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L’exode des chrétiens de Mossoul, une présence séculaire éradiquée



La France ouvre le droit d’asile aux chrétiens d’Irak


mardi 29 juillet 2014
par jaco


Ils étaient quelques 600 000 chrétiens à vivre à Baghdad, avant l’invasion américaine en 2003. 60 000 à Mossoul, ainsi que nombreux autres milliers dans plusieurs autres villes répartis à travers l’ensemble de l’Irak. Les autres cités du pays, ayant une communauté chrétienne importante sont Kirkouk et Bassorah. Au total, l’estimation officielle était, à l’époque, plus d’un million de chrétiens irakiens.

Voir en ligne : Notre dossier : EIIL (ISIS ou Daash) et Irak

L’EIIL, une filière d’Al-Qaïda qui s’est développée depuis 2011 en Syrie, a toujours ciblé les chrétiens, les chiites et les forces étrangères, depuis même l’arrivée des forces de l’OTAN conduites par les Etats-Unis en 2003. Les non-musulmans, avec le silence des prédicateurs de l’islamisme, se font massacrés en Ira et ailleurs.

L’offensive du Daash (appelé aussi EILL et ISIS) date de janvier 2014, en investissant la ville de Fallouja et occupant toute sa région dans le Buran, et non depuis le mois de mai dernier. Elle n’avait pas été inquiétée depuis 6 mois. Ce qui lui a donné le temps de préparer son offensive en Irak et couper le pays sur des critères sectaires, chiites et sunnites.

Elle a pris de grandes étendues du nord de l’Irak depuis le mois dernier, provoquant à Mossoul surtout la fuite des chrétiens. Cette ville a accueilli la foi depuis ses premières années d’existence, voire depuis des siècles à ces non-musulmans. L’organisation terroriste avait ordonné aux familles chrétiennes de Mossoul, une ville tombée sous sa coupe depuis mai 2014, de se convertir à l’islam ou quitter la ville, provoquant l’exode massive.

Un ultimatum a été donné à ces communautés à Mossoul par EIIL, avec la proclamation du nouveau califat. Mais sans s’arrêter là, les persécutions et les destructions des monuments se sont aussi enclenchées. Ceux qui ont hésité, ou n’ont pas voulu se conformer, ont été menacés d’exécution. Et les propriétés et biens de ceux qui ont quitté Mossoul, ont été confisqués au profit de l’EIIL, a rapporté l’AFP se référant à une déclaration du groupe criminel.

C’est le dernier exemple tragique de la terrible menace que les groupes djihadistes en Irak, mais aussi en Syrie et ailleurs, font aux autres Irakiens qui n’adoptent pas leur régime et ne se soumettent pas à leurs directives. Ils posent à ces populations, qui sont historiquement une partie intégrante de cette région, la condition essentielle pour exister et y vivre.

L’exil ou le cercueil

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, au début du mois, a condamné le traitement des chrétiens et a chargé un comité gouvernemental pour aider les personnes sans abri. Mais les autorités sont dans l’impossibilité de défendre leurs positions, alors que Baghdad est menacée, plus que jamais, d’être prise.

Dans une déclaration conjointe diffusée le lundi, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, ont annoncé «  La France est indignée par ces abus qu’il condamne avec la plus grande fermeté  ». Les procédures administratives du droit d’asile sont officiellement mises en place au bénéfice des chrétiens d’Irak.

Lors de cette occasion, de rendre public que la France est prête à accueillir les chrétiens fuyants la zone de l’Irak contrôlée par l’Etat islamique et du Levant, les deux ministres ont dit : « Nous sommes en contact permanent avec les autorités locales et nationales pour s’assurer que tout est fait pour les protéger » .

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a déjà dénoncé la persécution des minorités en Irak, avertissant ces actions peuvent être considérées comme des crimes contre l’humanité.

Une déclaration adoptée à l’unanimité la semaine dernière, par le Conseil onusien, a condamné avec des termes fermes la persécution systématique des individus des populations minoritaires, ceux qui refusent la pseudo-idéologie extrémiste du Daash et les groupes armés qui lui sont associés, en Irak.

Sans distinction aucune, les terroristes de cette organisation ont également persécutés plus nombreux que tous. Une bonne majorité de musulmans chiites d’Irak dans les zones sous leur contrôle, ainsi que les musulmans sunnites qui s’opposent l’idéologie du groupe, ont été aveuglement massacrés.

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