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Algérie : l’idéologie du régime et les émeutes de Ghardaïa



L’islam ethnique et sectaire s’implante avec la stérilité de l’identité


samedi 4 janvier 2014
par Azouz Benhocine


Dernièrement un sarcasme du président François Hollande devant la communauté juive de France, a viré au cauchemar diplomatique. Le phénomène des émeutes en Algérie est d’actualité sociale, mais il est aussi d’expression berbère ! Avec la violence islamo-terroriste comme toile de fond, le destin de la population livrée au populisme et aux méandres obscurantistes, la critique parisienne n’est pas si acerbe finalement...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

La ruine politique d’Algérie n’a pas encore terminé avec les déstabilisations sporadiques. Les revendications berbères aspirent désormais à l’autonomie de la pittoresque région de la Kabylie. Le Mak « Mouvement d’Autonomie de la Kabylie » de Ferhat Mehenni fait trembler le sérail et le folklore d’une opposition à la fois arrogante et inopérante.

Quand dans la société algérienne les clivages sont ethniques, ils sont dues principalement aux populations berbérophones qui les expriment d’une manière à la fois radicale et spontanée. Elles ont pour caractéristique l’identité linguistique.

Les Mozabites, parlant Tamazight sont ibadites et les arabophones sont Malikites. Ce genre de particularité s’est déjà déclaré, par le passé avec moins de violence, à Ghardaïa. Les-voilà revenues en cette fin d’année 2013, avec une ampleur et une tournure inconnue...

L’identité officielle est très despotique...

Selon une dépêche de l’APS, le Premier ministre a reçu, jeudi 03 janvier 2014 deux délégations de citoyens représentant les communautés ibadite et malékite de, la prestigieuse ville par son tourisme, Ghardaïa. Dans le but de mettre fin aux tensions qu’a connues cette localité chef lieu de Wilaya (département).

Chaque communauté a été représentée par 12 personnes auprès d’Abdelmalek Sellal, pour atténuer les tensions qui remettent gravement en cause l’autorité de l’Etat. Comme les institutions publiques, notamment avec la déliquescence des services chargés de l’ordre public, le chef du gouvernement a eu recours à cette médiation qui n’a pas fait long feu. Puisque la politique générale qu’emprunte le pays est carrément inadéquate à l’édification et la gestion d’un Etat fiable.

A l’origine, les berbérophones Mozabites et les arabophones ont montré une rupture de l’harmonie qui régnait depuis des siècles, c’était pendant les dernières années 90. La politique d’élargissement de l’usage de la langue arabe dans les sphères publiques notamment, permet l’hégémonie de toutes les pseudo-idéologies généralement liées au nationalisme ruineux qui gouverne depuis l’indépendance !

Langue arabe et religion musulmane ont chacune une partition à jouer dans le pourrissement. Et ils ont leurs ARABES DE SERVICE, les batalguias qui militent corps et âmes pour la prédominance de l’identité islamo-arabe.

... pour s’en passer des « batalguias » qui l’imposent à une jeunesse insurgée !

Bien sûr l’admission de l’islamisme dans la vie politique, selon les discours rebutant la laïcité qui reviennent aux décideurs et aux mouvances réactionnaires qui leur sont affidées, alimente ces turbulences dans un pays largement secoué d’un terrorisme qui a la même matrice théocratique. Ce n’est pas au président français, dans de tels cas, de s’excuser du désordre et de l’insécurité.

Les sectarismes qu’entretiennent les rîtes « ibadite et malékite » dans cette région positionnée au cœur l’Algérie, sont largement ranimés par le vecteur de l’islamisme. Qui dans ce cas précis de Ghardaïa, la fameuse théologie qui préconise des relations humaines sur les bases de la charia ou bien d’inspiration religieuse, opère dans la discorde.

L’Etat se veut arabe, une partie de la population le refuse ! Elle est angoissée de l’aliénation de sa « bérbérité ». Et en plus l’islam, de cette catégorie ethnique récalcitrante, est différent de celui qui défend avec violence la langue arabe officielle.

L’islamisme s’implante avec des ressorts ethniques, voire tribaux et d’expression pré-moderne. Il distingue les communautés religieuses avec lesquelles il dépasse la doctrine étatiques et les institutions de la république.

Les autorités et Bouteflika lui-même ont qualifié les échauffourées des dernières semaines entre arabophones et Mozabites berbérophones, qui se sentent persécutés à l’instar des habitants de Kabylie, en événements.

Selon le quotidien d’informations El-Watan, dans son édition du 3 janvier, la communauté mozabite a désavoué la délégation, de 24 personnes habitants de Ghardaïa, qui a rencontré le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Ce qu’il faut bien préciser aussi, c’est que les Mozabites pensent que l’intervention des services d’ordre n’est pas impartiale. Elles ciblent certains et épargnent d’autres... A vous d’en juger à partir de ces séquences vidéo !

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