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Arrestation des tueurs de Chokri Belaïd, la police silencieuse !

L’opposition et la famille restent sceptiques !

vendredi 22 février 2013, par Azouz Benhocine

Sans préciser le nombre ou l’identité des personnes arrêtées, ni leur appartenance politique, Ali Larayedh a annoncé ce jeudi l’arrestation de suspects de l’assassinat, le 6 février, de l’opposant de gauche Chokri Belaïd. Alors que le frère du défunt dément... Toute l’opposition reste, elle, réservée sur la prétendue avancée de l’enquête, alors que les médias mondiaux se sont emparé de l’information.

Prendre cette information avec des pincettes, malgré qu’elle sorte de la bouche d’un haut responsable, on invoque l’immaturité, d’ailleurs la plus officielle, des investigations. Voire la "cachoterie" et l’ambiguïté. Comme on peut déclarer l’erreur... le temps de surmonter la crise où est plongé le pays/

Les compagnons de Chokri Belaïd se sont déjà inquiétés que les ministres de l’Intérieur et de la Justice, deux dirigeants du parti islamiste Ennahda au pouvoir, contrôlent l’enquête. De même que plusieurs organisations internationales ont soulevé la proposition d’une enquête indépendante.

Invoquant les secrets de l’enquête Mr. Larayedh, perçu comme l’éventuel nouveau chef du gouvernement, n’a pas donné plus de détails. C’est lors d’une rencontre médiatique, à laquelle a assisté Mr Hamadi Jebali, le chef de l’exécutif partant, dit être présent pour la circonstance de féliciter le ministère de l’intérieur et les enquêteurs pour de tels résultats... Que ces révélations ont été rendues publiques !

Chokri Belaïd

Cette opacité dessert beaucoup la transition qu’emprunte la Tunisie qui affronte l’adversité islamiste qui est déjà aux commandes et n’hésitera pas d’user du manque de transparence. D’ailleurs le même jour de cette déclaration, Ennahdha mène des discussions internes pour désigner un nouveau premier-ministre.

En effet le démenti de la famille du décédé vient remettre en place ce qui peut être nuisible aussi à l’enquête. La Tunisie négocie une période cruciale de son existence. Le passage à la démocratie est menacé. Car le jour de cette conférence de presse relatant l’avancement de l’enquête, des faits viennent étayer l’instabilité... inexorable !

Le même jour :

1 - Khaled Tarrouche, intervenant sur la télévision publique, n’a fait état que d’un seul blessé. Or ce sont bien deux policiers qui ont été touchés dans un échange de tirs avec des salafistes dans la ville de Sidi Bouzid (sud-ouest), berceau de la révolution tunisienne, selon une dépêche de l’AFP qui a des sources médicales. Quatre hommes armés qui s’étaient retranchés dans une mosquée du centre de la ville, ont réussi finalement à prendre la fuite.

2 - La Police, qui ne confirme pas les dires du ministre à propos de la mort de Chokri Belaïd, annonce avoir découvert un important stock d’armes (Roquettes et lances roquettes de type RPG, plusieurs Kalashnikovs) dans une maison de la ville de Médenine non loin des frontières tuniso-libyennes. Là, c’est une dizaine de personnes qui ont été arrêtées.

Selon la déclaration du ministre, l’enquête n’a pas abouti encore à l’identification exacte du tueur, de ceux qui sont commanditaires de cet assassinat et des mobiles. Ce qui rajoute aussi du doute à la véracité d’une déclaration, même le nombre de personnes appréhendées n’est pas donné.

La période de deux semaines qui sépare les arrestations du jour du délit, ne s’explique pas la question, qui a laissé à la famille de faire valoir son démenti. Une une vague d’émeutes à travers le pays à suivi le meurtre du leader laïc et de gauche. La démission du Premier ministre Hamadi Jebali est aussi la conséquence d’un crise politique qui ébranlé tant la société tunisienne que la le parti islamiste au pouvoir.


Voir en ligne : Notre DOSSIER : Tunisie, BERCEAU DU "Printemps Arabe".


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