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Clash entre l’Egypte et la Turquie



Les islamistes d’Ankara propagent la théocratie pour durer


dimanche 24 novembre 2013
par Damien Djamel Bouch’Raf


La crise diplomatique entre l’Egypte et la Turquie qui vient d’éclater au grand jour, était déjà en sourdine depuis la chute de Morsi. Peu anodine pour les chancelleries diplomatiques internationales, les deux géants de la région sont conjointement en mauvais termes avec les Etats-Unis, puisque depuis la Maison Blanche une partie non-négligeable des relations internationales se dessinent. Cette rupture définira l’avenir de l’ère nouvelle que le Printemps Arabe a mis sur orbite.

Voir en ligne : Dossier : Egypte et Turquie

Le rôle de la Turquie, dirigée par des islamistes dits « modérés » mais ayant remplis les prisons de leurs adversaires et de journalistes, dans la poussée des organisations sectaires, après le Printemps-Arabe, devient encore perceptible avec ce divorce avec l’Egypte. Elle n’était pas si exposée avec le cas syrien où le pays du Bosphore vivait à la fois les incidents du voisinage mais aussi s’impliquait impunément.

Les ambassadeurs respectifs dans les deux pays ont été bilatéralement expulsés et rappelés lors quasiment de la même journée. Le Caire accuse Ankara de soutenir les « terroristes » tandis que le gouvernement turc dénonce la répression des islamistes par les militaires.

Comme crise diplomatique, elle a une même rhétorique que le contexte des transformations que vivent nombreux pays de cette zone orientale. La poussée du fascisme obscurantiste coïncide avec l’ouverture démocratique et s’investit comme alternative légitimement élue. Et dans un ferment de fortes dégradations sociales, l’islamisme frappe en emportant les votes populaires d’un côté et de l’autre mobilisant les escadrons de l’inquisition.

La mission de la Turquie, parmi les acteurs de la vaste nébuleuse de l’Internationale Islamiste, était déjà perceptible dans la crise syrienne. Du fait de la présence du despote de Damas, les islamistes d’Ankara, avec les monarchies arabes, ont investi moult efforts pour rapatrier tous les Djihadistes moyens orientaux et les préposés de diverses nationalités qui activent pour Al-Qaeda, dans la contestation de la dictature surarmée...

Morsi et Erdogan Pour aussi reprendre le rôle des Etats-Unis dans les affaires mondiales, Barack Obama et Erdogan n’ont plus le moindre contact depuis des mois. L’Egypte est aussi dans le même rapport avec Washington. Depuis le coup de force des militaires et la répression des islamistes qui a fait plus d’un millier de morts et plusieurs milliers d’arrestations, les USA ont gelé partiellement l’aide annuelle à l’Egypte, essentiellement militaire, de 1,5 milliard de dollars qu’ils accordaient à l’Egypte.

Les analystes et experts constatent le scepticisme et le froid qui entourent tous les régimes islamistes actuellement, à l’instar de Cuba ou de la Corée du Nord dont l’autarcie devient comme suicidaire. La Turquie n’échappe pas à la mise sous lumière des comportements douteux que suivent les dirigeants islamistes vis-à-vis du terrorisme qui a des visées internationales.

Comme Fadi Hakura, du think-tank Chatham House, qui a parlé sur CNN le samedi de cette rupture entre la Turquie et l’Egypte, il dit « ... La Turquie a des relations tendues avec Israël, avec ses voisins -Iran, Syrie et Irak - et avec la majorité des Etats arabes de Golfe ainsi qu’avec le Maroc, l’Algérie, l’Egypte et la Jordanie  ».

Concernant l’Egypte, l’Arabie Saoudite en litiges avec les « Frères Musulmans » a déjà compensé les subsides qui parvenaient à l’armée du Caire depuis les caisses des Etats-Unis.

Récemment des liens avec la Russie ont tracé les termes d’un accord militaire. Moscou fournirait des missiles des plus sophistiqués en sa possession, obtiendrait en échange une base navale à Alexandrie.

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