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Algérie, recul des libertés et inquisition où les conquêtes de l’islamo-fascisme



Le procès du converti, Slaghi Krimo, au christianisme illustre l’intolérance officielle, la complicité des pseudo-démocrates et le renversement des valeurs qui éclairent la conscience.


samedi 26 novembre 2011
par N.E. Tatem


Même si la constitution garantit la liberté de conscience, le jugement de ce novembre 2011 à la cour d’appel d’Oran démontre le climat anti-démocratique généralisé qui s’instaure au sein même des milieux qui militent pour les libertés. La propagande pro-islamiste cachée par les droits de l’Homme et le virage du régime, épuisant l’égard au pseudo-nationalisme prédateur, ne laissent place à aucune considération des citoyens sans défense broyés par le poids de l’authenticité d’une identité autocratique... L’Algérie est passée, sans Printemps Arabe, de l’Hiver de la dictature à la canicule islamo-fasciste.

La répression dont sont victimes les athées et les non-musulmans d’Algérie explique les degrés bassement modiques et vils qu’a atteints la démocratie comme philosophie, démunie de préalables idéologiques quelconques. Les condamnations de chrétiens dans ce pays Maghrébin, ainsi que le comportement des magistrats que suit l’indifférence de l’ensemble de la communauté nationale, démontrent la nature décadente, en matière de libertés, de l’Islam rigoriste fermement ancré dans les mentalités. Dans la capitale ainsi que plusieurs villes du pays, la chasse à la consommation de l’alcool est devenue le sport favori des institutions soutenues par un clergé, squattant la mosquée, de plus en plus arrogant et funestement préjudiciable à la citoyenneté.

La chasse aux sorcières est devenue plus grande avec l’arrivée de Bouteflika, l’homme reliquat du nationalisme xénophobe et dominateur réhabilité après même la rupture du 5 octobre 1988 qui libéra quelque peu la liberté d’expression. C’est en 2006, sous le règne d’un despote qui a vu la corruption prendre des proportions inégalées, que la loi réglementant les cultes, autres que l’islam, a été votée. Le récent procès d’un converti au christianisme illustre l’alliance de ce nationalisme qui s’habille désormais en islamisme, illustre la décadence des droits humains et l’anéantissement extrême des libertés de conscience.

Aucun défit n’est exprimé à une situation manifestement en perte du moindre repère pouvant assurer aux êtres d’avoir une existence inviolable par autrui. La personne se soumet à l’ensemble qui plonge dans une intolérance idéologique, celle-là, car ayant des tenants qui se légitime au pouvoir par de telles atteintes aux fondamentaux de la vie privée. Cette dernière est poussée à être clandestine, sinon hypocrite !

A Oran, les policiers s’aventurent même à séparer filles et garçons dans les lieux. Qui pourrait croire que la capitale de l’ouest algérien qui a vu naître la musique, pourrait un jour virer à une telle intolérance ?

Siaghi Krimo et sa famille

La cour d’appel d’Oran a tenu une instance le 17 novembre, afin de juger le citoyen Slaghi Krimo pour délit religieux. La formulation de ce procès mérite son trophée en matière de transgression de la conscience. Pourtant ni les démocrates, ni les instances qui jouent avec les droits de l’Homme pour défendre les « fascislamistes » de l’ex FIS et de son bras armé, l’AQMI et autres succursales du crime militant pour la charia, et ni la presse (exception de la privée), car elle aussi dans sa majorité, ne s’intéressent guère à cette actualité. Pourtant le sujet renvoie à la démocratie d’abord…

Âgé de 27, ce justiciable qui s’est converti en 2007 est cité pour comparaître pour « injure contre le prophète ». En mai de cette année, au niveau du tribunal, il a écopé une condamnation à 5 ans de prison ferme. Il a été dénoncé, avec une délation d’une ignominie insupportable, par son voisin auquel il a remis un DVD parlant de la vie du Christ et des témoignages de convertis. Son arrestation s’est faite comme pour appréhender les criminels de haute importance, sa maison a été saccagée par l’occasion. Dans un pays où un terrorisme confessionnel, basé du côté le l’obscurantisme partisan à la fois au sein du pouvoir et dans l’opposition, massacre sans répit depuis déjà la 3ème décennie entamée... Ce citoyen constitue le grand martyr des complices directs et indirects avec l’islamisme.

Le débat entre religion

Son interrogatoire au commissariat fut une persécution tue par les cercles qui crient leur attachement à la démocratie. Plusieurs policiers lui ont fait toutes les humiliations possibles. L’insulte est monnaie courante, certains lui crachent sur le visage et d’autres le menacent de le tuer. Et au tribunal, le comportement des magistrats est ahurissant. Le magistrat annonça : « quitter l’Islam est crime ». La criminalisation est partout. Comme celle des exilés, les Haragas, qui quittent le pays sur des embarcations de fortune. C’est aussi l’impondérable réprimande des désespérances, de la jeunes, qui s’affichent dans un pays dérouté de son meilleur destin.

Dernièrement en 2010, deux ouvriers, abattus par la dureté du jeûne du ramadan en plein été, ont été surpris en train de consommer un casse-croûte. Dénoncés, puisque certains musulmans croient gagner la bénédiction d’Allah avec leur délation, ils furent arrêtés. Mais la riposte de la société civile, dont des musulmans pratiquants, a gagné leur relaxation. En 2008, K Habiba arrêtée avec une bible dans un bus reliant la capitale à l’ouest du pays, le procès d’une femme qui changea de religion a ému nombreux algériens et l’opinion étrangère qui découvrit les lâchetés qui s’officialisent en Algérie sans aucune réactivité de la société.

Le procès de Siahi Krimo est en délibéré jusqu’au 1er décembre...