voici un exemple des rumeurs. ICI LE JOURNALISTE qui fait l’interview dit clairement : CE SONT DES SUPPOSITIONS. La personne qui parle a ramené des photos mais son exposé reste sans moindres réalismes ni clarté.

Aussi bien les islamo-terroristes que le pouvoir de Bouteflika, se servent à profusion de ce tintamarre. Sans d’ailleurs se donner la peine de trop l’alimenter car il opère gratuitement à leur service.

Pour les premiers, les tueurs des 200 000 victimes du « fascislamisme », il y a une participation de leurs fanatiques dans ces bavardages. Et le second blanchi, le pouvoir réel pour se faire oublier comme détenteur des décisions centrales et locales ainsi que le prédateur principal des richesses, ce dense persiflage masque ses agissements.

Cette rumeur est gravement nuisible à une prise de conscience politique de la population. Dès lors que les militants, qui sont aux avant-postes de l’opinion contestataire, se retrouvent désarmés pour clarifier les choses. Ils sont dépassés par le tapage interminable : DRS, armée, généraux, juntes… Les ragots sont plus puissants !

Dans un collectif de la CNCD créé en France pour soutenir les actions menées à Alger, un exilé a eu à entendre d’aller rejoindre un autre collectif. Il a été invité par trois membres parmi ceux qui s’y trouvent.

Avant que la réunion commence, il lui a été signalé l’existence d’autres groupes. A chaque fois que quelqu’un lui fit la suggestion, il demandait les coordonnées de ce qu’on lui a proposé, mais aucun ne l’a renseigné, car ça n’existait pas… La rumeur devait frapper sur même une CNCD, morte avant de naître, qui ne désigna que vaguement un système, un régime et un pouvoir. L’énigme indéchiffrable d’un supposé responsable, de supposés généraux à la place des meneurs de la politique réelle...

Ceci reflète la dégénérescence des pratiques des soi-disant démocrates algériens, qui n’ont pas de voie réellement démocratique à suivre avec de telles pratiques des plus cyniques d’écartement. La cacophonie mêlait entre DRS et Boutef. Le 1er, non loin du second, parce qu’impossible de séparer le bon grain de l’ivraie ! Tels sont les discours qu’a perçu...

... Cet algérien qui a dans sa chaire les stigmates de l’exclusion qu’il a subi de l’ancien système du parti unique et les plaies justes cicatrisées du terrorisme, devait ne plus revenir au groupe. Pourquoi ? Avant d’expliquer, il n’y a que ce cas…

ICI LA RUMEUR qui masque le pouvoir réel est relayé par un média étranger.

Depuis il a la lecture des opportunismes qui lorgnent à s’accaparer le pouvoir, à la faveur du climat de ce qui est le Printemps arabe qui s’est risqué en vain en Algérie, au début de l’année 2011… Cette anecdote révèle bien de quels militants s’est faite la suite, aux émeutes de janvier 2011 liées à des questions de pouvoir d’achat, la suite.

La relève politique visible (car médiatisée) à un soulèvement qui a, lui, fait reculer les décideurs concernant les prix de l’huile et du sucre, est celle qui a toléré l’islamisme et sa criminalité. Ainsi qu’elle a porté des ragots arbitraires contre l’armée du pays et surtout contre les gens la gauche algérienne, dont les redoutés communistes qui hantent nombreux esprits nés avec les dernières pluies…

L’algérien se plait des commentaires que l’armée du pays est totalement corrompue ou bien elle ne fait que de la manipulation politique. Il applaudit plus à ça qu’aux émeutes de la jeunesse et les séditions dans les villes et villages.

Ainsi s’opère le cache-cache des vrais responsables politiques, en Algérie. Qui sont Mehri, Boutef, Belkhadem et, à un degré de revanche, "Ait-Ahmed". Et cette histoire du DRS, pour le malheur des algériens, elle fonctionne merveilleusement bien !

Le DRS est à toutes les bouches à la place des vrais dirigeants. L’armée est la bête Noire pour nombreux critiques et commentateurs. Et ça fait oublier le pouvoir authentique, celui qui a ses discours OFFICIELS scandés et suivis. Ainsi sont floués les citoyens qui n’arrivent pas à contrôler comment sont comptés leurs bulletins de vote.

PROCHAIN article :

Pistes et expériences d’un peuple ayant égaré ses repères mémoriels et identitaires.