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Après le FMI, la Banque Mondiale change de manager...

Les pays émergents espèrent un de leurs ressortissants comme directeur.

dimanche 1er avril 2012
par jaco


Pour remplacer le président de la Banque Mondiale, l’Américain Robert Zoellick, qui démissionna le 16 février, et quittera son poste le 30 juin prochain, une nouvelle opposition est ouverte entre pays émergents et puissances économiques traditionnelles ou occidentales. L’institution financière, sous tutelle de l’ONU, regroupe 187 pays et ceux dits "émergents" souhaitent placer un de leurs experts. Le partant est « la bête noire » des altermondialistes, et il vécut le retrait du Venezuela, après le remboursement de la totalité de ses dettes.

Comme pour la direction du FMI, après le départ de DSK, la bataille pour diriger la banque mondiale oppose pays émergents et anciennes puissances économiques occidentales. Jim Yong Kim, un Américain originaire de Corée, est en lice avec deux candidats ressortissants des pays émergents : Le ministre des Finances du Nigeria : Ngozi Okonjo-Iweala et l’ancien ministre des Finances colombien : José Antonio Ocampo.

Même si pour la première fois, depuis l’année 2010, la Chine est devenue contributeur, et le Royaume-Uni est passé devant les États-Unis comme premier bailleur de fonds, la direction revient aux USA depuis sa création. 45 États sont donateurs (dont la Chine et l’Afrique du Sud), elle compte environ 10 000 employés dont la moitié pour le développement.

Basée à Washington, la Banque Mondiale est une institution spécialisée de l’ONU. Elle fut créée le 27 décembre 1945 sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le développement, pour réparer les dégâts de la seconde guerre mondial, originellement destinée pour aider l’Europe et le Japon à se reconstruire. Avec comme tâche le financement des grands projets d’infrastructures du genre : centrales électriques, autoroutes, aéroports… etc.

Cette banque est l’incarnation même de ce qu’est le capitalisme mondial en prise actuellement avec une crise qui depuis 2008, n’est pas encore résolue. Elle établit l’observation très suivies par les politiques et les médias : l’Indicateur de développement humain (IDH). Les ONG la voient que son action est moindre en matière de lutte contre la pauvreté, en la soupçonnant de négliger les aspects sociaux et environnementaux. Sa charte fondatrice, stipule en effet que les prêts sont versés en fonction de considérations purement économiques, sans regard sur le régime politique du pays bénéficiaire.

Elle s’orienta à aider au développement des pays décolonisés, puisque le vieux continent et le pays du soleil levant ont repris leur croissance, et ce depuis les années 60. Dès les années 90, elle s’est distinguée d’efforts de financement des pays de l’est-européen sortant d’un socialisme qui faisait plus le partage de la misère. Puis les pays en voie de développement (PVD) et en particulier les pays les moins avancés (PMA), l’intéressent plus concernant les axes essentiels comme l’éducation, l’agriculture, l’industrie, la santé… Elle attribua 17,7 milliards de dollars (soit 12,2 milliards d’euros) aux pays en développement pendant le cycle 2005-2008.

Sa mission évolua avec les époques. Après avoir été une institution strictement financière, elle s’investit dans la réduction de la pauvreté, délaissant l’objectif unique de croissance économique. Mais ces opérations structurelles envers nombreux pays, montrait beaucoup que le Banque Mondiale défend les intérêts des sociétés multinationales. Elle favorise la création des très petites entreprises, comme elle soutient de la disponibilité de l’eau potable aux populations, l’accès l’éducation du plus grand nombre d’habitants de la Terre et le développement durable est dans ses objectifs. Elle considère ces trois schémas comme des facteurs essentiels à la croissance économique.

Le scenario qui s’est déroulé pour la direction du FMI semble se répéter, avec la prépondérance des pays contributeurs à savoir les pays occidentaux. Malgré que le volet des finances mondiales tient de nouvelles tendances, dont celle de la disponibilité de numéraires frais auprès des pays détenant de grandes ressources d’énergie pétrolière.

La règle tacite, comme un accord informel, fait que le directeur du FMI soit désigné par les européens. Et le président de la Banque Mondiale soit celui proposé par le gouvernement américain. Il reste de mise, malgré sa contestation par les pays émergents. Les autres candidats de ces pays, dont la croissance économique est imposante, savent qu’ils font de la figuration.

Les États-Unis, actuellement devancé par la Chine, était le principal actionnaire de la Banque mondiale et les européens en sont les argentiers du FMI. Le mandat de 5 ans est renouvelable par le conseil d’administration.

L’appellation Groupe de la Banque mondiale désigne depuis juin 2007 cinq institutions :

 la plus importante est la Banque internationale pour la reconstruction et le développement(BIRD), son fonctionnement est assuré par le versement d’une cotisation réglée par les États membres,

 l’Association internationale de développement (AID), fondée en 1960, ses prêts sont réservés aux pays les moins développés,

 la Société financière internationale (SFI), fondée en 1956, pour financer les prêts et les investissements réalisés par les entreprises dans les pays à risque,

 le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), fondé en 1966,

 l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI), fondée en 1988, pour la sécurisation des prêts.

Liste des présidents

 Eugene Meyer (juin 1946 - décembre 1946)

 John J. McCloy (mars 1947 – juin 1949)

 Eugene R. Black. Sr (1949 – 1963)

 George D. Woods (janvier 1963 – mars 1968)

 Robert McNamara (avril 1968 – juin 1981)

 Alden W. Clausen (juillet 1981 – juin 1986)

 Barber B. Conable (juillet 1986 – août 1991)

 Lewis T. Preston (septembre 1991 – mai 1995)

 James Wolfensohn (juin 1995 - mai 2005)

 Paul Wolfowitz (1er juin 2005 - 30 juin 2007)

 Robert Zoellick (depuis le 1er juillet 2007)