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Haftar protège le gouvernement libyen chassé par les islamistes du CNG



Aucune frappe de l’armée algérienne en Libye, selon des sources sûres de Benghazi.


lundi 9 juin 2014
par Azouz Benhocine


La place des martyrs de la capitale libyenne a été le théâtre d’une rixe, vendredi 6 juin, entre les partisans du général Haftar Khalifa et les islamistes. Des Libyens partisans de l’une ou de l’autre des parties se sont affrontés, et la police n’a pas réussi à séparer les deux parties, on dénombre un blessé.

Voir en ligne : Notre dossier : Libye, transition et islamo-terrorisme

Contrairement à ce qui a été annoncé par la presse algérienne et certains titres internationaux, aucune frappe n’a été opérée par l’armée algérienne en territoire libyen, ces derniers jours. (Voir notre prochain sujet) Nos sources, résultant d’une investigation pour trouver des témoignages, attestent qu’aucune présence de ce genre d’assauts.

Et ce malgré que les militaires libyens, du côté du général Haftar, ont averti la Tunisie et l’Algérie d’éventuelles échappées ou assauts terroristes, qui sont risqués pour être menés à partir de leur pays. Une ancienne opération algérienne a été effectivement menée, elle s’est limitée à des points proches de ses frontières et ne s’est jamais aventurée profondément dans le pays à l’ouest, côté Benghazi.

La Libye est actuellement tiraillée par deux gouvernements qui se déchirent pour le pouvoir. La 4ème des équipes dont la mission devait se terminer en février dernier, est , comme ses trois prédécesseurs depuis la chute de Kadhafi, aussi de mener la transition, inachevée. A l’imbroglio de la succession d’exécutifs gouvernementaux, se rajoute une sédition du général Haftar qui gagne les soutiens des Libyens aspirant à la stabilité, de nombreux Etats de la région (dont l’Algérie) ainsi de certains pays du Monde.

Deux gouvernements se chamaillent, derniers des 5 proclamés depuis la chute de Kadhafi.

Ahmed Miitig désigné par les islamistes qui dominent le « CNG » (congrès national général), depuis le 4 mars, est contesté. Il remplace celui d’Abdallah al-Theni qui a pris ses fonctions après celui d’Ali Zeiden. Le partant a dénoncé une attaque armée lors du siège officiel qu’il occupait, afin d’y être délogé.

C’est le 5ème exécutif gouvernemental installé depuis la chute de la dictature, alors que de nouvelles institutions efficientes n’ont pas encore vu le jour. La mise en place du CNG, genre de constituante, dès le début de la nouvelle ère, permettait aussi de désigner les gouvernements. Le dernier venu, dominé donc par les islamistes, ne fait unanimité pour son traitement des groupes islamistes, et surtout du fait qu’il prend fonction avec moins de 50% des membres du CNG. Ce qui a poussé le général Haftar Khelifa de se rebeller.

Dans la perspective des prochaines élections du 25 juin, ces échauffourées augurent qu’un vrai pugilat est ouvert. Il y a cependant une différence entre les deux types de manifestants. Ceux qui ont confectionnés un cercueil en feuilles de contreplaquées où était inscrit l’acronyme « Ansar Ech-Charia » et leurs rivaux les islamistes. Qui veut réellement se débarrasser de la violence en Libye ?

La Mission d’appui de l’ONU en Libye (MANUL) a annoncé vendredi qu’une initiative de dialogue politique, entre les protagonistes libyens les plus influents va être mise en place afin de mettre finà leurs désaccords chroniques. A l’approche des élections législatives, cette déclaration de Farhan Haq, porte-parole de l’ONU à la presse à New York, consiste à mobiliser la communauté internationale.

Entre les politiciens de la religion et les organisations terroristes, l’amour n’est jamais aussi redit et vérifié qu’en Libye post-Kadhafi. Puisque les islamistes de Turquie alimentent le terrorisme en Syrie et ceux d’Iran ont créé une armée sous la bannière du chiisme, le Hizbollah, au Liban, il est carrément impossible de croiser sur Terre l’islamiste qui ne serve d’une manière directe ou détournée le terrorisme en hommes et moyens. Manifestants libyens.

Liste des gouvernements libyens après Kadhafi
période - nom du chef du Gouv.
(5 mars) 23 août - 23 octobre 2011 Mahmoud Jibril, président du Conseil exécutif
23 octobre - 24 novembre 2011 Ali Tarhouni, président du Conseil exécutif par intérim
24 novembre 2011 -14 novembre 2012 Abdel Rahim al-Kib, président du Conseil exécutif puis Premier ministre intérimaire
14 novembre 2012 au 11 mars 2014 Ali Zeidan, Premier ministre -
12 mars 2014 au 4 mai 2014 Abdallah al-Thani, Premier ministre par intérim
Depuis le 4 mai 2014 Ahmed Miitig, Premier ministre

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