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Turquie : #OccupyGezi, les syndicats appellent à la grève



Les islamistes turcs : la pire dérive autoritaire qui sont pris en exemple.


mardi 4 juin 2013
par Azouz Benhocine


La construction d’un centre commercial en remplacement d’un parc, genre jardin public arboré, à Istanbul, telle est la cause indirecte d’une vague protestation, jamais faite à ce jour, contre le pouvoir islamiste, qui lui est directement visé après un règne de 11 ans en Turquie. Dans le pays grondait depuis des mois, voire des années, une houle protestataire face à l’absurdité obscurantiste.

Il s’agit du parc Gezi-Taksim, qui n’est pas seulement une place cimentée comme Tahrir au Caire originellement dite « Square », qui sera bétonné. Mais ce n’est pas le seul cas d’atteinte à la nature dans un pays qui semble être livré à une gabegie, après que bien des décennies qu’il a sauvegardé son patrimoine.

La construction d’un troisième pont sur le détroit du Bosphore, à Istanbul aussi, pour relier l’Asie à l’Europe, a été lancée, un jour auparavant, lors d’une cérémonie ayant rassemblé 10 000 personnes. Et où étaient présents le président Abdullah Gul, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et nombreux responsables gouvernementaux.

Le projet a été médiatisé comme le plus long pont, de 1.275 mètres, suspendu au monde. Quelques milliers d’arbres, dont des spécimens plusieurs fois centenaires, ont été obligatoirement passés à la scie sur les baies faisant face. Des contestations préoccupées par l’environnement ont été exprimées en vain, à ce sujet qui précéda celles qui ont été éclaté avec force pour Taksim Gezi.

En réalité, Taksim Gezi est un symbole des libertés dans une Turquie qui vit sa pire époque, le record mondial du nombre de journalistes emprisonnés. Au 2ème jour des manifestations, le mouvement contestatire est propagée à toutes les grandes villes dont la capitale Ankara ainsi que Bursa, Eskisehir, Izmir, Mersin, Adana,Izmit, Konya, Samsun9, Trabzon et Bodrum

Originellement, ce sont des écologistes et des riverains qui se sont révoltés contre la destruction de ce parc, qui est parmi l’un des plus appréciés des 20 que compte la seconde et historique ville du pays du Bosphore. C’est aussi l’une des rares verdures, du centre de la mégalopole, qui a remplacé casernement historique démoli en 1940, où des arbres ont eu des décennies à monter pour chatouiller le ciel.

Selon les rares témoignages du voisinage au parc Gezi, il y a eu d’abord une dégradation voulue car visible avec un laisser-aller en matière de salubrité des lieux. Une gouvernance présentée reluisante, mais pleine de déprédations à l’instar de nombreuses autres mesures liberticides et à forte inquisition islamiste connues dernièrement dans le pays.

L’une des plus importantes confédérations syndicales, des travailleurs du secteur public, « KESK », appelle à une grève de deux jours pour dénoncer la "terreur d’Etat" exercée contre les manifestants qui défient le gouvernement. L’opinion turque est choquée, la terreur d’Etat, contre des manifestations pacifiques, ne pouvait passer sans retombées. Puisque le commencement revient à une occupation paisible de Gezi Taksim sur laquelle s’est abattue une répression policière impitoyable.

La KESK revendique 240.000 adhérents et regroupe 11 syndicats. Son évaluation de la situation soulève la brutalité de la répression qui traduit l’"hostilité à la démocratie" du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. Après quatre jours par un mouvement de protestation antigouvernementale, l’implication des acteurs politiques est ouverte...